CALAMITES KT DIFFICULTES
est à l'extérieur, dans l'intervention de l'Europe. Il est évident que ces causes sont plus ou moins puissantes, que leur action ne s'exerce pas toujours avec la même vigueur et dans le même sens. Hostiles aujourd'hui, qui sait si demain elles ne seront pas bienveillantes ; en tout cas, voici sur elles l'appréciation des hommes les mieux informés. Comme toujours, n'ayant aucune compétence pour intervenir dans la question et formuler un avis, je cite le témoignage, je m'incline devant le témoin.
Un chrétien aspire au baccalauréat : rien de plus simple en apparence, mais dans la pratique, rien de plus compliqué. Nous citons les faits comme ils se sont passés dans une préfecture du Tché-ly S, E. \ A un bachelier, la science ne suffit pas. Outre le savoir, on lui demande l'honorabilité ou la dignité de la vie. Sont exclus des examens les barbiers, les comédiens, les tailleurs ou leurs fils. Le candidat cherche un patron ou, comme nous dirions, un parrain qui sera caution pour lui ; le parrain lui-même a besoin d'un autre répondant. Parrains ou répondants ne se trouvent que dans une liste composée des bacheliers les plus méritants. Pas de parrain, ou pas de répondant, pas d'examen non plus. La condition est de rigueur. En 1884, un élève de la mission voulut se présenter ; les bacheliers, très hostiles aux chrétiens, lui refusèrent leur patronage. Notre jeune étudiant se plaignit au mandarin, qui reconnut son droit, mais n'eut pas le crédit de le faire reconnaître par les bacheliers.
A la même époque, un autre chrétien se présentait à l'examen pour le baccalauréat militaire. Aucune des aptitudes ne lui faisait défaut ; il soulevait une grosse pierre, il tirait à l'arc, il montait à cheval comme un centaure. A cause de sa religion, on refuse de le présenter. Le mandarin insista vainement auprès des bacheliers ; ils se coalisèrent et jurèrent de défendre contre tout chrétien