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succès à un e?cameD, mariage, on loue une troupe de l'Oinédiens qui vieut jouer à domicile; de même, des élèves font jouer la comédie pour la fête de leur maître ; bien plus, coutume étrange et tout opposée aux idées du pays sur le théûtrc aussi bien que sur le deuil, il est habituel, dans certains districts, de faire donner quelques jours de représentations h l'oct^asion d'un enterrement.
Aux représentations privées on invite toute la famille, tous les amis, on les traite largement pendant trois jours ou cinq jours. Le banquet est souvent dressé dans une rour abritée par des nattes ; l'estrade, qui sert de scène, est placée an sud, et quelques pièces de la maison, derrière Testrade, servent de coulisses; dans la partie de la cour qui reste libre, on dispose symétriquement des tables carrées, entourées chacune de quatre chaises ; trois invités prennent place à chaque table, de fa^on qu'aucun des trois ne tourne le dos aux acteurs; la place la plus honorable est de face et, parmi les tables, les plus considérées sont celles du milieu.
La salle du festin est ornée de broderies de couleurs éclatantes représentant des symboles de bon augure, ou de paires de rouleaux de papier ou de soie, que l'on accroche aux parois et sur lesquels sont inscrites des devises flatteuses : le niaitre de la maison expose dans de pareilles fêtes tous les témoignages d'amitié, de reconnaissance qu'on lui a offerts dans les circonstances solennelles de sa vie. Tout cela forme une décoration très gaie, bien supérieure à celle d'une salle publique. L'hôie n'a pas de place fixe : lui et ses fils, qui l'aident à recevoir, se transportent de table en table, s'asseyent à la place restée vide et font aux invités les honneurs de la fétc ; on échange des compliments, l'hôte boit quelques coupes de vin en l'honneur
des coDvives, qui lui font raison; il choisit dans les bols quelques morceaux succulents et, à l'aide de ses blltonuets, les dépose délicatement dans les assiettes de ceux qu'il traite. Au commencement de chaque repas, les comédiens présentent la liste de leur répertoire au maitre de maison qui prie le plus qualifié des invités de choisir quelques pièces à son goût : les farces succèdent aux drames historiques ou familiers, et la déclamation des acteurs, les grincemenls du violon se mêlent au bruit des conversations avinées et aux éclats de voix du jeu de mourre.
La salle séparée oii se tiennent les femmes est placée de sorte qu'elles puissent jouir du spectacle, dissimulées derrière des jalousies : leur présence ne gêne pas pour les plaisanteries scabreuses et ne se révèle que par un rideau qui s'agite, un bout de manche qui passe, des rires étouffés, des paroles échangées à mi-voix.
De pareilles fêtes, seulement pour la partie ihéAtrale, coûtent plusieurs centaines de taéls ; d'après les prix du sud de la Chine, on paie par jour environ trente taëls (1) pour un bouffon et jusqu'à cent laëlspour un premier rôle, à raison de deux séances de trois heures chacune ; de plus, l'bôle el ses invités font des cadeaux de toutes sortes aux acteurs, et ceux qui ont plu s'en retournent comblés.
Un magistrat provincial a la comédie dans son yamen à meilleur compte. Les troupes qui résident dans la ville ne sont soumises à aucun impôt; elles ont besoin, pour donner des représentations, d'une simple autorisation, qui ne se refuse presque jamais, mais qui est payée de façon ou d'autre aux officiers subalternes; en outre, les jeteurs sont tenus de donner trois jours de représentation dans la rési-
(1) Le taël vaul 4 ^ncs.
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deQce du mandarin aux fêtes du nouvel an, à son anniversaire de naissance et dans d'autres circonstances analogues. Le salaire fixé est alors de huit taëls, auxquels il est d'usage d'ajouter un porc et des pains cuits à la vapeur, ce qui n'empêche pas les fonctionnaires généreux d'y joindre des cadeaux, plus importants.
Les familles qui ne sont pas assez riches pour faire venir les comédiens chez elles, s'entendent pour les engager à frais communs : si l'on manque de place, on loue une salle dans une de ces maisons de réunion, hoet-koan, si nombreuses à Péking et qui appartiennent à des corporations ou à des associations provinciales. C'est dans ces maisons aussi que les grandes corporations célèbrent chaque année la fête de l'esprit qui leur sert de patron : ces réjouissances ressemblent beaucoup à celles qui ont lieu chez les gens riches ; elles se composent essentiellement de banquets et de représentations théâtrales payés par lacaissecommune. Parfois l'un des membres de la corporatiot! doit, à titre d'amende pour quelque contravention, offrir une fête do ce genre ù ses collègues. Il n'est pas jusqu'à l'Empereur qui, bien qu'ayant ses comédiens ordinaires, n'appelle de temps à autre une des troupes de Péking pour la faire jouer dans une salle du Palais.
