‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 200 sur 284 · CHINE. — LE BARBIER DES RUES · texte numérisé non relu

CHINE. — LE BARBIER DES RUES

Non certes. — Mais je suis chrétien et je ne puis la faire. — Eh bien, nous verrons plus tard. — Et comme le jeune confesseur

de notre religion se retirait, le mandarin le rappela en lui donnant l'adresse d'un notable qui le présenterait. Le notable n'était pas chez lui. Quand il revint fort tard, il demanda de réfléchir sur la proposition qui lui était faite. Lorsque ses réflexions prirent fin, les examens étaient commencés et les portes légalement fermées pour empêcher toute entrée et toute sortie. Et c'était une risée générale dans toute la ville sur les pas du pauvre solliciteur, éconduit de tous côtés, par suite d'une comédie que tout le monde connaissait et jouait à ses dépens. Un recours aux mandarins locaux était parfaitement inutile ; les uns étaient complices des lettrés, les autres ne pouvaient rien contre eux. On résolut de s'adresser au vice-roi, personnage redoutable, obéi sur un seul mot, sur un seul signe, par tout le peuple mandarinal qui tremble devant lui ; mais comment l'aborder ? Notre consul fort bien en cour nous serait utile, indispensable même, mais il était en France, force nous fut d'attendre six mois l'expiration de son congé. A son retour, les circonstances n'étaient point favorables ; le consul, très bien disposé, ne voulait point engager l'affaire officiellement. — Officieusement, disait-il, officieusement, ou nous ne gagnerons rien. Nous profiterons de la première occasion. L'occasion fut le savant dictionnaire francochinois édité avec tant de soins par le P. Couvreur. Le consul, au nom de la Mission, l'offrit au vice-roi qui prit son temps pour l'examiner à loisir et loua beaucoup l'érudition de l'auteur. Le moment favorable était venu, il fut saisi, et le vice-roi entendit du consul un exposé succinct, accompagné d'un mémoire détaillé, qui rappelait le droit des chrétiens sanctionné par les déclarations impériales, l'injustice des bacheliers, et les craintes inspirées par leur insolence. Nous demandions une proclamation officielle des grands mandarins, pour que personne n'osât plus désormais exclure nos chrétiens du concours. Le mémoire fut accepté, non sans un léger mouvement d'humeur. — Ah ! encore une affaire !... soit, je l'arrangerai. Le vice-roi tint parole. Une lettre impérative fut

de notre religion se retirait, le mandarin le rappela en lui donnant l'adresse d'un notable qui le présenterait. Le notable n'était pas chez lui. Quand il revint fort tard, il demanda de réfléchir sur la proposition qui lui était faite. Lorsque ses réflexions prirent fîn, les examens étaient commencés et les portes légalement fermées pour empêcher toute entrée et toute sortie. Et c'était une risée générale dans toute la ville sur les pas du pauvre solliciteur, éconduit de tous côtés, par suite d'une comédie que tout le monde connaissait et jouait à ses dépens. Un recours aux mandarins locaux était parfaitement inutile ; les uns étaient complices des lettrés, les autres ne pouvaient rien contre eux. On résolut de s'adresser au vice-roi, personnage redoutable, obéi sur un seul mot, sur un seul signe, par tout le peuple mandarinal qui tremble devant lui ; mais comment l'aborder ? Notre consul fort bien en cour nous serait utile, indispensable même, mais il était en France, force nous fut d'attendre six mois l'expiration de son congé. A son retour, les circonstances n'étaient point favorables ; le consul, très bien disposé, ne voulait point engager l'affaire officiellement. — Officieusement, disait-il, officieusement, ou nous ne gagnerons rien. Nous profiterons de la première occasion. L'occasion fut le savant dictionnaire francochinois édité avec tant de soins par le P. Couvreur. Le consul, au nom de la Mission, l'offrit au vice-roi qui prit son temps pour l'examiner à loisir et loua beaucoup l'érudition de l'auteur. Le moment favorable était venu, il fut saisi, et le vice-roi entendit du consul un exposé succinct, accompagné d'un mémoire détaillé, qui rappelait le droit des chrétiens sanctionné par les déclarations impériales, l'injustice des bacheliers, et les craintes inspirées par leur insolence. Nous demandions une proclamation officielle des grands mandarins, pour que personne n'osât plus désormais exclure nos chrétiens du concours. Le mémoire fut accepté, non sans un léger mouvement d'humeur. — Ah ! encore une affaire !... soit, je l'arrangerai. Le vice-roi tint parole. Une lettre impérative fut

GHAPITRK VI. — CALAMITÉS ET DIFFICULTÉS

écrite, blâmant les perturbateurs, ordonnant aux mandarins de terminer immédiatement le litige. Ainsi, concluait la lettre, les missionnaires ne viendront plus m'empester les oreilles par leurs réclamations. Le propos n'était pas flatteur, mais l'ordre était rigoureux. Tous les mandarins, le préfet, les sous-préfets répétèrent le commandement et l'affichèrent accompagné de leurs proclamations.

Est-ce que tout était fini.'' Hélas! non, tout recommençait. Notre

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