‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 43 sur 284 · I. ]'. Paul dii Cray, Com-sp. de Jersey, 22 juin · texte numérisé non relu

I. ]'. Paul dii Cray, Com-sp. de Jersey, 22 juin

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La Vie du Missionnaire.

Un consul de France à la Résidence. — Réception. — Heures intimes. — Missionnaires et diplomates. — Tchang-kia-tchouang. — Monastère et forteresse. Battage du terrain. — Kn barque vers la Résidence. — Sparte n'est plus à Sparte. — Transformation en citoyen de l'Kmpire Céleste. — DiflîcuUés de la langue. • — Admirable réflexion du Père Kstève, — Dialogue curieux entre le Fils de l'Empereur et le Père Parennin. — Dissemblance des goûts et des usages. — Chinois et Parisien. — Politesse chinoise. — On part... on n'est pas parti ! — Accueil au missionnaire. — Confessions à deux degrés. — Pillage des heures du missionnaire. — La paternité des âmes. — Un vol I — L'Église perd sa face ! — Phébus et Borée. — Pourboire à un honnête voleur. — Aman et Mardochée ou un procès chinois, — Cent coups de rotin. — Triomphe de saint Joseph ! — Comédies superstitieuses. — Ligue offensive et défensive contre les chrétiens. — Visites mandarinales. — Rêve et ministère spécial du Père de Rabaudy. — L'âne de Bethléem. — Réceptions diverses des sous-préfets. — Un flls de Saint-Vincent de Paul. — Conversation avec un préfet intelligent. — Sages paroles du vice-roi. — Consolations du missionnaire. — Le Père Octave. — Relique. — Conseils du Père Ricci. — Amitié et religieuse union.

E second dimanche d'octobre, le grand portail de la résidence, décoré des couleurs françaises j- qui claquaient joyeusement au vent, s'est ou- \. vert. Nos catéchistes sont rangés en habits de I fête sous le grand chapeau de cérémonie ; la ^^^ musique massée dans la cour, attend un signe de son chef. Le R. Père Supérieur, debout sur le balcon, dans la dignité du costume mandarinal, est tel que doit être, d'après les inexorables lois de la politesse chinoise, le maître d'une maison qu'un hôte illustre vient honorer de sa présence. Au dehors, les rues sont couvertes par un peuple nombreux, poli, bienveillant, joyeux, attiré des bourgades voisines par l'espoir d'un grand spectacle. Soudain le canon tire les neuf coups réglementaires, les pétards font rage dans la cour intérieure, la musique éclate en

fanfare et, précédés de cavaliers aux brillantes couleurs, trois chars s'arrêtent en face de l'entrée principale. Du plus orné de ces chars, descend un homme de haute mine, très simple cependant et très distingué de manières, c'est le consul de France à Tien-tsin, Monsieur le C"" du Chaylard. Pendant qu'il s'avance, les Chinois se prosternent ; lui, les salue suivant l'usage du pays, en portant plusieurs fois au front les deux mains jointes ; mais arrivé auprès du R. P. Supérieur, il les ouvre avec effusion, et, en quelques mots vibrant d'émotion, il dit le but de sa visite. Représentant de la France, il est venu féliciter ses missionnaires, admirer la grandeur et la sagesse de leur œuvre ; ancien élève de nos collèges, il a voulu retrouver les Pères, en particulier le P. Becker, pour lequel il a gardé la vénération d'un fils.

De telles paroles ont gagné les coeurs. Répétées et traduites à nos chrétiens, redites par eux aux païens, elles excitent la joie et l'admiration de tous. Nos écoliers sont ravis. Oh ! disent-ils, comme il est bon le mandarin de France ; sont-ils ainsi chez vous, tous vos mandarins ? On devine ce que fut cette réception et la douceur des heures, tantôt religieuses, tantôt solennelles, tantôt intimes.

Agenouillé sur un prie-Dieu d'honneur, le consul, par son immobilité et son recueillement, édifiait nos chrétiens. Il est bon pour ces pauvres gens de voir prier un grand de la terre, un Tao-tai d'Europe. Les réceptions se succèdent. Chaque groupe, chaque délégation avait son orateur et son présent. Les envoyés de dix-huit chrétientés offrirent, qui les pâtisseries du pays, qui du poisson frais, qui des poires. Ces bonnes gens, remerciés et félicités, furent retenus à un grand dîner qui mit le comble à leur allégresse. Le gouverneur, celui que nous appelons ordinairement sous-préfet sans que le mot exprime bien exactement la fonction — voulut avoir notre consul chez lui. Ce fut un grand gala, une grande chère tout à fait à la chinoise ; ailerons de requins, boa, pousses de bambou, graines de nénuphar,... sans compter les plats de résistance.

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