Le théâtre est donc, dans la capitale et dans les grandes villes, l'un des divertissements les plus chers aux Chinois ; il a sa place dans leur vie officielle, commerciale ou familiale. Les habitants des bourgades et des campagnes n'en sont pas privés : si les salles permanentes sont rares pour l'ensemble de l'Empire, ce qui a permis à quelques étrangers de croire qu'il n'en existe pas, de nombreuses troupes d'acteurs, parcourent le pays et pénètrent avec leur répertoire jusque dans les localités les plus reculées ;
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les meilleures Iroupes des grandes villes ne dédaignent pas d'aller dans les villages, lorsqu'on les engage. Ces représentations sont souvent donoées pendant trois ou cinq jours de suite, à raison de deux séances par jour, l'une de deux à cinq heures, l'autre de sept à onxe heures. L'éclairage, le transport des comédiens depuis leur lieu de résidence, la rétribution qui leur est due, forment une somme assez ronde, tantôt payée par quelques personnages ricbcs qui veulent divertir leurs concitoyens, tantôt incombant ii la commune, au même titre que les frais pour |a destruction des sauterelles ou la réfection des levées de rizières.
il y a aussi à taire élever un théûtre; un entrepreneur s'en chaîne. En queliiues heures, sur le grand chemin, souvent au carrefour en face de la bonzerie, on dresse une scène abritée : il n'y faut que des bambous, des planches et des nattes, le tout lié de cordes. On élève de la même fa^'on deux ou trois tribunes pour les notables du village et pour ceux qui veulent payer leur place : le gros de lu population, hommes, femmes, enfants, reste debout ou s'accroupit sur le sol. Pendant lu durée des représentations, la vieduvillageest suspendue, les maisons sont vides, les champs déserts. Les fêtes finies, on coupe les cordes des fragiles abris dont on n'a plus besoin, l'entrepreneur remporte ses fouinilures, et les acteurs s'en retournent chez eux. Parfois on accommode, pour servir de scène ou de tribunes, les pavillons ouverts qui se trouvent dans certaines bonzeries, ainsi que les degrés des salles. Quelques grands temples ont, hors de l'enceinte, bien en face de la porte principale, un pavillon permanent qui sert aux représentations.
Ainsi la religion populaire fait bon ménage avec le théûtre, et le bouddhisme chinois, sur ce point comme sur
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LE THEATRE I5t
beaucoup d'autres, s'est seDSiblement êcailé de la rigueur des préceptes. D'une façon générale, le thé3lre a, dans l'esprit du peuple, quelque chose de religieuic : les corporations fout jouer la comédie à l'oi^casioa de leur fête patronale ; les villages font vœu d'engager une troupe d'acteurs, pour remercier les dieux d'avoir chassé les sauterelles, détourné une inondation, accordé une bonne récolle ; dans une année favorable, un village aisé donne la comédie deux ou trois fois. Il y a double avantage à ces fêtes : le peuple s'amuse et les dieux sont satisfaits ; ceux-ci, en effet, sont à l'image des hommes, et l'on pense qu'ils prennent autant de plaisir que les mortels à voir les évolutions des acteurs. Aussi a-ton soin, aux heures de représentation, d'entr'ouvrir les portes des salles où sont rangées les imagies des génies et des bouddhas; c'est par suite de la même idée anthropomorphique qu'on leur offre du rW,, des fruits, des parfums. Même dans les théâtres permanents, un esprit réside habituellement au fond de la scène, dans une loggia où est son image et, à certains jours solennels, les comédiens, soit en leur nom, soit au nom de tout le peuple, font des offrandes de mets et d'encens. En raison du caractère semi-idolâ trique des représentations scéniques, les chrétiens chinois s'abstiennent presque toujours d'y assister et, dans les communes rurales, ils refusent de contribuer aux dépenses que l'on fait de ce chef; delà naissent bien des querelles et des difficultés.
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E> CHESE
Pour être appelés à amuser les dieux et admis à frayer avec les mandarins et les gens riches, les acteurs ne forment pas moins l'une des dernières classes de la sociéié chinoise. La plupart sont esclaves d'un maître de troupe, pan Ichou; en effet, les mêmes contrats de vente et de vente à réméré qui ont pour objet habfiuel les biens-fonds et les animaux domestiques, s'appliquent aussi à l'homme : souvent un chef de famille, poussé par la misère, vend un enfant ; plus souvent, ces contrais sont conclus par des voleurs d'enfaots. Tantôt la vente est définitive, tantôt elle est faite avec faculté de rachat à l'expiration d'un délai qui est habituellement de cinq ans ; parfois on stipule que le prix d'achat hera compensé par les services de l'esclave et que celui-ci sera libre de plein droit â telle ou telle éL-hôancc. La condition des esclaves acteurs est inférieure à celle des esclaves domestiques, et la loi écrite, qui n'intervient pas dans la cessiou d'une personne humaine à un propriétaire ordinaire, l'interdit si elle est faite en faveur d'un maître de troupe ou d'un entrepreneur de prostitution; d'ailleurs, on tient peu de compte de la défense formulée par le code.
