‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 247 sur 284 · I. Lettres de Jersey, P. Mangin, avril · texte numérisé non relu

I. Lettres de Jersey, P. Mangin, avril

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l'invisible ennemi. — Le démon n'a pas le même pouvoir sur les âmes chrétiennes ; d'abord elles sont mieux défendues parla grâce du baptême contre le désespoir et le crime, ensuite il faut autre chose que les premiers signes du consentement pour les livrer à la mort temporelle et à la mort éternelle.

Les Missions catholiques publiaient sous la signature du R. P. Cothoany, missionnaire au Fokien, des notes instructives sur la multitude des suicides, sur leurs causes et, pourrait-on dire, sur leurs cérémonies.

Le suicide est un des fléaux de la Chine. On ne trouve pas un village un peu important qui n'en doive enregistrer un ou deux dans le courant d'une année. Dans les villes c'est encore plus fréquent.

Les causes en sont multiples. Elles tiennent au caractère, aux mœurs et superstitions des Chinois. D'abord le suicide paraît plus fréquent chez les femmes que chez les hommes. C'est une suite de l'état inférieur où la femme se trouve. Les familles ne se fractionnent pas si aisément que chez nous. Les fils en se mariant continuent à vivre sous le toit de leurs parents, et il n'est pas rare de rencontrer quinze ou vingt femmes dans une famille. Les brus sont soumises à l'autorité de leur belle-mère. Il y a entre belles-sœurs une hiérarchie résultant de l'âge.

La femme de l'aîné a le pas sur celle du cadet, laquelle a le droit de commander à celle des frères plus jeunes ; de là des sources permanentes de contestation, des tiraillements pour tout et pour rien, des vexations fréquentes sur des questions de préséance. On en arrive facilement aux gros mots, aux insultes, aux gifles, puis au tsi^ c'est-à-dire à une fureur extrême et, à la suite d'une de ces « ventrées de colère », suivant l'expression chinoise, la femme aveuglée, affolée par sa rage, se livre sur elle-même à un acte de violence.

Le suicide des jeunes filles dont le fiancé meurt avant le mariage ou celui des veuves, non seulement n'est pas blâmé, mais plutôt encouragé par ce peuple dégradé.

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