‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 74 sur 284 · I. Corresp. de Laval, années · texte numérisé non relu

I. Corresp. de Laval, années

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.MANDA kl M li.V COSILME DE CEREMONIE.

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Père était trop Ixtn, mais ces propos courtois firent place à d'autres lorsqu'il ùllut se cotiser pour parfaire la somme. On se dit de vilains mots, on se maudit, plusieurs parlèrent d'apostasie, et de quitter une religion qui coûtait si cher... Pauvres enfants, pauvres nouveau-nés dans la toi. auxquels, suivant le cjnseil de saint Paul, on ne peut encore otîVir que du Lut !

C est v.n grand étonnement pour ceux qui n'cMit pas eiicore été témoins d'un pareil spectacle, de voir le missionnaire quitter sa misérable hôtellerie, se diriger audacieusement vers le tribunal où réside le mandarin, et solliciter une audience. L'étonnement redouble lorsque cette audience est accordée sur le- champ, que le Grand Homme, reconnaissant de l'honneur qu'il a reçu, témoigne par ses égards en quelle estime ii tient son visiteur ! La grande occupation de plusieurs Cninois est de causer. L'arrivée du missionnaire fournit une matière abondante à la conversation. On parle du prédicateur et de sa doctrine, on se dit que l'Empereur a permis qu'elle fût prcchée dans tout l'empire; latiention s'éveille, et xint première semence tombe dans les esprits. Pendant que les langues des bonnes gens sont ainsi occupées, celles des nobles visiteurs ne chôment pas: du reste, il y a grande variété dans le discours et aussi dans la réception... Par exemple :

A Ma-ko-tou. Le sous-préfet est absent : en réalité, il ne reçoit personne parce qu'« il a le cœur malade». Cette maladie lui est venue à la suite d'une conversation qui fut longue et orageuse, entre le vice-roi de Po-tin-l'ou et lui. Son supérieur hiérarchique lui reproc'r.ait des taxes injustement prélevées, des travaux nécessaires qu'il avait omis : en particulier, il n'a\ait pas arrêté le débordement des rivières. Le fait était certain, pour tous les yeux. Le pauvre homme n'avait rien à répondre, et il n'avait rien répondu. C'était l'origine de cette a Jection qui le dérobait à tous les regards. Désolé de ce <:ontre-temps, il envoya trois de ses ser\-iteurs porter sa carte au missionnaire, et lui ch'rir. pour lui et jjour ses gens, un succulent repas.

GHAPITRK II.

LA VIK DU MISSrONNAIHK.

Certainement en France les sous-préfets ne; feniient pas mieux... même pour les prêtres chinois qui traverseraient leur sous-préfecture!

A Ho-kien-fou. Le préfet, un Tartare, fils d'un maréchal de l'empire, est un homme intelligent, de manières distinguées, très aimé de son peuple, et très généreux. Kn effet, ce païen bienfaisant a élevé, à ses frais, quatre écoles publiques , dans sa maison même, il a ouvert un asile aux malheureux, et, tous les jours, il leur donne une nourriture abondante. Une pharmacie a été fondée par ses soins, et un médecin habile venu de Pékin sur sa demande, a combattu victorieusement le fléau de la petite vérole. Le missionnaire était heureux de féliciter cet honnête païen de tant de vertus naturelles. Recevront-elles jamais leur couronnement ?

A Tong-kouang, réception charmante, et, à la grande joie du missionnaire, conversation religieuse. Le préfet venait d'offrir un sacrifice au génie de la terre. L'occasion de lui demander le sens de cette cérémonie se présentait d'elle-même. Il répondit : « J'ai besoin de la bénédiction du génie pour mon peuple et pour moi. » « Cette même protection, reprit le Père, nous la demandons, mais au Créateur du ciel et de la terre, à Celui qui a formé les hommes et les esprits que le Grand Homme vient d'honorer. » La conversation, conduite par les questions intelligentes et curieuses du préfet, roule ensuite sur l'éternité des peines et des récompenses, le jugement que Dieu prononce sur toute âme, au sortir de la vie. Ce point intéressait particulièrement un partisan de la métempsycose...

A Shim-ho, chrétienté du vicariat apostolique de Pékin. Ce n'est plus un mandarin qui reçoit le P. de Rabaudy et le P. i\Iaquet. C'est le vénéré P. Song, tartare, ancien lama pénitent, converti, prêtre, fils de Saint-Vincent de Paul, type admirable de douceur, de pauvreté, d'humilité ; sa figure fatiguée par les austérités plus que par les années, est celle d'un Saint. C'est à une excursion apostolique de ce fervent missionnaire que la mission doit la naissance de quatre chrétientés.

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A Kia-ho. Le préfet et le Père sont deux vieux amis. Le préfet veut absolument retenir le Père chez lui pour le coucher et le souper. Désespérant d'y réussir, il envoie, du moins, un repas à l'hôtel, puis, un cavalier chargé d'escorter le voyageur jusqu'à la frontière de la préfecture.

A Fou-tcheng, où un ordre de ses supérieurs envoie le P. de Rabaudy, il s'agit de négociations. Cependant les détails précis sur l'affaire n'abondent pas, on a dit simplement : « Le préfet fait opposition, paraît-!), à un achat de terrain ; allez le voir immédiatement et faites ce que vous pourrez. » Le catéchiste envoyé aux renseignements revient avec de bonnes nouvelles; l'audience sollicitée est sur-le-champ accordée. Après quelques paroles de compliments, l'affaire est entamée :

Le préfet. — Mon frère n'ignore pas que les contrats passés avec les missionnaires sont soumis à des formalités spéciales... Huissiers, qu'on m'apporte l'édit du vice-roi : que mon frère veuille bien en suivre les termes.

Le missionnaire. — Les clauses ne me sont pas inconnues ; aussi, ai-je voulu venir en personne rendre compte au Grand Homme des négociations entamées avec un habitant de sa noble ville. Ainsi que le Grand Homme, je suis convaincu que les stipulations des traités sont la meilleure garantie de la paix... Que le Grand Homme abaisse aussi son regard sur le contrat de vente rédigé en bonne et due forme.

Le préfet. — Je suis heureux de lui donner mon approbation... Le vice-roi en sera informé. Dans quelques jours, mon frèie aura une réponse favorable, et je ferai sortir un avis au peuple, l'invitant à respecter la propriété des Européens et la religion du Maître du Ciel... Vous songez donc à construire ^

Le missionnaire. — Non point. La maison est ancienne, et elle exigera quelques réparations ; mais, elle est plus que suffisante pour les chrétiens du pays.

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