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Et lo lem[)S marclu» iiniformo et accablani, riiomine et la Lôle cherchant partout la IVaî- < heur, aussi bien au gitc que par les chemins.
Mais après les chaleurs claires et brumeuses, après les orages secs qui altéraient la terre et les torrentielles ondées qui ne suffisaient pas à lui donner à boire, la lumière se met à languir dans le ciel désormais receleur de pluies et de brouillards, de tempêtes blanches ot d'ouragans glacés.
Insensiblement, la température se laisse façonner par l'averse devenue pénétrante et parle ventdésadouci. L'humidité se réinstalle sur les pentes, dans les coins et les creux que le soleil ne . visite plus ; le terrain a fermé ses ger<^ures et^ eh et là, mollit sous le pas ; l'eau remplit de nouveau ses réservoirs, et lorsque s'est accomplie la métamorphose du feuillage, la campagne et son atmosphère, en dépit de leurs derniers charmes, sont contagieuses pour la pensée de ces renfrognements subits et prolongés, de ces tressaillements intimes qui sentent l'approche de l'hiver.
Alors, la grande cheminée commence à se ranimer avec tout sou outillage : elle redevient
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à demi la niche de la flamme, un peu durant le jour et complètement vers la nuit qui, étant déjà plus longue, refroidit maintenant la moiteur de ses ténèbres.
Et puis viennent les frimas ! le transissement s'inocule à toutes choses, et, pour ajouter au deuil de l'espace, un vent de bise ironique inflige aux pauvres feuilles des valscments de folie et des papillonnages de mort.
Des nuages blancs et pluvieux enveloppent le soleil comme des suaires humides en ne laissant filtrer de leurs couches de brume qu'une clarté blafarde et figée.
En fait d'oiseaux, les airs n'ont plus que les corbeaux et les corneilles dont la volée grouillante et serrée figure le déploiement d'un immense drap noir qui remue et qui marche. On voit leurs bandes lugubres s'abattre croassantes et tumultueuses, clapotantes et massives, dans les grandes pièces de terre et sur les plus gros arbres qui souvent prennent la couleur de ces mauvais augures, croque-morts symboliques revenus tout exprès, semble-t-il, pour enterrer le beau temps!
Si peu qu'on sorte, on est saisi d'un trouble
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douloureux empirant à chaque pas ; du premier plan déjà maigre à l'horizon fantôme, l'œil se navre au milieu d'aspects désolés : les plaines dépouillées s'étendent livides, avec le brun des' labours, la pâleur de l'herbe et le vitreux de l'eau morte; éteintes à moitié sous les gisements du brouillard, les vallées sont converties en gouffres d'ombre et de silence ; des flaques baignent le pied des coteaux hâves et dartreux qu'obscurcit au sommet le suintement des nuages.
On participe à tous ces regrets épars de la nature en souffrance; on plaint cette végétation décharnée qui maintient son agonie dans le trépas delà terre ; on s'opprime de son angoisse, on frémit de son horreur: un malaise visqueux naît dans votre âme, tandis qu'un froid rampant vous cherche les os.
Actuellement, une impression morbide se dégage de ces contrées désertes où tout à foison vous représente, vous ressasse des images et des pensées funèbres, jusqu'à cette petite maison solitaire enfoncée là-bas auprès de son étang. Par les belles journées, le regard ne s'en inquiétait guère, maintenant il s'en obsède; sa
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vue attriste le départ, influence la promenade et préoccupe la rentrée : car, oblongue, rectangulaire et très basse, avec un de ses côtés plus large que l'aulre et la faible inclinaison de son toit, elle évoque l'apparition d'un grand cercueil abandonné au bord d'un marécage.
Décidément, il faut renoncer à sortir et se claquemurer chez soi! La chaleur du foyer tiendra lieu de celle du ciel ; on va pouvoir ragaillardir son corps et tranquilliser son esprit. Voici enfin revenue la vraie saison du feu.
