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CHAPITRE II

LA VIE DU MISSIONNAIRE

au milieu des chrétiens, loin de la résidence, quelques jours après l'avoir quittée. C'est un trépas ressemblant à celui que saint François-Xavier, notre patron et notre modèle, a inauguré pour les missionnaires. Le missionnaire est un élu de Dieu parmi ses frères, il a une vocation dans sa vocation. Or, toute vocation faite par Dieu en ce monde, est un appel à une plus grande abnégation, à un plus grand détachement... Quand Dieu appelle, son premier mot est toujours : « Relinque, » quitte. Pour nous, missionnaires, il nous faut encore plus quitter qu'on ne quitte en Europe. Il nous faut vivre et souvent mourir loin des maisons de la Compagnie. Ici, en ne peut pas compter sur les médecins, sur les remèdes, sur les délicatesses et les soins de personnes habituées à traiter les malades... C'est ce qu'enseignait déjà le P. Ricci lorsque, de son lit de mort, il exhortait son successeur dans la supériorité à être bon pour ses religieux : « Considérez, lui disait-il, que non seulement ils quittent pour toujours leurs parents, leurs amis, mais encore la Compagnie, pour ainsi dire.... Ici, ils ne trouvent qu'une solitude où ils sont comme exilés du monde entier, n'étant tout au plus que deux ou trois dans un même lieu. Vivez donc ensemble de telle sorte que l'on puisse dire avec vérité que, si dans les grands Collèges en Europe on a plus d'amis, on n'y trouve pas plus d'amitié '. »

La victoire n'aime pas les camps divisés, et l'union des cœurs est nécessaire en face du redoutable ennemi dont les missionnaires catholiques ont entrepris de détruire le règne, la religion, et les superstitions.

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