Sorte de navet
nanier. Pour donner aux tissus une couleur noire paie indélébile, les indigènes onl recours à un procédé spécial : ils les laissent séjourner quelque temps dans la boue des rizières.
Quant aux belles laques rouges de jadis, l'industrie en est complètement tombée.
On ne fabrique plus que des objets banals, d'exportation facile, lien est ainsi d'ailleurs dans tout le Japon ; il ny a plus d'artistes, ilny a que descommerçanls. Sous l'ancien régime, un réel artiste était sûr d'être attaché à la suite d'un prince quisubvenait à ses besoins. Il Iravaillait à sa guise, sans souci du lendemain. 11 passait parfois des années à fabriquer un objet, mais, quand cet objet sortait de ses mains, c'était un chef-d'œuvre.
Voilà donc encore un peu de pittoresque qui s'en va. Les derniers vestiges de l'ancien royaume de Riou-Kiou seront bientôt détruits. La race se transforme, les indigènes abandonnent leur langage, leur coiffure, leurs coutumes. Ils se japonisent. A l'instar de leurs conquérants, ils changent de civilisation, ils s'européanisent. Mais dans cette course hâtive et irraisonnée vers une civilisation trop complète et trop nouvelle pour eux, trop différente surtout, leurs besoins augmentent, leurs ambitions grandissent. Ln s'européanisant trop vite, en voulant devenir trop modernes, ils ne songent pas qu'ils perdent le bonheur, leur douce quiétude de jadis.
DANS L'HOKKAIDO
Juillet-août 1903