Lettres édifiantes
2. Le Père Gaillard, dans un article publié quelques semaines après sa mort (juin 1900), signale avec plus de détails cette habileté des artisans chinois. Le goût affiné et l'érudition artistique du religieux voyageur donne à ses observations une grande autorité; nous sommes heureux d'y trouver un appui.
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EN CHINK.
Dans les plus humbles campagnes du Tché-ly S.-E., les plus simples ouvriers sont naturellement industrieux. Un frère coadjuteur, excellent ouvrier lui-même, constructeur, architecte, le F. Guillon, les a vus à l'œuvre et il admire franchement leur savoir faire. Sa lettre datée du 8 octobre 1864 est contemporaine de quelques découvertes qui rendaient alors leurs inventeurs assez célèbres en Europe. Depuis plus de mille ans, disait-il, nos Chinois se servent de, la charrue semeuse. Le grain que le laboureur veut semer se répand, sous le choc du semoir, avec une parfaite régularité, en telle quantité, à profondeur que veut le laboureur ; une simple ficelle qu'il tient de la main gauche lui suffit pour régler son travail tandis que la main droite s'appuie sur la charrue. L'instrument lui-même est très simple; la preuve en est que chaque cultivateur a construit sa machine avec une scie et un couteau. On faisait un certain bruit alors de la couveuse artificielle; mais il y a de beaux jours, et peut-être de longs siècles que les ménagères chinoises étendent leurs œufs sur des claies disposées dans le voisinage de la marmite au riz ou au millet. On n'a plus à craindre le caprice des mères-poules fatiguées de leur couvée, ou leurs imprudences. Presque tous les œufs éclosent dans les meilleures conditions. Chaque lessiveuse sait faire son savon, en formant avec delà viande hachée et du sel une pâte que le soleil dessèche. Peut-être que quelques savons parisiens fleurent mieux, mais combien de blanchisseurs parisiens,en pareille occurrence, ne seraient pas aussi habiles savonniers!. « Dernièrement, continue le F. Guillon, j'avais appelé un petit forgeron de campagne pour travailler quelques morceaux de fer de construction. C'est un ouvrier ambulant dans le genre de nos étameurs qui portent leur forge et leur matériel sur les épaules. Mon travail terminé, comme je le congédiais, il me dit : Monsieur n'aurait pas besoin de fusils ? — En as-tu à vendre ? — Non mais si ces messieurs en désirent je saurais bien en faire.» — J'ai vu, en effet, quelques-uns de ces fusils fabriqués par des goujats de cam-