Lettres édifiantes, t. XX \" H, page
fil'i]fiiiî'"'
iilliliili
en là H Z
^MP^MmiPMPiiliPllliiRi^
obstacles surviennent : l'eau couvre le chemin ; le pont est rompu ; un accident se produit : la roue est engagée dans une ornière ou dans un puits creusé à fleur du sol. On arrive à la ville ou à la bourgade ; c'est jour de marché. Vendeurs ou acheteurs occupent toute la place. Plus moyen d'avancer ! Le petit cheval alors surtout est utile, mordillant un chou... posant sa tête curieuse et mutine sur l'épaule d'un marchand, il avertit tout le monde qu'il conduit un grand personnage. On se range ; le char fait un pas ou deux. Les Chinois disent plutôt : deux ou un, et ils ont raison. Pourquoi se presser ? N'arrive-t-on pas toujours quelque part ?
Le Père Hœffel raconte qu'ayant un jour donné l'ordre du départ à huit heures du matin pour un trajet de trois kilomètres environ, il arriva entre cinq et six heures du soir. Toutefois c'est l'exception ; une bonne mule fait assez facilement ses dix ou douze lieues par jour lorsque les chemins ne sont pas défoncés. Assis à la manière des tailleurs, imperturbable dans sa dignité, le missionnaire a tout le loisir d'examiner le pays. Même dans une plaine monotone, le soleil et le printemps aidant, la campagne prend un air de fête en certaines journées. Le P. Edel en a ressenti et décrit la douceur \ « La moisson sera extraordinaire. Les eaux ont arrosé le sol, sans l'inonder, le soleil l'a réchauffé, sans le brûler. Heureux nos laboureurs si la terre leur ouvrait ainsi chaque année ses trésors ! Partout la végétation est luxuriante, partout sont promises d'excellentes récoltes de blé, de millet, de sorgho, de fèves, de haricots, de pois. Pommiers, poiriers, jujubiers, abricotiers, pêchers sont couverts de fruits appétissants. Au pied des arbres croissent, s'arrondissent ou pénètrent dans la terre les navets énormes, les betteraves dont les Chinois aiment particulièrement les feuilles, les concombres, les courges, les citrouilles et cent espèces de melons. Il y aura grande fête à la fin de la moisson et de la récolte en l'honneur du Lapin blanc, divinité lunaire, dont la puissance, lorsqu'elle