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CHAPITRE VII. — LA NATION CHINOISE

gênent. Ce qui nous convient, c'est l'arc et la lance, l'exercice au sabre, la boxe et la savate !

L'officier content ne disait rien : semi-bourgeois, semi-professionnel, métis d'Européen et de Chinois, il suivait languissamment l'exercice, assis sur un pliant, protégé par un parasol, fumant sa pipe d'eau...

trouvant le métier facile et d'un joli revenu.

Pas de matériel. Et cependant les arsenaux étaient superbement installés, l'artillerie avait des canons Krupp, l'infanterie des fusils perfectionnés, l'outillage était excellent, les écoles de torpilles fonctionnaient sur la côte ; on construisait des forts, des batteries blindées et rasantes, mais le jour de la bataille, l'instrument éclate entre les

mains d'une armée ma- ' fusilier chinois.

ladroite. Les fusils restaient dans les arsenaux, et les soldats défilaient avec des armes de bambous ! — ou bien ces pauvres armes

Kn Chine.

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étaient rouillées. « On a vu assez fréquemment des réguliers verser du thé dans le canon de leur carabine et le boire par la lumière en soulevant le chien. » Les servants de pièces n'en connaissaient pas le tir, et comme les chevaux manquaient pour les atteler au train d'artillerie, les rangs étaient encombrés de coolies armés de tridents, de fourches, de bâtons, de lances ou d'épieux.

Pas de soldats. Sans, être par tempérament une nation guerrière, la Chine possède nombre des vertus qui font une armée solide ; elle compte dans ses provinces des populations dociles, endurantes, qu'il serait aisé d'instruire, qui sont capables d'une héroïque et patiente bravoure. Elle en a donné des preuves encore toutes récentes dans les formidables insurrections qu'elle eut à réprimer. Les succès et les revers de ces bandes témoignaient également en faveur des qualités martiales de l'Empire, puisque vainqueurs et vaincus étaient ses sujets. Gordon, le Chinois Gordon, ainsi que l'appelaient les feuilles anglaises, après avoir conduit les armées impériales dans une campagne heureuse et rapide contre les rebelles, donnait d'excellents conseils à ses amis. Il leur disait en 1879 ' : Établissez un recrutement régulier ; formez par lui, de l'élite du pays, une armée de 300,000 hommes pourvus de bons fusils à tir rapide, de pièces légères et à longue portée. Exercez vos régiments, groupez-les en corps solides sur les points les plus menacés des frontières orientales. Si la guerre éclate, faites-la à votre manière, multipliez les surprises et les embuscades ; l'ennemi n'ira pas loin ! — -

Ces judicieux conseils ne furent pas suivis : on eut des troupeaux d'hommes, mais pas de troupes. Li-hung-tchang, vice-roi du Tché-ly, l'ardent promoteur des réformes nécessaires, fut disgracié ; les régiments qu'il commençait à former, affaiblis par le mauvais vouloir des mandarins, critiqués par les lettrés, se découragèrent

et se

fond

irent.

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