CHAPITRE IX
FRANCE ET CHINE
Versailles, mais avec un air si noble et une si parfaite bonne grâce qu'il donna, par toute cette action « au vice-roi et à tous les mandarins présents de l'estime pour sa personne et pour son pays». Après quelques jours, l'Empereur descendit à la rencontre des missionnaires ; il loua grandement la munificence du roi et la beauté des présents qu'il en avait reçus. « Mais ce qui le frappa davantage ce furent les portraits de la maison royale et surtout celui du Roi dont ce prince ne pouvait détacher les yeux \ »
Les dernières lignes donnent lieu de penser que les lettres de nos missionnaires, adressées souvent au Père de la Chaise, n'étaient pas inconnues de Louis XIV. Le grand Roi s'intéressait aux progrès de l'Evangile, et le P. de Fontaney raconte curieusement de quelle manière sa vocation à la Chine fut décidée sur les instances du sage ministre de Sa Majesté très Chrétienne, feu M. de Colbert.
Depuis, bien des événements se succédèrent : la persécution en Chine, la Révolution en France ! La Compagnie de Jésus retira ses derniers missionnaires, et un long silence se fit. Cependant lorsque les Jésuites revinrent, en 1842, dans une partie de leurs anciennes missions, ils s'étonnèrent de retrouver bien des choses dans l'état où leurs prédécesseurs les avaient laissées. Aux yeux des peuples de la Chine, le prestige de la France n'était pas diminué. Le P. Clavelin écrivait le i^i" janvier 1845 : « Puisse le nouvel ambassadeur bien connaître l'immense ascendant que lui donne le nom Français ! » Le P. Wuillaume disait également le 25 mars 1855: « Les mandarins sont convaincus de la générosité de notre patrie, cette conviction rejaillit par ses effets sur la religion catholique dont •nous sommes les représentants. Depuis les croisades, la nation française semble destinée par Dieu à développer son action protectrice des Echelles du Levant jusqu'aux rivages de la Corée. »
Les diplomates de notre pays, ses ambassadeurs ou ministres