‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 271 sur 284 · Idem · texte numérisé non relu

Idem

KN CHINE.

de l'Europe si je ne croyais mon pinceau utile pour le bien de la religion et pour rendre l'Empereur favorable aux missionnaires qui la prêchent et si je ne voyais le paradis au bout de mes peines '. »

L'insuccès, un insuccès relatif, ne condamne personne, sans cela les criminels seraient aussi nombreux que les malheureux. Il est permis à tout le monde d'échouer pourvu qu'on prenne le bon moyen de réussir. Les revers de la Compagnie ne prouvent rien contre les méthodes employées parles anciens Jésuites : l'Europe n'était point, comme aujourd'hui, aux portes du Céleste empire et nos missionnaires eurent raison de chercher d'abord à convertir l'Empereur : ils visaient à la tête sachant que le corps du colosse suivrait la direction du chef. Saint François-Xavier agissait ainsi, comme le prouve le récit de toutes ses entreprises. Et d'ailleurs qu'auraient donc obtenu nos missionnaires sans l'assentiment de l'Empereur dans son empire alors si hermétiquement fermé ?

Aujourd'hui les conditions ont bien changé ; le pays est plus ouvert, la Cour l'est moins. L'Empereur et son conseil n'ont plus de rapports avec les missionnaires, mais l'Europe et la France peuvent leur accorder mieux qu'une bienveillance intermittente.

M. l'abbé Louvet ' craint un péril pour les missions dans l'ingérence d'un gouvernement européen : d'après cet écrivain, d'ailleurs très compétent, par suite du protectorat, nos missionnaires seraient diminués aux yeux des Chinois, et peut-être atteints dans leur œuvre. On craindrait en eux les agents de l'étranger. Celte crainte n'est point chimérique et nous avons vu nos missionnaires n'user qu'avec une extrême circonspection du recours à nos chargés d'affaires. Cependant si cette ressource leur manquait absolument, par quel moyen naturel mais indispensable les missions résisteraientelles à la persécution ? Certes, le protectorat présente des inconvénients, aussi la question est celle-ci que pose le P. Gaillard : « Le

Page 1