P. Edel. Lettres inédites an P: Damcival
CHAPITRK VII. — LA NATION CHINOISE
donné sur les examens, les examinateurs et les examinés des détails très clairs et très précis.
Travaux préparatoires. On se prépare aux examens comme on veut et où on veut ; jusqu'à présent aucune restriction n'a été mise à la liberté d'enseignement. Le gouvernement n'exerce son contrôle — mais alors il est tout-puissant — que dans les concours. Généralement l'instruction se fait dans la famille. Les riches ont des précepteurs ; assez souvent, les écoliers de la classe moyenne se cotisent pour avoir un ou plusieurs maîtres. Les moins fortunés peuvent envoyer leurs enfants dans les écoles publiques. Cependant les mandarins locaux ne se désintéressent pas des études. Tous les quinze jours, les jeunes gens sont examinés par eux et ils donnent des récompenses à ceux qui se sont distingués dans leurs réponses. Les villes un peu importantes ont des édifices publics destinés à cet usage. Sur la fin des premières études, les candidats aux grades subissent un premier examen d'encouragement. Ce premier examen ne confère aucun grade ; c'est une permission de se présenter au baccalauréat.
Examens divers. On compte cinq examens. Les premiers sont les examens de baccalauréat, appelés aussi : Petits examens. Les bacheliers, grandement considérés de tous ceux qui ne le sont pas, n'occupent toutefois que l'échelon inférieur.
Les seconds examens — avec lesquels commencent les grands examens — sont ceux de la licence ; les troisièmes, ceux du doctorat ; les quatrièmes, ceux de Uacadémie. A l'académie, ne se présentent que quelques rares docteurs choisis sur des milliers et même des millions. L'empereur a seul le droit de les interroger et se les réserve pour les employer aux grandes affaires de l'Empire. Et les cinquièmes examens ? — Seuls les bacheliers les subissent après trois ans de grade. Tandis que licenciés, docteurs et académiciens sont
Tigmfvnspp'
inamovibles dans leur dignité, les bacheliers n'ont qu'un titre précaire, et un nouvel examen doit en quelque sorte le régénérer tous les trois ans.
Temps des examens. En règle, Xç.'s, petits examens Q)WX.X\ç.w trois fois en deux ans ; \ç.?, grands examens, une fois seulement dans le même laps de temps. Par grande faveur, en des circonstances solennelles, l'empereur accorde une exception ; il ouvre une session extraordinaire. L'exception est d'autant plus rare que la dépense est plus élevée.
Lieu des exa7nens. Aucun lieu n'est désigné pour les épreuves préparatoires ; les bacheliers subissent leurs examens dans les villes de second ordre : les licenciés se rendent à la capitale de la province. Pékin seul confère le doctorat et reçoit dans l'académie.
Exatninateurs . Les mandarins locaux suffisent à l'examen d'émulation. Des docteurs venus de Pékin examinent bacheliers et licenciés ; ils sont aidés d'assesseurs qui élaguent les compositions imparfaites et allègent une besogne qui, sans leur secours, serait écrasante. Les docteurs paraissent devant le Haut-Conseil, ou conseil des Ministres. Comme on l'a vu, l'empereur seul décide de l'entrée dans l'académie.
Mode d'examen.'YoxiX se faitparécrit. On donne aux bacheliers deux compositions : l'une en prose, l'autre en vers. Les candidats travaillent sous les yeux des inspecteurs et ne peuvent sortir. Les aspirants à la licence et les aspirants au doctorat ont treize compositions : dix en prose, trois en vers. Ils travaillent pendant neuf jours enfermés dans de petites cellules où ils ont la table et le lit. Les sujets de compositions proposés aux uns et aux autres sont tirés des même livres.