Vêtus, logés, nourris par le maître, qui leur enseigne ou leur fait enseigner l'art théâtral, les jeunes acteurs commencent par balayer la scène, préparer les accessoires, puis ils rendent des service^] comme figurants, et enfin ils remplissent des râles ; quand ils ont du talent, ils sont une fortune pour leur maître, qui ne leur donne aucun salaire. Les cadeaux que les amateurs riches ont coutume de faire
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aux acteurs qui leur ont plu, leur permettent cependant d'amasser un pécule. Un maître de troupe dur et avide, qui a sur son esclave droit de chûliment et droit de suite, trouve mille moyens, il est vrai, de s'approprier les générosités des spectateurs; main les choBes ne vont pas à cette extrémité aussi souvent qu'on pourrait le croire, car le maître a intérêt à ménager sa poule aux œufs d'or; et puis, quelle que soit la cupidité de gens d'une classe aussi peu recommandable, un Ohinoîs met en ses vices comme en ses qualités une volonté moins tendue que ne ferait un Européen. D'ailleurs, un homme riche qui veut protéger un acteur peut ne pas lui remettre directement les sommes dont il veut lui faire présent : il les dépose à son nom dans une banque ou dans un établissement similaire, en prenant les précautions qu'il croit nécessaires contre la prodigalité du bénéficiaire et contre la cupidité du maître. Avec son pécule, l'aeleur se rachète ; plus favorisé sur ce point que l'esclave domestique, il ne peut être retenu contre sa volonté, s'il offre la somme exigée par le régisseur, somme parfois assez élevée, oOO lai'ls ou davantage : le maître, en effet, fixe lui-même le montaoi d'après sus convenances et le talent de l'esclave, car il n'est pas tenu par le prix porté au contrat d'achat.
Une fois affranchi, l'acteur de talent, dont le nom (I) attire le public, trouve facilement à s'employer : une troupe importante a Souvent un ou deux acteurs libres ' engagés pour un an ; outre les frais de voiture ou de chaise, qui leur sont toujours payés, ils reroivent une rétribution fixe, jusqu'à 8 ou 10.000 taels par an à Péking, 30.000 taëls
n de guerre.
même à Chang-hai, m'a-t-on afQrmé, alors que les appointements ofRcicU d'un Président de Ministère sont de 180 taiils et l.SOO boisseaux de riz (1) et que le vice-roi du Kiang-nan, la province la plus riche de Chine, touche environ 20.000 lai'ls par an.
Un acteur trop vieux pour paraître en scène gagDo encore laidement sa vie en enseignant le métier aux jeunes sujets d'une troupe. Celui qui a fait des économies, peut devenir maître de troupe : il faut en effet au directeur beaucoup d'expérience pour organiser les représentations et conduire son monde, et il a besoia d'argent pour tous les frais qui lui incombent. Les décors, nous le verrons plus loin, ne grèvent pas sensiblement son budget, mais les costumes sont brillants et coûteux. Surtout, le maître doit entretenir ses acteurs esclaves, payer les acteurs libres et les professeurs, ainsi que. les musiciens : or, à Péking, une troupe n'a pas moins d'une vingtaine d'acteurs et de six à huit musiciens.
Ceux-ci, dans les grandes villes, sont embauchés chaque jour pour une seule représentation; ils jouent du tam-tam, de la nûte, du tambour et de quelques instruments il cordes rappelant de loin le violon et la guitare. La partie musicale, bien que continue dans le drame, n'offre pas de difricultés comparables i celles de notre musique ; les formules y sont beaucoup moins variées que dans la vieille musique chinoise, et les exécutants, incapables presque toujours de Hre un air noté, accompagnent par routine, après avoir été pendant trois, quatre ou cinq ans apprentis
(i) Ed prenant pour le riz la moyenne de i piastres 50 les ceoL livres chlooises, on trouve que de ce chef le président de minisière reçoit l'équivalenl de 3.bl2 fr. 25. Hais il ne faut pas oublier les profits extralégaui de tous les hauts mandarins.
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chez un tnaitre musicien, qui leur montre le doigté des instruments, puis les recommande et les place. En retour de ces soins, les élèves font des cadeaux à leur ancien maître et sabviennent à ses frais funéraires.
