‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 88 sur 284 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

RELIGIONS ET SUPERSTITIONS

ni

les idées des Chinois, se dépouiller complètement du caractère européen avant de parler de dogme et de mystère à ce grand peuple qui n'y aurait rien compris. En 1579 nous voyons d'illustres Italiens parcourir la Chine enseignant l'astronomie, la physique, les arts et la religion.

« Accueillis avec empressement par l'empereur, pensionnés sur le trésor, ils captivèrent toutes les classes de la société par leurs manières irrésistibles. Ils n'avaient qu'à parler pour convaincre. C'est qu'ils ne dénigraient pas, comme on le fait à présent, le culte admirable des ancêtres. Ils respectaient Confucius et ils se gardaient bien d'offenser les antiques convictions sur lesquelles repose l'édifice politique de l'empire. »

De nos jours, une louange excessive amènerait un péril pour la vérité religieuse. Voici pourquoi : Tout auteur — c'est un fait général — perd ou gagne à être traduit. Généralement il perd, plus rarement il gagne, jamais il ne reste absolument le même ; son traducteur, tout en ne le voulant pas, lui a donné du sien, et plus encore s'il a demandé à l'auteur un argument en faveur d'une thèse ou d'une œuvre. Telle était bien la situation des Pères de la Compagnie vis-à-vis de Confucius. Dans ce philosophe d'un si grand prestige, ils cherchaient un allié pour accréditer leur doctrine. Entre alliés, comme entre amis, on se fait des concessions, on se prête ou l'on s'emprunte volontiers.

Le Père Colombel a fait cette même remarque ; c'est pourquoi il écrit :

i. ...Je voudrais que les chrétiens d'Europe fussent bien prévenus contre les erreurs qui se propagent à ce sujet. L'enseignement de Confucius, dans son texte chinois, n'offre ni la beauté, ni la clarté que lui prêtent toutes les traductions. Prenez la meilleure que nous ayons, celle du P. Zottoli. Ce traducteur, théologien éminent et guidé par la lumière de la foi dans ce dédale, a donné aux paroles de Confucius un sens raisonnable. Mais tel passage qu'il a

LWii!J.liJ4l^l*fl^"«jpiiJ>|W*j^l^^^^

rendu par une phrase parfaitement orthodoxe est expliqué par le commentateur officiel, et enseigné dans toutes les écoles avec un sens matérialiste ou panthéiste. »

Page 1