AVIS AU LECTEUR BIENVEILLANT
Eux-mêmes parleraient de leur mission, ils en parleraient seuls... Cette méthode a certainement ses avantages, et on les reconnaît aisément ; mais les inconvénients nous paraissent plus graves. A cette correspondance, tracée par bien des mains, suivant le hasard des événements, il manque fatalement l'unité, la cohésion, l'ordre, la lumière. Tout le monde apporte les éléments d'une histoire, tout au moins d'une étude, personne n'a songé à l'écrire. • — Dès lors le plan de ce travail se dessinait lui-même et s'imposait. Ces documents seraient réunis, coordonnés ; ils s'expliqueraient et se compléteraient les uns par les autres. Chacun prendrait sa place, comme les pierres dans un édifice ; mais le maçon ici n'en peut tirer aucune vanité ; il n'ignore pas que la beauté de l'œuvre et son agrément proviennent des excellents matériaux qui lui furent offerts.
Des notes nombreuses indiquent à chaque récit, à chaque observation un peu importante les références de l'auteur. Ces noms, écrits au bas des pages, avertissent le lecteur que telle histoire est racontée par tel missionnaire, que telle remarque est faite par un autre. Généralement, nous résumons, nous abrégeons... Il le faut bien pour tracer un tableau d'ensemble ; mais si l'on désire se reporter à la source, on se convaincra tout de suite que ces résumés sont d'une probité rigoureuse. Ils ne disent pas habituellement tout ce que le missionnaire a dit ; ils ne disent jamais ce que le missionnaire n'a pas dit. Ils savent être, et ne veulent être que des échos.
On reconnaîtra leur fidélité à ce signe entre plusieurs : ils ne sont inspirés par aucun esprit de dénigrement ou de moquerie, ils sont au contraire inspirés par un esprit d'amour, par un sentiment de respect. Parler autrement, ce serait contrister le cœur de nos missionnaires et donner à leurs paroles un son qu'elles ne rendent pas. Leur bonheur c'est de signaler les vertus, les qualités natu-