‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 253 sur 284 · I. Lettre du P. Bouvet au P. de la Chaise · texte numérisé non relu

I. Lettre du P. Bouvet au P. de la Chaise

KN CHINE.

plénipotentiaires, ses consuls dans les ports ouverts au commerce européen n'ont point méconnu le caractère de leur mission. Pour la plupart, hommes d'intelligence et de cœur, ardents par leurs désirs et sages par leurs mesures, ils ont compris que les serviteurs de la France devaient être en même temps les serviteurs de l'Église ; et, leur but persévérant, souvent contrarié, mais toujours poursuivi, a été de demander et de redemander, d'obtenir et de maintenir la liberté de l'Évangile. Ils en furent récompensés par la reconnaissance des chrétiens. Lorsque le vainqueur de Pali-kao entra dans Pékin, son cheval fut entouré et arrêté par une foule sympathique. Ces braves gens, en faisant le signe de la Croix, enjoignant les mains, disaient au général qu'à leurs yeux, il était un libérateur et un ami. L'histoire recommence sans cesse. En août igoo les mêmes scènes ont lieu à Pékin et les Chrétiens saluent les alliés qui leur apportent la délivrance. Chez nous de telles démonstrations blesseraient la fierté nationale ; mais les Célestes ne se forment pas la même idée du patriotisme. Les mandarins allaient plus loin que nos Chrétiens en implorant le secours des armées françaises pour rétablir la paix publique et réprimer l'insolence des rebelles. Comment le peuple, accablé de toutes parts, aurait-il gardé l'ombre même d'un attachement à un pouvoir capable de le persécuter et de l'opprimer, mais incapable de le défendre .'*... On entendait des paroles comme celles-ci qui étonnaient d'abord, et qui se comprenaient à la réflexion : « Vous faites la guerre à l'Empereur, mais vous ne nous faites pas la guerre. »

L'histoire des missions catholiques en Chine s'arrêterait volontiers pour louer, comme ils l'ont si bien mérité, les hommes qui portèrent à l'Extrême-Orient la parole et les conseils de la France, et quelquefois, ses volontés souveraines. Elle ne le fait pas néanmoins dans la crainte de trop dire ou de ne pas dire assez. Certaines lettres qui honorent ceux qui les écrivent et ceux qui les reçoivent ne sont pas destinées au grand public ; nos archives familiales

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