SATELLITES ALLANT PROCEDER A UNE ARRESTATION
darins. Actuellement la mission jouit de cette sorte d'immunité. Le P. Bataille en donne la preuve évidente. Il revenait de Hien-hien naviguant à pleines voiles sur des eaux infestées par les pirates.
i'|.J.JÏP!r"JPi«l«lU!*flJ»l,JiilJl,»lfil»p!,ilfl(Jp|jpjpptr
KN CHINE.
Loin de se cacher, il affectait au contraire de se montrer sous le drapeau blanc sur lequel est écrit en Chinois : « Grand royaume de France, Temple du maître du Ciel. » A un certain moment, il vit revenir à lui une barque qui portait au marché voisin le grain que plusieurs petits fermiers avaient mis en commun pour diminuer les frais du transport. La barque était conduite par un chrétien employé jadis au service de la mission. « Mon Père, dit cet homme, les eaux ne sont pas sûres, plusieurs barques qui nous précédaient ont été prises ; on nous attend et nous subirons le même sort, à moins que le Père, qui n'a rien à craindre, ne nous prête son drapeau. — Je ferai mieux encore, répondit le missionnaire, je monte à votre bord. » Ainsi fut dit, ainsi fut fait, à la grande joie des bateliers, qui traversèrent les parages dangereux sans être molestés. Le Père Bataille se sentait grandi de la protection accordée à ces braves gens qui promettaient, en le quittant, de se faire chrétiens pour appartenir à la reh'gion, si redoutée en Chine, « du grand royaume de France». Assurément, un tel motif est bien infirme mais, outre qu'il peut se fortifier et s'élever, comme déjà nous l'avons vu, en lui-même il n'est pas condamnable, et il est bien naturel, pour des malheureux, de demander à l'Eglise catholique la protection d'une vie que menacent tant de périls.
Souvent aussi les mandarins agiraient contre les voleurs, soit par le sentiment du devoir de leur charge, soit par crainte de la perdre, mais ils sont désarmés devant la multitude des coupables. Que peuvent-ils? Une vaine démonstration; elle aura cependant l'avantage que les mandarins apprécient beaucoup « de sauver la face ». En août 1862, le P. Octave racontait au R. P. Provincial la tragricomédie dont il était la victime. Le 3 août, à la première heure, il partait pour son district, emportant avec lui les provisions d'un semestre. La petite caravane avait dépassé Schien-hien et cheminait tranquillement lorsque une troupe de cavaliers fond sur elle, la culbute, la disperse, s'empare de tout ce qu'elle possède et ne laisse