‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 250 sur 284 · LE P. AMIOT · texte numérisé non relu

LE P. AMIOT

de ces ambitions apostoliques en prenant possession des terres nouvellement découvertes au nom de la croix et au nom de la couronne catholique, feudataire de la Croix. C'est bien en vertu des

EN CHINK.

droits souverains du Sauveur Jésus, Seigneur universel, que les Papes, le front ceint du triple bandeau de la triple royauté, partageaient entre les princes catholiques les Indes de l'Orient et de rOccident,sous la réserve que les conquêtes de leurs armes seraient aussi celles de l'Évangile, et qu'une époque de liberté et de bonheur succéderait pour ces peuples nouveaux à de longues époques de douleur et de servitude. Ces hautes et nobles leçons ne furent jamais plus opportunes. Aujourd'hui la race de Japhet, avec les fils issus de son sang, enserre le monde entier dans ses bras vigoureux. Ainsi se prépare et s'accomplit le grand événement que de Maistre saluait, parfois en détournant la tête parce qu'il avait peur du vertige, parfois en le fixant d'un regard prophétique: « Il ne s'agit de

rien moins que d'une fusion du genre humain l'univers marche

vers une grande unité '. »

Et quand il parlait ainsi, le grand philosophe n'avait vu ni l'Afrique explorée dans ses dernières profondeurs et percée à Suez, ni l'Amérique traversée en quelques heures de New- York à San-Francisco, ni l'Océanie découverte jusqu'à la plus lointaine de ses îles, ni enfin l'Angleterre, l'Allemagne, les Etats-Unis, la Russie, l'Autriche, l'Italie et la France aux portes delà Chine, et le vieil empire à la veille, peut-être, d'un démembrement. La pire décision pour le Fils du Ciel serait de n'en prendre aucune et de laisser les événements marcher ou se précipiter sur une pente fatale. Parmi les nations qui se promettent, et peut-être se divisent, les dépouilles du céleste Empire, il en est une dont les pensées sont meilleures et plus généreuses. Par une grâce signalée de Dieu et une sorte de miracle où la Providence intervient presque visiblement, la France, en Chine, n'a jamais séparé sa cause de la cause catholique. Elle n'a qu'à se continuer elle-même pour demander à la grande nation de l'Extrême-Orient d'être envers elle une nation alliée et une nation chrétienne. C'est l'honneur de la France de

De Maislre, t. XI, p. 33.

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