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CHAPITRE IX

FRANCE ET CHINE

conserveront donc les témoignages que les missionnaires ont reçus de ces grands serviteurs du pays. Qui sait d'ailleurs si la bienveillance efficace qu'ils ont accordée à l'œuvre de l'apostolat ne serait pas, dans l'esprit de plusieurs, une ombre sur la mémoire de ceux qui ne sont plus, ou un obstacle à la carrière de ceux qui, à un degré

GÉNÉRAL COUSIN DE MONTAUiiAN, Comte de Pali-lcao.

quelconque, représentent encore la France ?... Il est tant d'esprits volontairement ou involontairement aveugles ! Combien de Français, pour mieux connaître la France, feraient bien de la quitter afin de la mieux voir et de la mieux juger dans l'éloignement. Quelques-uns se trouveraient en même temps sur le chemin de la

Chine et sur le chemin de Damas. Tel fut M. X... qui tout de suite se montra réfractaire à son malheureux passé et déclara laisser à la mère-patrie le souvenir de ses exploits comme crocheteur des communautés religieuses. Un Évêque, religieux de la Compagnie, visitant au nom de la Propagande le ministre plénipotentiaire de la République française, lui présentait le Supérieur régulier des Jésuites et il ajoutait : D'ailleurs nous sommes deux frères. « Non pas deux frères, reprit M. X..., avec cette bonhomie un peu malicieuse et sceptique qui est le cachet de sa parole, mais trois frères... J'ai été un mauvais frère jusqu'à ce jour, tandis qu'à l'avenir je serai un bon frère ; autant j'ai mis de violence à vous persécuter là-bas, autant je veux mettre d'énergie à vous protéger ici. Vous êtes missionnaires et français, je vous défendrai de tout mon pouvoir. » Certes il y a inconséquence, elle frappe les Chinois, elle excite leurs justes défiances. — D'où vient, se demandent-ils, — déjà nous l'avons vu, — que le même gouvernement est, tout ensemble, protecteur et persécuteur de la religion catholique ; protecteur chez nous, persécuteur chez lui.? Cette singulière opposition attriste les missionnaires. En 1846, elle donna lieu à un incident significatif entre M. de Lagrenée, ambassadeur de la France, et le R. P. Gotteland, supérieur de la Mission. Le ministre, homme de bien, et le Jésuite s'occupaient ensemble des intérêts religieux qui ne font qu'un — nous ne cessons de le dire — avec les intérêts français. Survmt le courrier d'Europe, apportant des nouvelles navrantes pour la Compagnie dont le gouvernement de Louis-Philippe, inspiré par M. Thiers, poursuivait la dispersion.

Le R. P. Gotteland refusa de prendre part à la réception de l'ambassadeur. Prié de venir, il excusa son retard et surtout il l'expliqua par ces nobles paroles : « Je ne suis pas venu d'abord, M. l'ambassadeur, parce qu'aujourd'hui il me sied mieux de pleurer que de me réjouir, je viens d'apprendre l'exil dé ma Mère... La Compagnie de Jésus est encore une fois chassée de la France

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