Outre les dépenses de personnel et de matériel, le régisseur supporte naturellement les frais de déplacement : lorsque sa troupe est appelée chez un amateur ou dans un village pour une série de représentations, ces frais sont aussitôt remboursés ; mais, en dehors de tout engagement préalable, les troupes chinoises sont essentiellement nomades et vaguent de bourgade en bourgade pour chercher leur vie, emportant leurs costumes et accessoires, emmenant deux ou trois musiciens et cheminant, au nord, dans les dures charrettes à deux roues et sans ressort qui sont les véhicules du pays, au sud, sur les jonques plus ou moins bien aménagées.
.\ Canton, les différentes troupes ont formé une association de manière à laisser en ville, lorsqu'elles s'absentent, un représentant qui traite leurs affaires ; mais je n'ai pas entendu dire qu'autre part les acteurs soient parvenus à un pareil degré d'organisation.
Quelques- une s des troupes les plus importantes se transportent dePéking à Chang-hai ou dans les grandes villes de province, suivant l'occasion des engagements; mais celles même qui résident habituellement à Péking, celles dç la Triple Prospérité, de la Terrasse du Printemps et les autres que cite le guide des provinciaux, ne jouent jamais plus de trois ou quatre jours de suite sur la même scène : une série de représentations achevée, une nouvelle troupe vient dans le même local donner quelques pièces de son répertoire, et la première passe dans une autre salle avec tout son personnel et son matériel. U s'établît ainsi un ron-
lement des diverses troupes, qui revienneat dans une salle deux ou trois fois par mois, à des quantièmes fixes, si bien que lel amateur pékinois, qui fréquenle un seul théâtre, voit déûler sous ses yeux tous les acteurs de la capitale et toutes les pièces du moment. Pour ces séries de représentations, les régisseurs ti'aitent avec renirepreneiir de spectacles qui est locataire de la salle et perçoit la recette, et ils rei;oivent de lui soit une somme fixée à forfait, soit trente ou quarante pour cent de la recette.
La vie nomade démoralise l'acteur; il semble que le Cliinois, arraché du sol où il a crû, soit incapable par luimême de vivre correctement; du moins, les moralistes comptent-ils principalement, pour maintenir les. mœurs populaires, sur l'innuence de la famille et des voisins. En fait, l'immoralité n'est sans doute pas une caracléristique des acteurs, elle se rencontre dans d'autres classes de la société chinoise ; mais les acteurs se font toujours remarquer par leur désordre, leur prodigalité, et, s'ils en ont le moyen, par leur luxe : or, ce sont des travers que ne pardonne pas le confucianisme. Libres ou esclaves, les gens de théâtre sont tenus en profond mépris, par la loi comme par la société ; le fait seul de paraître en scène est considéré comme dégradant. On cite l'exemple d'an lettré qui, ayant rempli un rôle dans une représentation privée, à Koei-yang, fut d'abord dépouillé de son litre ofiîciel, puis chassé de sa famille et de son clan, châtiment qui équivaut à l'exil de la société antique. Dans cette civilisation si démocratique où les concours et les fonctions sont accessibles à tous, les acteurs en sont exclus : leur métier est l'un des quatre qui impriment une tare ineffaçable à celui qui l'exerce, à son fils et à son petît-hls ; ce n'est que la quatrième génération qui rentre dans le droit commun. La
société elle-même est donc responsable en partie de l'infériorité morale des acteurs : pourquoi ces malheureux, esclaves au moins dans leur jeunesse, incapables d'assurer àleurs enfants unesituationbonorable.piivéspourainsi dire d'ascendants et de descendants, isolés au milieu d'une société qui n'admet que les groupements et les corporations, pourquoi épargneraient -ils, et conformeraient-ils leur vie à un idéal moral au nom duquel on les repousse?