Cotte fois la grande cheminée triomphe: elle flamboie souvent, elle reluit toujours, son brasier du soir, si largement alimenté jusqu'à l'heure du sommeil, continuant toute la nuit à vivre sous les cendres qu'il colore de sa rougeur.
Pour le coup, la plaque brûle à en blanchir ! les landiers chaufTent et resplendissent! la pincette justifie son nom! elle est rentrée dans ses rôles et joue le gril au besoin.
La pelle, qui ne chôme guère, travaille à l'envers comme à l'endroit, et le soufflet s'en charge d'épousseter la braise et de relancer la paresse du feu !
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Dès le matin, ou apporte, par brasstîes, la provision de chaufTaii^e pour le jour et la moitié de la nuit ; mélanges de morceaux de bois de chêne, de châtaignier, de hêtre et de charme, les uns fendus, avec ou sans écorce, la plupart entaillés, déchiquetés, sécaillant par lamettes, pleins de nœuds et d'échardes ; les autres, entièrement ronds, ayant gardé sur leur écorce claire ou foncée, lisse ou rugueuse, de la mousse et du lichen, un cordonnet de lierre, un vestige de gui, des semblants de loupe et des résidus de fientes d'oiseaux.
Si le hangar en abrite encore, on ne manque pas de joindre à cette provision des petites souches d'arbustes, des pieds de vigne et de ronce, de buis et de genévriers. Avec le terreux de leur teinte et le hérissement de leur forme, ces racines ont tant de pittoresque dans un âtre rustique ! la gaieté vive et la sûreté de leur brùlement lui conviennent si bien I et puis, une fois entamées par la flamme, ressemblant à de monstrueuses araignées qui seraient lumineuses, elles exhalent si doucement dans leurs vrillons de fumée bleuâtre les bonnes odeurs qu'elles renferment : senteurs de plantes grim-
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penses des ruines et côtoyeuses des ruisseaux, arômes de fleurs des fondrières et des fossés, d'herbes liseronnantes et buissonneuses, vagues relents de mousse humide et de champignon frais éclos, souffles des taillis, émanations des pierres, toute la quintessence des parfums sauvages !
Soigneusement triés, les morceaux de bois les plus verts sont mis debout et en biais, à droite et à gauche, contre les murs intérieur* de la cheminée, afin d'en opérer la complète dessiccation et de leur donner, quand il le faudra, l'inflammabilité de l'amadou. Les autres sont alors disposés sur les barres des chenets par la main subtile qui sait les joindre en leur laissant les intervalles nécessaires pour que l'air du haut puisse avoir le parcours facile et l'immédiate aspiration : une branche de genêt bien sèche allumée dessous, et de suite, en pétillant, le feu monotone reprend sa nouveauté.
Ainsi tous les jours : et devant elle, jusqu'au printemps, la grande cheminée groupe en fer à cheval ses douillets et frileux familiers, qui, laborieux du caprice, ingénieux de la nonchalance, fabriquent diversement de petits ouvrages
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manuels appropries sans peine à l'engourdissement de leur activité. Inoccupés ou travaillottant, ils échangent à mi-voix des paroles placides entremêlées de recueillements distraits et de chantonnantes rêvasseries.
Là, en vérité, les instants de la journée s'écoulent égaux et grisâtres avec une telle douceur que, chaque fois, vous êtes surpris de voir l'heure brune arriver sitôt. On remercie l'hiver de ses rigueurs pour cette quiétude enchantée qu'il occasionne.
Auprès de la grande cheminée, hôtesse des grelottants, toujours accueillante, on aime la torpeur du brouillard et le fourmillement de la pluie, le silence de la neige et le bruit du vent qui vous font savourer mieux encore la si bonne mélancolie de sa réchauffante hospitalité.
