UNE CHASSE A L’OURS. — CHASSEURS COREENS
La nature, témoigne des bouleversements qu’elle a subis en ces régions. Il y a beaucoup de formations calcaires et d’ardoises, des soulèvements basaltiques, des blocs de lave, et des chaînes où se succèdent les pics de granit. A l’ouest de Tong-ko-kai est. le cratère d’un volcan éteint, mais les couches de lave dans le voisinage de la concession Sont presque entièrement rongées. Le bassin où est situé la concession est bien arrosé, cultivé et peuplé par places. Il est entouré de montagnes d’une hautèur de trois, quatre ou cinq mille pieds. Le nord de la Corée est montagneux, tandis que le sud est couvert de collines. La ligne de partage des eaux qui s’étend du nord au sud, séparant le versant de la mer du Japon de celui de la mer Jaune, est presque parallèle à la côte est. Cette ligne de montagnes forme comme l’épine dorsale de la péninsule ;. le versant oriental est étroit et abrupt, tandis que le versant occidental s’étend et se prolonge en plaines favorables à l’agTiculture. L’altitude des pics varie géné-
râlement entre cinq et six mille pieds. Quelques points isolés, à l’extrême nord, sont, à ce que l’on croit, plus hauts.
La plupart dés districts miniers sont situés auprès des principales crêtes séparant les bassins. Les fameux districts miniers de Kang-kyoi, de Kap-san et de Tehchang-chin, qu’occupent aujourd’hui des ouvriers indigènes, se trouvent sur le plateau formé parla jonction de la chaîne qui constitue la frontière septentrionale de la province de P} r ong-an, avec la grande ligne de partage des eaux du pays, Les mines anglaises de Eun-san sont situées dans une région traversée par les contreforts nord-ouest de cette grande ligne de partage. Les mines allemandes sont situées pareillement, par rapport à la grande division naturelle du pa 3 r s, sur le versant est. La Corée possède nombre de minerais utiles ■ — de l’or, de l’argent, du plomb, du cuivre, du fer, de la houille, mais celui dont elle est le plus riche est l’or. La valeur de l’or exporté de Corée, qui était de 363.308 livres sterling en 1900, est montée à 809.738 livres sterling en 1901. En 1902, la valeur de l’exportation d’or a encore augmenté, atteignant 816.961 livres sterling. Ces chiffres indiquent seulement la valeur de l’or déclaré en douane. De fortes quantités sont, chaque année, exportées en contrebande.
Depuis les temps les plus reculés on connaissait la présence de l’or en Corée. Knochenhauer, un géologue allemand, a déclaré que toutes les rivières du pays en contenaient. Jusqu’ici c’est l’or d’alluvion qu’ont surtout recueilli les ouvriers indigènes. Les mineurs suivaient l’objet de leurs recherches aux flancs de la montagne jusqu’à ce qu’ils découvrissent les veines et les filons d’où * provenait la plus grande quantité de l’or d’alluvion. Les principaux districts aurifères sont situés dans le nord
du pays ; c’est là que se trouvent les mines anglaises de Eun-san, les mines américaines de Un-san et les mines allemandes de Tong-ko-kai.
; La source première de l’or coréen se trouve dans les veines du quartz, qui, aux mines américaines, donne, paraît-il, un rendement très important. Les dépôts d’alluvion, amenés des veines qui se trouvent dans les montâgnes, ont été traités par les Coréens à leur manière : avec des procédés plus scientifiques, leur rendement est satisfaisan t. Les sédiments; de schotter-, aux mines de Tongko-kai, atteignent un maximum d’épaisseur de soixantequinze pieds, épaisseur qui dépasse de cinquante pieds, ïâ formation' habituelle du sédiment. La concession a été accordée en 1898. Aux termes de cette concession,
autorisation était donné à une Compagnie allemande de choisir un emplacement de vingt milles de long’ sur treize mil] es de large, dans les deux ans à partir de la signature du contrat, et d’exploiter tous lés minerais pendant vingt-cinq ans, moyennant une redevance annuelle au. gouvernement coréen, s’élevant à vingt-cinq pour cent des profits nets. Les revenus, provenant de cette source appartiennent à l’Empereur et vont directement a sa, cassette privée. Pour le syndicat anglais, la redevance fut fixée à la somme fixe de 20.000 livres sterling, plus un paiement annuel de 2.000 livres sterling.
