CHAPEAUX
Le fameux chapeau des Coréens, le point essentiel de leur costume! II varie de forme ou de qualité suivant la classification sociale et les circonstances de l'existence. Les moins fortunés l'achètent en libres de bambou, les gentilshommes en soie de sanglier. Comme forme, il rappelle un peu — ohl de loin — nos tubes, mais il est plus conique avec des bords plus larges.
Quand un Coréen se marie, il coupe ses longs cheveux qu'il tortille en chignon, se
serre la tête avec une bande noire en crins, fixée par un bouton en os, en argent, en or ou en jade suivant sa condition, et se coiffe de son chapeau.
La forme varie aussi : le petit chapeau de cour en forme de mitre, le chapeau hexagonal des maîtres d'école, le petit chapeau en paille blanche que le jeune marié porte pendant deux mois et le large chapeau en paille grossière du paysan et des gens en deuil.
Le deuil est très strict en Corée. Pour un deuil de père ou de mère, on doit, pendant deux ans, suspendre tout havail, même résilier ses fonctions à la cour. On revêt un costume en toile écrue et l'on se coiffe d'un large chapeau en paille, à bords découpés, retombant en cloche sur le
EN CORÉK 97
visage. On tient constamment un petit écran en toile jaune devant sa figure afin de ne pas affliger ses amis par l'aspect de sa douleur.
On raconte une curieuse légende sur l'origine de ces chapeaux. En Fan..., longtemps avant Jésus-Christ, un monarque, illustre par sa sagesse, voyait avec amertume l'inutilité de ses efîorls pour réprimer la violence de son peuple. Il eut recours à la ruse. Il rendit obligatoire dans la rue le port de chapeaux en porcelaine de très grand diamètre et prononça des peines sévères contre ceux dont le chapeau se briserait. La peur de briser leur fragile collfurc rendit les Coréens plus calmes et plus prudents. Les disputes, les bagarres cessèrent. Chacun sentit le
besoin de la douceur et en prit l'habitude. Depuis, le crin a remplacé la porcelaine, mais les manières sont restées graves et polies.