‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 49 sur 284 · LE FILS DE L EMPEREUR · texte numérisé non relu

LE FILS DE L EMPEREUR

Vos caractères sont petits, mal distingués, semblables à des pattes de mouches. Comment avec si peu de signes, peut-on exprimer tant de choses de la vie et de la mort, du corps et de l'esprit ? Au contraire les caractères des Chinois sont beaux, nets, distingués, en grand nombre ; on a le choix : ils se présentent bien et réjouissent la vue. Enfin notre langue est ferme et majestueuse.

LE PÈRE PARENNIN

Aussi, Prince, je reconnais qu'elle convient admirablement pour décrire les hauts faits de guerre, louer les grands, écrire leur histoire.

LE FILS DE l'empereur.

N'est-ce point reconnaître notre supériorité sur vos langues si pauvres et si laides .''

LE PÈRE PARENNIN

Si on le prend du côté de la beauté, j'avoue que je n'ai rien à y redire et que vos caractères llattent les yeux bien mieux que les nôtres par l'élégance de leur dessin. Quelques-uns cependant pourront objecter que ceux qui ont inventé l'écriture chez nous se sont proposé plutôt d'exprimer leur pensée que de flatter le regard.

LE FILS DE l'empereur.

Mais ils n'atteignent pas leur but. Comment une langue, avec une vingtaine de caractères, exprimerait-elle aussi bien toutes les idées qu'une autre qui en compte plus de soixante mille ?

le père PARENNIN.

Ici l'abondance est un défaut. Avec tant de caractères, vous êtes gênés et sans cesse arrêtés, soit en écrivant soit en parlant. On voit vos plus habiles gens demeurer longtemps le pinceau en l'air, pour passer d'une phrase à l'autre et après avoir rêvé, ils sont obligés d'effacer ce qu'ils ont écrit.

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