‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 222 sur 284 · L AMIRAL COURBET · texte numérisé non relu

L AMIRAL COURBET

chercher chez les lettrés. « Parmi les causes dissolvantes des intelligences et des caractères dans la nation chinoise, il n'est que juste d'inscrire en première ligne son système d'instruction nationale et d'examens publics. On l'a décrit souvent, mais on n'a pas encore pleinement réussi à en faire toucher le côté futile, artificiel, vain et

KN CHINE.

pernicieux pour le développement intellectuel et moral d'un peuple doué merveilleusement par ailleurs. » Suivons un si bon guide dans les articles intitulés « Propos de Chine » que les Études ont publiés en avril, mai, juin et juillet 1895. P^'' ^^^ nous achèverons le présent chapitre où il nous restait à parler, à propos de la nation chinoise, de son armée et de sa marine :

Hélas ! il n'y a pas d'armée, ... il n'y a plus de marine !

A une armée, il faut une tête, des officiers, des soldats, un matériel, de l'argent ; tout y était!... et par une dérision de la fortune, ou plutôt un sévère avertissement de la Providence, tout a manqué, la tête plus que le reste. Jamais, au cours de cette malheureuse campagne, le gouvernement du pays n'a vu ce qu'il fallait faire ou n'a voulu le faire ; il n'a organisé ni la défense du sol, ni l'armement des places, ni la protection des rives de la mer ; hésitant entre la guerre et la paix, incapable de choisir ou la guerre ou la paix, il s'est contenté de décapiter les généraux malheureux, tandis que par une aberration criminelle on récompensait les généraux prévaricateurs.

Pas d officiers. Cependant instruit par les leçons que notre grand Courbet infligeait à son orgueil, l'Empire du milieu avait envoyé quelques jeunes gens étudier dans les écoles militaires de l'Europe et de l'Amérique. A leur retour, ils furent tenus en suspicion, placés sous les ordres de mandarins ignorants de la guerre, mais lettrés ! .. Toujours la même et funeste erreur! — Dans la personne de ces jeunes militaires, la Chine humiliait le savoir des. peuples étrangers, des Barbares. Pour commander les troupes, des grammairiens, des pédants capables d'être généraux par la même raison qu'ils sont capables d'être hommes d'État, juges, financiers, diplomates, amiraux, architectes, gouverneurs de province. Comme officiers instructeurs, voici deux types : L'officier mécontent, l'officier content. L'officier mécontent criait devant les quatre cents hommes qu'il faisait manœuvrer: Pourquoi nous donner des fusils; ils nous

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