A Péking, les planches sont interdites aux femmes : une cause de désordres est ainsi écartée du théâtre et satisfaction est donnée au principe de la séparation des sexes. Dans les troupes de province, on tolère quelques actrices appartenant, à un titre quelconque, au maiire de troupe. Eu diETérenls lieux, ù Canton surtout, il existe des théâtres où ne paraissent que des femmes: ils sont tenus pour înimoraux, et non sans misoii ; il y a quelques années, un censeur a fait supprimer à Moukden un établissement de ce genre. Le Palais possède une troupe unique en Chine : elle est composée de deux ou trois cents eunuques dirigés par l'un d'entre eux. Ils vivent hors du Palais ; on affecte à leurs représentations une salle située dans les jardins de plaisance de l'Empereur ; elle est appelée le Jardin des Plaisirs réunis. Ils y jouent les pièces dramatiques et comiques du répertoire ordinaire; on dit que l'Impératrice douairière aime surtout les farces où l'on met en scène la vie quotidienne du peuple. Le théâtre est certainement le seul moyen, pour les augustes personnages cloîtrés dans le Palais, de se taire une idée du monde extérieur ; mais il ne semble pas qu'ils en sachent profiter ni qu'ils appi'ennent à mieux connaître ce monde dont la direction est dans leurs mains et dont les rite.s les séparent omplètement . L'Empereur récompense ces comédiens
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pas Doo plas qne les œuvres dramatiques forment un genre littéraire et ne les comprennent pas dans les catalogues de leurs bibliothèques; malgré tont, leur influence sur la plus grande partie de la littérature dramatique a été prépondérante, et ce sont eux qui loi ont imposé sa Torme et le chois de ses sujets.
Le drame, «n partie déclamé, en partie chanté, est rédig;é en diflërenu styles : le langage vulgaire du dialogue ordinaire fait place, lorsque les sentiments s'élèvent, à la prose littéraire, remplacée à son leur par la poé^e régulière ou irrégulière dans les passages pathétiques. Ce mélange arliGciel des styles, qui sont presque des langues différentes, est difficilement intelligible pour tout autre que pour ud habitué. Il est débité, souvent mi-me à Péking, avec la prononciation de l'un des dialectes méridionaux de la langue commune; d'ailleurs, plusieurs provinces ont leurs traditions dramatiques particulières :1a langue, la musique, les sujets des pièces sont différents. Plusieurs de ces écoles sont représentées à Péking, cl seul le lettré familier avec le répertoire trouve un plaisir raffiné à démêler les effets subtils, à jouir de l'harmonie des syllabes, à saisir les allusions cachées qu'a semées l'auteur. J'ai même vu un Chinois instruit fort empêché de m'expliquerle sujet d'une pi(!ce qu'il entendait pour la première fois; à plus forte raison, le gros public ne comprend guère.
Ce n'est pas non plus pour lui plaire que la moralité de la pièce est souligoée avec autant d'insistance, car il s'en soucie peu. Le personnage principal assume toujours le rôle de raisonneur et, un peu comme le chœur antique, il disserte, en parlant ou en chantant, sur les actes des personnages et sur les péripéties de l'action; le drame chiuois sait si peu se passer de ce caractère que, si le personnage
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qui moralise vieat à disparaître, on autre prend immédialemeot sa fonction. Enfin le dénouement forme souvent un acte séparé, qui se passe dans un lien éloigné, après de longues années-, il sert ouvertement de conclusion morale, et, avec tous les personnages connus, on en voit paraître d'autres, comme pour donner plus de lémoinsau châtiment du vice et à la récompense de la vertu.
La division des emplois eu béros, héroïneH, personnages immoraux et bouffons, ressemble à une classification morale. Dans les deux dernières catégories, on trouve des rôles d'bommes et des rôles de femmes ; toutes comprennent des subdivisions assez nombreuses, magistrats graves, jeunes licenciés bien faits et amoureux, soubrettes adroites et mères rigides, amants suborneurs, courtisanes perverses, cabaretiers plaisants, etc. Dans une troupe importante, tes emplois des héros, des héroïnes et des personnages immoraux, sont tenus chacun par quatre ou cinq acteurs, et comme chaque acteur joue plusieurs rôles dans la même pièce, le nombre des personnages représentés peut être considérable; le bouffon, au contraire, est souvent unique. Les rôles de femmes sont joués par des hommes qui se fardent, se font de faux petits pieds et imitent à merveille la démarche, les gestes, la voix même des femmes chinoises. Les faons acteurs qui jouent ces rôles, sont ceux que l'on paie le plus cher. Ils débutent versl'âge de dix ans et ne peuvent guère paraître sur la scène après trente, le travesti devenant insuffisant : ce n'est que grâce à l'apparence physique de la race chinoise, oii les traits s'accentuent lentement, où la barbe est tardive, qu'il est supporté jusque-là ; faui-U en conclure que le public chinois est plus délicat que le public anglais du xvi^ siècle, ou que les acteurs chinois sont moins habiles que ceux Maurice Courant. — ËD Cbbe> 11
qui créèrent les rôles de Desdémonc el d'Ophélie? Quant au ihédtre grec, il est Ici hors de question, puisque les acteurs y étaient masqués. Dans les autres emplois, les acteurs débutent vers dix ou quinze ans et conlinuent tant qu'ils ont de la force et du succès. Entre les emplois, les différences sont très marquées : le masque ri'étant pas en usage, les héroïnes se grimeni légèrement, les héros portent une fausse barbe; les personnages immoraux ont tout' le visage peint de couleurs voyantes. De même, les costumes ont des signes distinctifs, la manière de gesticuler, la mimique, la prononciation, le chant sont tout à fait dlHiérents : aussi un acteur est obligé de se cantonner pour sa vie dans une série d'emplois analogues et ne peut jaiUais passer d'une catégorie à une autre.