Elle sufflt à rindifîérence comme à l'ennui du regard qui la parcourt en détail, descend ici, remonte là, se promène dans les petits paysages du feu et s'arrête volontiers sur l'horizon de suie : car, illuminée par la flamme, grisaillée, bleuie par la fumée qui serpente au
long d'elle, cette muraille, rugueuseraent duve-
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teuse et comme vernissée, reste divertissante malgré sa noirceur. Elle est sourieuse en ses coins, et juste à son milieu semble rire à belles dents avec les crocs pointus de sa volumineuse crémaillère.
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Ensorceleur du froid et de robscurité qu'il escamote et remplace, plus insinuant que l'air son complice, plus contagieux que l'eau son ennemie, dangereux séducteur, bienfaisant perfide, le feu, chaleur et lumière, est le grand élément surnaturel, diabolique par excellence.
C'est lui, cette chose si terriblementardente, tantôt solide, silencieuse et hxe, d'un rouge sans égal, comparable seulement à lui-même ; tantôt lluide, murmurante à la manière du vent, simultanément rampante et droite, oblique et volubile, teintée dans sa pourpre indéfiniment changeante d'un fugace bleu vert-jaune qui varie sans cesse ; tantôt enfin, et le plus souvent, fantôme et matière, flamme et biasier tout ensemble. Aussi prompte à projeter son reflet double qu'en dépit de son avidité elle est longue à accomplir sadévoration chancreuse et pulvé-
risanto ; monstre unique de la beauté la plus précieuse et la plus formidable; charme ou réconfort à distance, déjà repoussante de trop près, barbare de plus près encore, torture mortellement infinie dès qu'elle vous joint et vous enlace.
Pompeux monarque du mouvement et de la couleur, des miroitements et des frissonnances, le feu remue et transfigure l'atmosphère ambiante par la fantastique vitalité de sa répercussion, et son ombre est tellement riche et décorative qu'elle magnifie et solennise les formes, particulièrement celles des êtres humains, les nimbant d'une espèce de vapeur violette, verdàtre et safranée, les noyant d'on ne sait quelle brume de cuivre et de cristal, d'émeraude et de rubis, de topaze et de rose, où elles apparaissent grandies, étrangement surgissantes et découpées, vagues et en relief, empreintes à la fois de mystère et d'éclat, de rêve intense et d'agitation démoniaque.
Il n'a qu'à se montrer, l'énorme peintre ensanglanteur, pour plaquer d'un seul coup avec ses brosses de flammes des fresques écartâtes et ondoyantes sur la muraille des ténèbres ; et si peu
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qu'il se penche îi roriliced'ungoutïVe, ilde'cochc nu plus creux de la profondeur les moindres vibrations de sa somptuosité.
C'est encore lui, l'inévitable irradiant, qui du haut du ciel, criblant les espaces et saturant le vide, mordoré, carminé et vert-de-grisc les nuées et les brouillards, les ondes et les lointains, lustre la vétusté, vernit l'ombre, fait de la gaze aux sept couleurs avec les toiles d'araignées, de l'or avec le sable et du diamant avec le givre.
Personnel ou fabriqué par l'homme, il reste toujours aussi sombrement incompréhensible qu'éhlouissamment constatable : fantasque énigme enfouissant son secret dans le prodige de la splendeur! Assurément, flamme indolente ou braise vive, lueur folle ou tranquille, le feu demeure à jamais surprenant au milieu de l'unif(H"me diversité des êtres et des choses ; fastueux démesuré, pur inviolable, la plus hautaine et la plus extraordinaire manifestation de la vie, il exprime en la subtilisant encore la (juintessence de la grande âme éparse et palpitant dans la création ; il compose à lui seul toute la science et toute la poésie, toute la joie et toute la santé, toute l'opulence et tout le travail, tous les con-
fortables et toutes les délices de l'univers. Il en est le fruit défendu autant que la première nécessité, le magnifique artifice et l'infernale apothéose.
