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ENCORE UNE EXTRÊME- ONCTION A HIEN-HIEN

Pour mettre les chrétiens en Paradis, le P. Mann ne reculait devant aucune difficulté. Quelque temps après cette cérémonie de la prison, durant la nuit on appelle le curé de la paroisse pour administrer un malade dans cette même ville de Hien-hien. Le P. Mann part aussitôt. Arrivé aux murs d'enceinte, il trouve les portes fermées : que faire ? Il frappe, appelle les gardes de nuit ; personne ne répond. Attendre le jour, c'était peut-être laisser mourir un chrétien sans sacrements. Le missionnaire se décide à profiter de l'ornière creusée sous la porte par les pluies et les chars, et, grâce à sa maigreur, il parvient en rampant à passer par le trou. C'était s'exposer à une mauvaise affaire ; heureusement les bons anges veillaient. Plus tard le P. Mann raconta simplement son histoire au mandarin qui, bien loin de se fâcher, donna l'ordre aux veilleurs d'ouvrir les portes au Père à n'importe quelle heure de la nuit.

FORMATION PROVIDENTIELLE d'uNE NOUVELLE CHRÉTIENTÉ.

Le zèle du P. Mann fut récompensé souvent d'une manière providentielle. Un jour le portier de Tchang-kia-tchouang appelle le P. Mann : un homme et une femme sont à la porte, ils veulent se faire chrétiens et être -instruits de la religion. « Comment vous appelez-vous ? d'où venez-vous ? » leur demande-t-il. Soit peur, soit défaut d'intelligence, ces païens ne répondent pas à celte question si élémentaire; bref le missionnaire leur dit de réfléchir quelques instants et de le faire appeler quand ils pourront lui répondre. Une demi-heure plus tard, quand le P. Mann revint.

ÉPILOGUK.

nos deux voyageurs avaient disparu. Plusieurs jours se passent, point de nouvelles. Conjecturant d'après leur accent qu'ils devaient être de tel village païen- qui ne comptait pas encore de chrétiens, le Père y envoie un catéchiste à la recherche de nos égarés. L'aubergiste du village interrogé répond qu'il ne connaît personne qui réponde au signalement indiqué, d'ailleurs que personne, à sa connaissance, n'a été à la résidence. Puis se ravisant il ajouta : « Je connais pourtant quelqu'un qui depuis longtemps désire être instruit de la religion chrétienne, mais n'en a point trouvé les moyens. Son frère et d'autres membres de sa parenté ont les mêmes désirs. Cet homme, c'est moi. :s> En effet, l'aubergiste et sa famille se font inscrire comme catéchumènes. Le zèle persévérant du P.Mann était récompensé : à la place de ces deux visiteurs qui ne se sont plus jamais montrés. Dieu lui donnait à fonder dans ce village une nouvelle chrétienté.

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