BOUDDHA VIVANT
vinces et les fidèles, de tracer autour d'elles une enceinte qui dira tout ensemble où elles sont et où elles ne sont pas, au lieu de se définir, elles préfèrent se mêler et se confondre. Aucune intransigeance
■^f':pq>fr:!^^^fj>?^ .'^'llljJ ^il^lIJifRHï'^J^ V r^'T^^ - ^^^
KN CHINK.
de doctrine, une admirable condescendance pour leurs sectateurs. Ils croient et font ce qui leur convient. Disciples de Bouddha, de Confucius, de Lao-Tsé, n'auront aucune discussion sur la vérité religieuse ; un sentiment instinctif les avertit, d'une part que cette vérité n'est pas chez eux, d'autre part que les erreurs se valent. Leurs idoles, aux formes si grotesques, leurs divinités, aux lignes effacées, indécises, sont, ou doivent être, contentes des mêmes hommages.
Amis et ennemis sont d'accord pour affirmer le même fait ; et même les ennemis, lorsqu'ils voudraient édifier une thèse contradictoire.
Parmi ces derniers, malgré la bienveillance de certaines paroles et des égards pour la personne des missionnaires, nous compterons le pseudo-colonel Tcheng-ki-tong dans son livre écrit, imprimé et revu à Paris Les Chinois peints par etix-mcmes. Quel que soit le véritable auteur de ce livre, trop français et trop parisien pour être entièrement chinois, la pensée qui l'inspire est formellement hostile à l'œuvre de l'apostolat: Convertir les Chinois!... quelle idée déraisonnable!... mais l'empire du Milieu est le pays le plus religieux de l'univers. L'auteur dit textuellement : « Nous n'avons rien à envier à l'Occident dans ses croyances religieuses quoique nous ne nous placions pas au même point de vue '. » Ce pluriel toutefois est inquiétant, d'autant plus que le colonel y tient : « L'unité religieuse n'existe pas en Chine Mais si la Chine a plusieurs
religions dominantes, je m'empresse de dire qu'elle n'en a que trois ; c'est bien peu ^ » Puis ces religions sont en décroissance ; « Primitivement, elles constituaient le lien mystérieux qui réunit la créature au créateur, et ses symboles représentaient l'adoration et la reconnaissance.... leur premier élan fut comme ailé ^ » Tout n'appartient pas à notre auteur dans les lignes précédentes ; il y a trace d'emprunt, nous le verrons bientôt. Il continue cependant à
1.2.3. Colonel Tcheng-ki-tong, Les Chinois peints par eux-mêmes. Paris, Calman- Le'vy, onzième édition, chap. 2. Religion et philosophie, p. 19-27- 17- 18.