Et comme il se complique et se transforme ! Comme il varie jusqu'aux moindres nuances de sa chaleur et de sa lumière, de l'uneou de l'autre, ou des deux en même temps ! Sans reparler du soleil qui rallume chaque jour sa propre substance pour l'éclairage et le chauffage des mondes, il peut exister, en s'alimentant de lui-même, féroce de brûlement et de luminosité : brusque et aveuglante vipère de la nue, projectile fourbe du tonnerre, vomissement incendiaire et fournaise-avalanche des volcans ; ou bien calme et velouté, n'ayant qu'une scintillation somnolente et froide : opale mouvante et sanguinolence inerte de la lune, or vaporeux ou nacre mouillée des étoiles, farfadet danseur des charniers et des marécages; pendant les belles nuits d'été, convertissant même un pauvre \er immonde en bonne petite veilleuse des herbes qui luit, douce et verdâtre, au rebord du fossé ; ici, âme obscure du caillou glacé attendant le choc du hasard pour en jaillir en étincelles ; là, sournoise haleine.
gaz hypocrite incubant la foudre, grisou des mines, cherchant parmi les caves pointillées de lueurs prisonnières le cas d'une imprudence qui lui fournira son explosion. Hélas! il le trouve tôt ou tard, et la terre noire où dort la houille engloutit les tronçons de ses éventreurs dans les éclats de ses entrailles.
Et puis encore et toujours, occulte et morcelé, informe et invisible, même lorsqu'ayant subi sa chimique préparation, toutes ses parties sont rassemblées par la fusion minuscule des divers corps qui le renferment. A cetétat, il couve encore mystérieusement une vie neutre et expectante, il a besoin d'un frottement pour se produire et d'une pâture pour subsister; proportionné d'ailleurs à cette pâture : délicat et léger autant qu'elle est fluette et impondérable, persistant et fort autant qu'elle est volumineuse et combustible.
Entré dans cette dernière, d'une extrémité ù l'autre, la possédant dessus, dessous, en plein cœur, il prend sa forme et la conserve, insensiblement amoindrie à chaque degré de réduction rouge plus ou moins lente qu'il en opère, et, diminuant de compagnie, tous deux à la
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longue ilisparaissent ensemble, laissant, pour glorifier le néant, le témoignage de la poussière.
Oh! le feu! auquel, surtout lorsqu'il est matière, on ne songe pas plus à toucher que l'on ne pense à saisir une ombre, sa faculté de corrosion si soudainement intolérabledui assurant une espèce dimpalpabililc de la part des êtres vivants qui ne sont que trop bien organisés pour !a soutïrance !
Rongeur instantané, consumant terminal, il dénuderait la terre entière s'il n'était pas soumis à la domination de l'eau ; mais aussi, comme il se venge terriblement, quand elle est incarcérée devant lui, de tout le mal qu'il en souffre quand elle est libre. Dans les chaudières de l'industrie, sur tous les fourneaux domestiques, dans tous les àtres citadins ou campagnards, comme il la fait geindre et râler, comme il la creuse et la distend, la soulève et la contorsionne ! Que de fois il la soumet à sa haine temporiseuse, la dessèche en détail, la dissout petit à petit, traîne en longueur son usure et sa vaporisation dans ses prisons baroques et multiformes de terre, de fonte, de fer-blanc et de
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cuivre : bouilloires mai^rioltcs, braisicres ventrues, casseroles culs-dc-jatte et marmiles janibées !
Il est non moins inollensif en apparence, mais tout aussi scélérat que les réceptacles de ce poussier du meurtre recelant confondues en leur silencieuse immobilité les deux suprO'mes explosions du mouvement et du bruit, et qu'il n'a qu'à frôler de son apparition pour les vider en même temps de leur éclair et de leur foudre.