L’emplacement choisi par les. Allemands était, au moment où ils en prirent possession, le centre d’une importante. industrie d ? extraction de l’or d’alluvion. Les mineurs indigènes s’opposèrent fortement à leur établissement et se préparèrent à résister par la force à la Compagnie. On. vint toutefois à bout de leur résistance, en leur accordant une prolongation de travail d’une année, et lorsque M, Bauer entra en fonction comme ingénieur en.
chef, il ne rencontra plus d’opposition. Dans tout le district, on voit les restesç des anciens -travaux dans le scliotter du lit de la rivière; on en trouve aussi à certains endroits dans le quartz, sur les flancs de la montagne. En l’absence des machines indispensables, les travaux sur la concession ne pouvaient être convenablement organisés. La concession fut donc abandonnée pour le moment, des recherches attentives n’ayant pu amener la découverte de filons offrant un rendement suffisant. Au; moment où elle cessa ses travaux, la Compagnie employait neuf Européens, treize Japonais et Chinois, et environ trois cents Coréens.
L’exploitation minière en Corée est tout à fait élémentaire. Les méthodes habituelles sont celles du « placer,» et du « -broyage » et un procédé de traitement par le feu. On creuse un puits vertical, avec des degrés étroits tail-: lés dans ses parois, jusqu’au niveau du roc; on entasse du bois dans le fond du puits, on rallume et on le garde
allumé pendant plusieurs jours. -Le roc chauffé devient
très friable- et cède facilement aux outils primitifs des mineurs. On se dispute ardemment le compartiment du fond dans ces puits; les plus intrépides n’attendent pas pour descendre t que le travail ait refroidi . Le quartz est parfois frotté pour être réduit en poudre, et l’or séparé par le lavage, où bien il estbroj^é entre de grosses pierres, lavé, bro3 r é à nouveau et bassiné! On recueille ensuite le métal. Jusqu’à ces derniers temps, il n’y avait pas d’endroits où l’or fût éprouvé autrement que par ces méthodes
surannées.
On a mis tant d’espoir et de confiance dans les mines, de Corée que le public ferait bien de se . montrer prudent vis-à-vis des placements de ce. genre. Il faut attendre de connaître les résultats que donneront les diverses; con-
cessions minières actuellement en exploitation, et il faut espérer que ces résultats constitueront une preuve certaine des ressources minières du pays. Le rendement des mines américaines tend à faire croire que ces ressources n’ont pas été exagérées ; mais il reste encore à prouver que l’exploitation des mines peut être conduite avantageusement avec les méthodes et les machines occidentales. Les dépôts où se trouve l’or en Corée sont irréguliers et nullement continus. Cela n’a que peu d’importance pour le mineur coréen. Son outillage lui coûte au plus quelques francs, et il peut facilement transporter son installation à n’importe quelle distance, selon que les circonstances l’exigent. Pour pouvoir installer avec succès les machines occidentales, une organisation différente est nécessaire, et le public veut avoir la preuve qu’il y a dans les environs de la mine une quantité suffisante de minerais pour assurer les bénéfices de son placement. Il reste encore à faire cette preuve pour la mine anglaise ; quant à la mine allemande, elle a abouti à un fiasco. Il est à souhaiter que ces entreprises minières réussissent, dans l’intérêt des indigènes et des étrangers. Elles procurent un travail bien rémunéré à des milliers de Coréens, qui dépensent une partie de leurs gains à l’achat de marchandises étrangères. Toutefois, il n’est peut-être pas à regretter absolument que le gouvernement, à l’heure actuelle, soit peu enclin à accorder de nouvelles concessions.
Pendant notre séjour à Tong-ko-kai, nous passâmes un jour à escalader les montagnes jusqu’à des régions oùj à des milliers de pieds d’altitude, des orpailleurs indigènes creusaient le parement de granit de la montagne pour trouver le roc principal. Nous consacrâmes un autre jour à chasser l’ours et le cerf dans les montagnes.
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était l’ours. Les chasseurs et les rabatteurs se mirent au service de chacun de nous, et nous traversâmes la montagne en suivant un sentier étroit et tortueux qui
passait entre tes plus hautes crêtés. Nous escaladâmes, nous dégringolâmes maintes gorges abritées et boisées, nous jusqu’à ce que les chasseurs nous eussent avertis que approchions de l’endroit où nous de Les rabatteurs disparurent et firent un sieurs li pour battre
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