Les personnages dramatiques appartiennent h toutes les classes de la société, et le rôle important échoit aussi bien à une courtisane ou à un esclave qu'à UQ irlnislre ou à un Empereur: le théâtre est doue, par soh impartialité, l'image fidële de la société chinoise où ne subsiste aucune aristocratie. Le code interdit de mettre en scène des événements de la dynastie régnante, et aussi de faire paraître des Empereurs et des personnages vertueux de l'anliquité. La première défense est exactement observée; mais, si les autorités faisaient respecter rigoureusement la seconde, elles supprimeraient de ce fait plus de la Hioitié du répertoire. Le drame chinois, en eflet (et ici l'on retrouve l'inlluence des lettrés el leur prédilection pour l'antiquité), aime les sujets historiques ou, à proprement parler, anecdotiques ; il les trouve dans le trésor des histoires chinoises qui embrassent une période de plus de trois mille années. Les auteurs prennent d'ailleurs de grandes libertés avec les fsiits et, greHant sur un fait réel toute Une fable amoU-
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reuse avec enlèTements et recoonaissances. ù la façon de nos rouâticiel^ àu xvii" siècle, touchent ri-cquemmeiit uu drame domestique ou à la comédie sérieuse.
Pendant louts représentation, la comédie t)Opulaire aticrïie avec le drame. Fait assex bizarre, elle n'est pas plus qui! lui un Objet d'unimad version pour les moralistes, bien qu'elle soll souvelit très licencieuse et que les détails dé mise eu scène et de dialogue en aggravent le carac;tère. I,a musique y est plus discrète ; les costumes y sont ceux de lu vie quotidienne, parlbis un peu ridiculisés. Il n'y a pas de tejtle fixe, mais un canevas que les acteurs brodent suivuntleur Inspiration et en plaisantant sur les incidents du jour ou sur les gens qui sont dans la salle. Les situations sont prises dans le train ordinaire des choses et présentées de manière comique : ainsi l'aveniure citée par M, K. K. Douglas (I), de ce pauvre diable qui emprunte la femme de son voisin et la fait passer pour sienne afin d'obtenir quelque argent d'ub oncle avare. Ces farces sont souvent spirituelles; le peuple s'y plait plus qu'aux drames, dont la langue lui est étrangère et dont les sujets lui échappent ; car, st quelques personnages dramatiques semi-historiques, seml 'légendaires, sont pour le gros public de vieilles connaissances, il en est beaucoup d'autres dont il n'a jamais entendu parler, qui ne le touchent pas: les batailles et les grands coups d'épée, les exemples de piété domestique, si éloignés du terre-à-terre babituel de lu vie chinoise, ne sont que le délassement de lettrés épris d'histoire.
Le peuple comprend mieux les pièces inspirées des mœurs contemporaines ; il supporte cependant le drame et suit attentivement les évolutions des acteurs. Ce n'est pas
11) dhiheie Sloriea, in-ia, Londres, 1993.
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que la scène elle-même offre uq aspect flatteur pour les yeux : établie sur un des petits côtes du rectangle que Torme la salle, dépourvue de rideau, elle a peu de profondeur ; le mur du fond est maigrement orné de quelques rouleaux de papier rouge portant des sentences morales ; il est percé de deux portes qui conduisent au magasin des costumes et à la loge commune de toute la troupe ; au-dessus est ménagée une sorte de balcon, une loggia, qui sert à quelques jeux de scène et qui est la résidence Itabiluelle de l'esprit du (héûtre, L'orchesti'e est placé sur la scène même, près de l'une des portes, qui a reçu le nom de porte du tambour. Le décor est nul, et il serait difficile qu'il en fût autrement, avec des troupes nomades qui passent sans cesse d'une salle à une autre. Les accessoires employés sont quelques chaises et quelques tables ; lorsque la pièce le comporte, on s'en sert suivant leur destination normale ; s'il en est besoin, on les entasse les unes sur les autres pour représenter une muraille de ville ou une montagne escarpée, et les acteurs n'bésiient pas à escalader ces édifices branlants. Souvent on trouve plus simple, tout en restanl sur le sol, de simuler les mouvements d'une ascension pénible. Celui qui monte à cbeval lève la jambe comme pour se meure en selle, ù moins que le cavalier n'arrive à califourchon sur un bAton. Dans unesajnète qui se passait sur l'eau, j'ai vu la présence du bateau indiquée seulement par une rame, ou plutôt un bâton orné de soie et attaché à une corde de couleur : au moyen de cet objet, les acteurs simulaient les mouvements des rameurs. Pour une bataille, on voit deux ou trois figurants entrer par l'une des portes, sortir par l'autre, se poursuivre, faire des mines terribles, brandir leur sabre et leur pique en prenant des poses plastiques. Un changement de lieu est indiqué soit par la mi-
mique, soit par une déclaralion expresse. Lorsqu'une pièce ou un acte est fini, tous les acteurs sortent, et l'on vient ranger les chaises et les tables sous les yeux du public. Même au cours de la pièce, les servants du théâtre entrent, apportent des objets, les déplacent, causent avec ceux des acteurs qui tte jouent pas.
