‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 207 sur 284 · JARDIN CHINOIS · texte numérisé non relu

JARDIN CHINOIS

des terrasses l'illumination des bois, des collines, des rivières et de la mer.

La résidence de l'Empereur est dans un autre palais, ou plutôt, dans un amoncellement de palais. « C'est là qu'on voit tout ce qu'on

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peut imaginer de plus beau en fait de meubles, d'ornements, de peintures (dans le goût chinois), de bois précieux, de vases antiques, de soieries, d'étoffes d'or et d'argent. »

Au milieu de ces richesses amoncelées et entassées, leur malheureux possesseur s'ennuie et, comme S.Augustin, il éprouve que notre cœurse tourmente jusqu'à ce qu'il se repose en Dieu. Mêmedans l'ordre des choses purement humaines, la vie lui manque, la vie commune, la vie de tous et de tous les jours, avec son mouvement, ses surprises, avec ce spectacle que tout le monde donne à tout le monde. Par une sorte de compensation, on en a du moins inventé le simulacre. Une ville a été construite, une véritable ville, avec ses quatre portes aux quatre points cardinaux, ses tours, ses murailles, ses créneaux, ses rues, ses places, ses temples, ses boutiques, ses tribunaux, ses palais et son port. Rien ne lui manque, sinon des habitants. Elle n'en reçoit qu'en certains jours de divertissements extraordinaires; ses citoyens sont alors les hauts dignitaires de l'empire et les courtisans. Des esclaves sont déguisés en soldats, en marchands, en matelots, en cabaretiers ou hôteliers, en hommes de toutes les professions et de toutes les conditions. Les uns ouvrent leurs boutiques, les autres étalent leurs marchandises. Il y a des filous qui friponnent, des querelleurs qui se battent, des archers qui les arrêtent, des juges qui les condamnent, des serviteurs du tribunal qui leur donnent la bastonnade, parfois un peu plus que ne le demanderait un simple jeu, mais l'empereur est content : il a vu, — du moins, il le pense, — la vie de son peuple. Il est vrai que le moindre de ses sujets jouit tous les jours du même spectacle, sans bourse délier !

Après les jours de joie vinrent les jours d'épouvante. Lorsque nos soldats entrèrent dans le palais de l'Empereur, ils lurent les dernières dépêches qui indiquaient, jour par jour, les opérations victorieuses des armées alliées. Elles se terminaient par ces paroles menaçantes : « Il faut faire la paix au plus tôt. Aucun moyen de

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