XXXI II
une seule doctrine. Je n'ai certes pas besoin d'expliquer que je ne suis pas prévenu en faveur de la propagande catholique, mais je manquerais de loyauté si je ne déclarais que j'ai conçu un respect profond pour les nombreux missionnaires que j'ai rencontrés en Chine, pour leur caractère et pour leur œuvre.
« Des témoignages qui précèdent — conclut M. Monnier, — • il ressort clairement que s'il y eut maladresse, imprudence, excès, ce ne fut pas chez les missions dont la protection nous est dévolue par les traités. »
A tant de raisons du conflit actuel, énumérées déjà, s'en ajoute une autre d'une énergie au moins égale : nous l'appellerons l'évolution de la Chine vers l'Occident. La civilisation moderne l'attire et la repousse tout ensemble ; mais, qu'elle l'aime ou la déteste, elle se sent pénétrée par elle et ne se résout ni à lui ouvrir ni à lui fermer ses portes. Des deux côtés les difificultés sont énormes; la politique chinoise les assemble toutes en ne prenant aucune résolution, ou en prenant des résolutions successives et contraires. Toujours cette même absence de logique, de franchise, de sincérité; toujours cette politique de la main qui donne et de la mai n qui retire, funeste tant de fois au Fils du Ciel !
Les exemples abondent : les traités déclarent le commerce ouvert aux Européens, et les douanes provinciales opposent à la liberté des transactions des obstacles insurmontables.
Un décret impérial prescrit l'ouverture d'écoles où seront enseignées les sciences de l'Occident ; un autre décret, à six mois de distance, ferme ces mêmes écoles. Le premier décret est signé par l'empereur, le second par l'impératrice : ce ne sont pas deux souverains qui se succèdent, ce sont deux souverains qui se remplacent et se combattent dans la même cour et dans le même règne. Les empereurs