Le public lettré n'a pas besoin de l'illusion scéuique, il cherche un plaisir littéraire plutôt que dramatique ; le gros public a l'âme assez naive pour se prêter à toutes les conventions, voir les objets qu'il a sous les yeux tels qu'il doit les voir et non tels qu'ils sont, ou bien ne pas les voir, s'ils sont censés absents. 11 ne faudrait pas remonter bien loin dans l'histoire du théâtre, en France ou en Angleterre, pour trouver des conventions analogues ; mais, si nos exigences modernes sur la mise en scène sont chose récente, je ne pense pas que le public européen, qui cherche dans le drame une image plus ou moins transformée de la vie, se soit, depuis bien des siècles, contenté d'aussi peu d'illusion que le public chinois.
Comme notre xvn' et notre xviii" siècles ont vu sans surprise les héros et héroïnes de la Grèce ou deltomeaiïublés de perruques et de paniers, de môme le Chinois trouve naturel qu'on lui montre les personnages de l'antiquité en costume du temps des Ming, c'est-à-dire du xvt" siècle ; c'est l'uniforme pour tous les rôles historiques. Et dans les drames domestiques, parfois dans les pièces de genre représentant des épisodes de la vie quotidienne, si les vêtements sont ceux d'aujourd'hui, ils sont presque toujours invraisemblables parleur éclat: il n'est pas de batelière qui ne paraisse fardée et vêtue de soie de couleurs tendres. Les casques et cuirasses dorés, les longues plumes qui s'agitent sur la léte des guerriers, les franges de perles sur
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le front des femmes, les visages de certains acteurs peints et grimés de manière fantastique., les vêtements brillants et étranges, la gesticulation tiiniôt lente, tantôt précipitée, jamais naturelle, le débit sur un ton très élevé ou très grave avec des airs chantés en fausset aigu, la musique qui fait ragç incessamment, tout cet appareil de convention a un aspect étrange et fantiislique : l'Kuropéen n'y peut voir qu'une transposition de sentiments humains dans une clef inconnue, son œil est flatté du chatoiement des couleurs, taudis que les grondements et les grincements de l'orchestre l'assourdissent et lui déchirent les oreilles. Quant au gros public chinois, il aime le tapage du tam-iam et admire sur la scène les vêtements splendides qu'il ne voit pas dans la vie quotidienne; quand il s'est bien amusé, il dit qu'il ^' a eu « beaucoup de bruit ». Mais l'essence du plaisir dramatique lui échappe.
Le drame chinois ne peut, d'ailleurs, proUuirece puissant eflet d'ensemble qui, daus l'œuvre d'un Sophocle, d'un Kacine, d'un Shakespeare, est dû au développement di-s caractères, à l'enchaipement des péripéties, au nœud serru de l'action. La forte personnalité, qui est l'étoffedu drame, manque souvent à l'ûme chinoise, tout enserréeduns les prescriptions minutieuses des rites; et si les auteurs dramatiques rencontrent dans l'histoire quelques caractères solidement trempés, ils ne savent pas les mettre en scène. Les personnages n'agissent guère, n'analysent pas les mobiles de leurs actions ; ils se burqent à se raconter naïvement
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eux-mêmes ; quîmâ u|i persannage paraît pour la première fois, et souvent lorsqu'il revient après tine absem'e, il se présente au public; « Je suis un tel, fils d'un tel> et j'ai fait telle et telle chose. >> Le monologue est fréquent aussi pour décrire le site et suppléer au décor ; le drame est donc ralenti par l'abus des froides tirades en prose ou en vers, ies événements, les péripéties sont rarement mis sous les yeux du spectateur ; souvent lea faits se passent dans la coulisse, pendant les entr'actes, et les scènes se bornent à des conversations. Enfin l'auleur chinois sait rarement faire jaillif l'action du caractère même des personnages, et il recourt plus que de raison aux enlèvements, aux reconnaissances, aux apparitions et autres moyens factices qui n'ont rien de commun avec la réalité. Le drame chinois n'est qu'une série de scènes parfois bien traitées, mais entrecoupées de déclamations lyriques et morales, et réunies par la très mince trame des monologues ; il n'y a pas d'ensemble ; il y a parfois une idée dramatique, mais le drame n'est pas fait. On trouve, au reste, les mêmes défauts dans le roman : le romancier chinois ne nous intéresse que dans les scènes séparées et dans les courtes nouvelles.
