‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 46 sur 284 · P. Mangin, loc. cit · texte numérisé non relu

P. Mangin, loc. cit

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ouvert ; après dix jours de bittue, les fondations furent établies, assez larges et profondes pour recevoir plusieurs lits de briques concassées mêlées à la chaux vive '. C'est sur ce lit que s'élèvent enfin les murailles. On étend encore une couche de roseaux à hauteur de un mètre sur une épaisseur de dix centimètres. Ainsi les murailles sont défendues contre l'infiltration du salpêtre toujours redoutable sur un sol que la mer a longtemps recouvert. Volontiers païens et chrétiens se prêtent à cette entreprise. La Résidence est l'orgueil du pays, et, en même temps que la gloire, elle en fait la sécurité. Pendant plusieurs années, le fléau de l'inondation est revenu périodiquement. Le Tché-ly est une vaste plaine ' ; les rivières y coulent à fleur de terre. Viennent les grandes pluies, les eaux se précipitent de nos montagnes dénudées ; elles battent avec fureur les digues qui s'écroulent bientôt, et tout le pays ne fait plus qu'une mer de désolation. De-ci, de-là quelques villages établis sur des remblais ressemblent à des îlots perdus au milieu des flots boueux sur lesquels nagent de lamentables épaves. Alors, pour quitter la Résidence ou pour y venir, il faut bien monter en barque, naviguer sur les plaines ensemencées ou couvertes de leur moisson, attendre que le flot se retire. Mais les pauvres gens du voisinage ont du moins échappé à lamort. Les modestes fortifications les défendent contre un ennemi plus redoutable. — Incapables de résister, cela va sans dire, à l'attaque d'une armée ou même d'une troupe régulière, elles assurent « aux chrétiens et même aux païens un asile où ils peuvent se mettre à l'abri des incursions des voleurs. Ces pillards se contentent de battre la contrée, volent, tuent tout ce qui résiste dans les villages sans défense mais se gardent bien d'entrer dans les enceintes où les attend une résistance organisée ^ ».

1. 7 parties de terre, 3 p.-irties de cliaux. (K. P. Maquet.)

2. P. de Pecquevort. Corresp. de Jersey, Tien-tsin, août 1890.

3. L'abbé Piene, Histoire de la vie et des œm'res de .1/^;- Leiiti^uillat, S. /., t. II, p. 146.

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