‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 45 sur 284 · CHAPITRK II. — LA VIK DU MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRK II. — LA VIK DU MISSIONNAIRE

la ville et de l'université. Ici la réalité et les apparences ne se contredisent pas. Tchang-kia-tchouang est un peu tout cela. L evêque y a sa cathédrale ; le vicariat apostolique, son séminaire ; la mission, ses écoles ou collèges ; la Compagnie, sa maison de famille où, chaque année, elle rassemble ses religieux. Des nécessités permanentes ou passagères ont obligé les constructeurs à élever le sol pour le protéger contre les inondations. L'art de la guerre est encore en son enfance ; mais ces moyens rudimentaires et qui ne seront pas perfectionnés répondent au but qu'on s'est proposé.

En Europe ' l'usage général est d'entr'ouvrir la terre et d'y asseoir les fondations ; elles défendent l'édifice contre les tempêtes ; au contraire, en Chine et dans la plaine arrosée par le Pei-ho, l'usage général est de relever la terre et, presque toutes les maisons s'élèvent sur des remblais faits de main d'homme. Aussi l'on dit communément, non pas : creuser les fondations, mais : frapper les fondations. Dans la province, lorsque les matériaux sont amenés et disposés, le propriétaire invite ses amis, ses voisins, ses parents au battage du terrain.

C'est une sorte de fête qui rappelle le battage du blé dans l'ancienne Bretagne. Les gars arrivent en plus ou moins grand nombre, suivant l'importance de la construction et la fortune du constructeur. Le plus habile dirige les coups d'un énorme maillet que cinq ou six ouvriers de bonne volonté soulèvent à la hauteur de la tête avant de le laisser retomber sur le sol qui se durcit volontiers. Le travail se fait assez souvent au son des instruments de musique ; mais plus souvent un chanteur préside la fête et anime le labeur. Il va sans dire qu'on s'arrête de temps à autre pour manger la galette de riz et boire le vin. Les nouvelles constructions de la résidence " virent les mêmes ouvriers assidus au même travail ; toutefois on ne se contenta pas de frapper le sol déjà

Page 1