CHAPITRK VIII. — MŒURS ET COUTUMES
la douleur de tous son attitude et son expression. — « Il passe auprès du cercueil toute la journée et toute la nuit qui précèdent l'enterrement sans prendre ni repos, ni nourriture, uniquement occupé à pleurer, à sangloter et à faire la prostration aux invités qui viennent pleurer et sangloter devant les cercueils. C'est une rudejournée '. Ici elle eut du moins ses consolations ; la croix dominait toutes les décorations, un prêtre catholique présidait les cérémonies et les païens en admiraient l'austère beauté.
La dépense des funérailles est toujours énorme; capable de faire tomber toute une famille de l'aisance dans la pauvreté. Aussi l'usage s'est-il répandu de réunir plusieurs défunts dans la même cérémonie. Les parents attendent chacun dans son cercueil et le cercueil dans le salon ; ou bien il est légèrement inhumé sous un faible abri. La famille réunit lentement ses épargnes pour préparer l'enterrement solennel. Peut-être aussi le fleuve débordé servirat-il de fossoyeur ; enlevant les cercueils à leur demeure provisoire, il les emportera bien loin au bruit de ses flots furieux pour les ensevelir dans les sables de l'Océan. Ce sera une grande douleur, mais aussi une grande économie et ceci console un peu décela.
Cependant si le cercueil descend enfin dans la terre ancestrale, il y reçoit jusqu'à la fin des âges une hospitalité inviolable. Nul n'a le droit de toucher au tertre sous lequel les aïeux dorment leur dernier sommeil
Malheureusement sous l'influence du démon homicide, des désespérés avancent le terme fatal, et la contagion du suicide sévit sur plusieurs provinces — Un évêque remarquait à ce propos devant Monsieur le Comte de Nicolaï la singulière puissance du Méchant. — Il suffit parfois à une femme en colère par suiie d'une dispute de famille d'affirmer son intention d'en finir avec la vie. Comme sigfne de sa volonté, elle se passe au cou un léger cordon, sans d'ailleurs le serrer, mais à l'instant même, elle meurt comme étranglée par