VASK DE LA RÉSIDENCE DE L'EMPEREUR
EN CHINK.
résister, dix combats, dix défaites. La paix, ou c'est fini ' ! » Depuis, la famille impériale s'est exilée de son paradis terrestre visité par la colère et la justice de Dieu.
Nos lettres reviennent rarement sur l'Empereur et sur sa Cour. Pour l'Empereur, il est trop loin de ses sujets, ses sujets sont trop loin de lui. Penser à le voir, à lui écrire, c'est rêver l'impossible. Parfois on admire la magnificence impériale, en particulier celle des funérailles. Le P. de Rabaudy et le P. Edel décrivent la route funèbre que les mandarins construisent, à leurs frais — ils se disputent cet honneur — et qui conduit le Fils du ciel à son tombeau. Après le passage du cercueil, la route est détruite; elle ne sert que dans cette occasion unique ; elle cesse d'être, comme pour se repentir d'avoir vu la grandeur impériale humiliée et anéantie. Les révolutions obscures de la Cour que les journaux ne commentent pas, échappent à l'attention des provinces. Le gouvernement chinois est surtout connu par les vices-rois, gouverneurs presque indépendants des grandes provinces, et par les mandarins.
Des mandarins, on a dit beaucoup de bien et beaucoup de mal, peut-être avec une égale vérité, soit qu'il s'agisse des personnes, soit qu'il s'agisse de l'institution elle-même. La première condition pour asseoir sur les hommes ou sur les choses un jugement équitable est de laisser nos idées européennes ou françaises, et de nous souvenir que les mots exacts nous manquent absolument pour traduire d'autres mots chinois qui n'ont aucune équivalence chez nous. Parfois on appellera le mandarin gouverneur d'une province : Préfet. Ce nom est exact, mais il est insuffisant; on appellerait tout aussi bien le même personnage : juge, président du tribunal, directeur de l'enregistrement, ingénieur en chef des ponts et chaussées, inspecteur général de police ; toutes les fonctions se réunissent dans ses mains et, comme on voit, l'entente cordiale est très facile entre les