L'art dramatique en Chine semble donc inachevé, en voie de formation. 11 est, d'ailleurs, d'origine récente : car si la Chine antîqueaeu des danses symboliques représenlanlles travaux de l'agriculture, la guerre et autres sujets très généraux, si elle a eu aussi des processions oii des personnages costumés en bétes fauves fantastiques feignaient de poursuivre et de chasser lesespriis des épidémies, je ne nie pas que ces cérémonies aient quelque rapport avec le théâtre, mais ce rapport est lointain. Le goût des ballets et des processions s'est perpétué à la Cour et dans le peuple, malgré les changements de dynasties et les dominations
étrangères, mais c'est tardivement, à la fin du vi° siècle de notre ère, qoe ces divertissements prirent à laCourun développement inattendu. A cette époque de civilisation raffinée, les « barbares » de l'Asie centrale venaient fréquemment porter leurs hommages à l'Empereur : on imita leurs danses, leur mimique, on leur emprunta même leurs instruments, on copia leur musique. Un célèbre souverain du vm° siècle, Ming-hoang, était passionné pour ces amusements étrangers: il instruisait lui-même musiciens et danseurs dans un de ses palais, célèbre jusque aujourd'hui sous le nom de Jardin des Poiriers, et c'est à lui que les Chinois font remonter l'invention de leur art dramatique. Le drame hindou aurait ainsi exercé jusqu'en Chine une égère inHuence. Mais ces premières tentatives sccniques étaient encore loin du drame, et il fallut plusieurs siècles ei des invasions étrangères.pourquel'esprit chinois, qui se plait aux dissertations et aux récils, arrivât, et avec peine, à la synthèse nécessaire au drame ; c'est sous la dynastie mongole, aux xiii" et \iv° siècles, qu'ont été écrites la plus grande partie des pièces chinoises et composés les airs qui les accompagnent. Depuis lors, la vogue du ihéfitre est allée en croissant, mais la production scénique a diminué, et aujourd'hui l'on ne compose presque plus de pièces nouvelles; la littérature dramatique est arrêtée dans son évolution, sans même avoir atteint son entier développement, sans être complètement dégagée du ballet et du récit d'où elle est sortie.
Sur un sujet aussi complexe et aussi négligé des éci-ivains chinois, il est difficile présentement de déduire des conclusions; qu'il me soit néanmoûis permis de présenter quelques hypothèses. L'esprit chinois, semble-t-il, est peu doué pour le drame : il note patiemment les détails, mais
perçoit mal l'ensemble; les images resteat fragmentées et De s'organisent pas en un tout vivant. On peut faire cette remarque non seulement à propos du théâtre, mais aussi bien pour la litlérature en général ou pour les arts plastiques ; et c'est en raison de cette demi-incapacité que le théâtre, né si tard et sous des ïnQuences extérieures, aconservé un caractère inachevé et flottant, et a rapidement disparu. Je veux dire que sa fécondité s'est bientôt tarie avec la recrudescence de vie purement nationale qui a marqué la chute de ta dynastie mongole. Le tliéàtre n'a pas sa place dans la civilisation confucianiste qui l'a précédé de plus de mille ans : c'est là un vice rédhibitoire, puisque le système des philosophes orthodoxes a pris la valeur d'un dogme et a pénétré toute la vie chinoise ; d'ailleurs, ce système est essentiellemeut moral, et toute morale tant soit peu austère a pour le moins quelque raéRanceà l'égard du théâtre et des acteurs. De là, la mince estime où l'un et les autres sont tenus par les gens bien pensants, et il n'est presque personne en Chine qui ne veuille au moins paraître orthodoxe et bien pensant : c'est ainsi que miîme les auteurs dramatiques, frappés comme tous les hommes instruits de l'empreinte confucianiste, l'ont transmise à leur œuvre, bon gré mal gré.
Cependant la vie ne se conforme pas toujours au dogme : le confucianisme sans rémission semble austère à plus d'un parmi ceux auxquels l'argent donne des loisirs, et, d'autre part, le peuple n'a cure des théories; les riches et les pauvres laissent donc dire les moralistes, fréquentent lethéâlii; plus ou moins ouvertement et offrent môme la comédie aux dieux afin de les réjouir.
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