On le sait perfide, mais on est si routinier de sa douceur qu'on oublie de prévoir l'bypothèse de sa cruauté: son habituelle régularittî couvre son désordre arrivable ; la jouissance ordinaire de ses enchantements superilus peut-être plus que de ses indispensables services, hnit par engourdir peu à peu l'idée qu'il pourrait vous trahir; et pourtant, malgré tout, si complètement qu'on pratique à cet égard une téméraire indifférence, on conserve, sans s'en douter, au fond de cette sécurité trop complaisante, un levain d'inquiétude, un ferment d'alarme, qui deviendront la hideuse panique à la première occasion.
C'est pourquoi, universellement, parmi toutes les grandes réunions qu'il illumine, le feu, ce pire des dangers, est toujours celui qu'on attend le moins et qu'on redoute le plus dès qu'il est signalé.
Ail feu! ces deux mots si électriquement sinistres dégagent soudain, pour tout homme, une telle évocation du plus atroce des supplices, qu'à peine articulés par une seule personne au sein d'une foule claquemurée, instantanément chacun se hérisse d'horreur et se rue vers les portes. Alors, c'est le fourmillement humain convulsionné par le suprême elTroi, la cohue de l'aveugle et sourde insanité qui hurle sa détresse, roule, se précipite et cherche des issues par les tournants d'un labyrinthe. Tous ces corps enragés, rapaces de leur délivrance et exigeant, tous à la fois, le premier rang dans la fuite, au milieu du chaos vivant qu'ils produisent eux-mêmes, deviennent les uns pour les autres d'abominables obstacles qui s'étreignent et se labourent, qui s'écartèlent et s'écrasent. Fausse alerte? Qu'importe I Rien que la peur du barbare élément a donné pâture à la tombe et à la folie. Mais quelle plantureuse moisson
pour la mort si la réelle invasion du icu a justifié tant dépouvante !
Flaireur vorace, grandissant rapide, il n'a pas plus tôt dardé ses premiers léchements qu'il se dilate, s'active et embrasse d'un seul coup la totalité de sa proie. Voici qu'il forme en quelques secondes des embranchements d'énormes flammes, toute une flamboyante végétation qui monte des dessous, tumultueusement torrentueuse comme pour en arracher ses racines de braise. Déjà trop bien alimenté par les tentures et les papiers, les boiseries et les peintures, çà et là, il se renforce à chaque rencontre de chairs humaines, produisant l'efTet de l'huile sur la fournaise qui les dévore. Et puis, c'est l'abîme de plus en plus jaune-écarlate qui pousse et soutient vers le haut de l'édilice le gigantesque élancement de sa houle fourchue, sinueuse et tourbillonnante. Avec des vertiges de colère il fait ronller, mugir et cla- ' quer le bloc élastique de ses vagues ardentes où s'enfourne le bruit sourd des effondrements qu'il recouvre. Et toujours, frénétiquement, il s'acharne davantage, cherchant à illimiter
l'écartement de sa force.
Exaspéré par la résistance du métal brûlé à blanc et de la pierre calcinée à noir, il paroxyse encore sur tous les points de sa geôle la rongeuse implacabilitc de son extermination. Il bouche hermétiquement le vide immense de l'enceinte, s'incorpore aux quatre murailles^ dresse rigidement sa longueur compacte, et, tinissant de crever la toiture, il terriTie la cité qu'il empanache d'un enfer!
Contre ceux qu'il n'atteint pas directement, il a l'énormité de son haleine opaque, de sa monstrueuse fumée noire qui flue et reflue autour de lui comme un déluge de brouillard; et l'horrible chose bouchant à la fois la gorge et les narines, les oreilles et les yeux, égarant le sang-froid, enchaînant le désespoir, ôte à la vie tout moyen de défense et l'engouffre impalpablement dans le remous de ses ténèbres. Elle étouffe à la manière de l'eau profonde, mais combien plus vite ou combien plus lentement! De là, ces deux sortes de morts qu'on retrouve après l'incendie : cadavres assis et debout, pareillement intacts de corps et de costume, mais offrant un si frissonnant contraste par leurs différences de mimique, d'expression et d'atti-