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revoir, dis-je à la femme ; si je ne suis pas revenu à sept heu-
res, ne comptez pas sur moi.” .
Enfin nous arrivons chez ces sœurs de la Charité, Rue Milazzo, près de la gare. On me montre une chambre, grande, haute, propre, parquet en brique, tapis en corde, beau lit blanc, bonnes chaises, un fauteuil, un bureau ; le soleil y entre de huit heures à midi : c’est gai, c’est sain, et, au moment que je vous écris, cet astre bienfaisant me regarde et me sourit à travers mes rideaux de dentelles. La table me paraît bonne. Il y a chapelle dans la maison, Je pourrai y dire la messe tous les jours à six heures, ce qui n’est pas un petit avantage. Jai besoin de silence, et je suis hors, ici, de la partie des affaires, dans la Rome neuve, bien "bâtie, propre comme Paris. Il me faut ‘être discret, et je suis loin des questions inopportunes contte lesquelles il est difficile de se garer continuellement quand on vit au milieu d'elles. Cette pension coûte bien un dollar et soixante centins par jour, à part le blanchissage et
certain petit casuel ; mais c’est aussi bon marché que partout
ailleurs.
Voilà pour les avantages. L’inconvénient est que je suis un peu loin du centre de la ville. Cependant des omnibus passent à la porte tous les dix minutes. A pied, vingt minutes, une demi-heure tout au plus, me conduisent à la Propagande, où j'aurai affaire ; et je n’y aurai pas affaire tous les jours. Enfin, il n’y a pas de médailles sans revers. Seule l’expérience dira si je suis bien tombé ; si oni, j'y resterai ; si non, je me transporterai ailleurs.
Üroyez que votre lettre du 13 qui m'attendait chez M. Cousineau m'a fait plaisir. Merci des petits détails que vous m'y donnez. Vos cartes postales ne me sont parvenues ni à New- York, ni au Havre. Je suis touché de votre attention. La tempête a fait bien des dégats sur mer et en France, nous ne nous sommes pas trouvés sur son passage, Que la mère se console. Qu'elle n'ait pas peur, sl sait bien que je suis né sous une bonne étoile,
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y" Rev ” Si l’occasion s’en présente, remerciez les bonnes âmes qui ont prié pour moi. Dites-leur, que, porté. sur les ailes de leurs prières, j'ai échappé à la tempête aui faisait des dégâts
* devant moi, derrière moi, autour de moi. Maintenant je leur
recommande le succès de ma mission.
Je m'arrête. Voilà qui n’est pas mal pour un premier coup de plume. Je vais sortir pour commencer à mettre en mouvement le char de mon affaire, A Rome tout va lentement, il ne faut pas se presser, et surtout ne pas presser les autres. C’est le lieu de la prudence, de la lenteur et de la sagesse. Je suis bien décidé à être, sinon sage et prudent, du moins lent; et de ne mettre le pied sur un terrain qu'après l’avoir longtemps sondé d’avanre Je pars pour aller donner un coup de sonde...
00000 00000 00000000 000000 000000 00000000 2100000000 : LLRLELELENEELLLLT]
Avant de me coucher, je viens faire un bout de jasette avec vous; ca me récrée, pourvu que cela ne vous ennuie pas trop.
—En me rendant au Collège Canadien, je passe devant les Thermes de Dioclétien. On appelle ainsi de vastes constructions, élevées par les anciens Komains, pour permettre à la population de prendre des bains. Ceux-ci furent bâtis par les premiers chrétiens, condamnés à cause de leur religion aux travaux forcés. [ls mesuraient 18000 pieds carrés et pouvaient accommoder à la fois 3000 baigneurs. Il n’en reste plus que des ruines, curieuses, vastes, assez étendues pour être traversées par deux rues, et renfermer nombre d’édifices.
Uue des salles de ces bains a été transformée en une église, Ste. Marie-des-auges, une des mieux inspirées de Rome pour faire ressortir, parle jeu de la lumière, la beauté, la variété des marbres de toutes couleurs, et la splendeur des tableaux. Pour ceux-ci on à tout dit, quand on apprend qu’ils viennent pour la plupart de St. Pierre du Vatican, où ils ont été rem-
placés par des mosaïques, L'église forme une croix, un des bras
se termine par la belle chapelle de S. Nicholas, restaurée par Pie IX. Comme dans toutes les églises de Rome, les, murs parlent des grandes ‘hommes, des artistes ou des saints qui y sont inhumés ou qui y ont leurs statues. Ici quelques inscriptions par leur brièveté et leur leste vous empoignent :
Virtute vixit, Memoria vivit Gloria vivet.
Sa vertu a vécu, sa mémoire vit, sa gloire vivra ?
Cependant cette traduction ne rend pas toute la force du latin.
Corpus humo tégitur Fama pér ora volat Spiritus astra tenet.
“ La terre couvre son corps, sa renommée vole de bouche en bouche, son esprit habite les cieux.”
. C’est dans cette église que se trouve la statue de S. Bruno, colossale, belle, vivante, Un pape disait : “il parlerait, si sa règle ne le lui défendait.”
Je fis un petit détour pour voir Ste. Praxède, fille de St, Prudent, qui reçut St, Pierre dans sa maison, Au milieu de la nef, se trouve un puits en marbre qui indique la place où Ste. Praxède recueillit le sang des martyrs. Une statue la représente, les mains rougies, tordant des linges dégoûttant de ce sang qu’elle avait recueilli dans l’arêne. Cette église renferme une autre relique précieuse, la colonne à laquelle fut attaché! le Sauveur pendant la flagellation. Elle est dans une chapelle fermée, je dus payer le sacristain pour me l'ouvrir, Je vous envoie la photographie de cette colonne, ainsi que la prière à la récitation de laquelle Pie IX a attaché cent jours d’indulgence. Récitez-la au moins une fois à mon intention,
Bonsoir, bonne nuit. Nous allons dormir dans un bon lit;
Sain mair insC Vire Prax
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Sainte Praxède, elle, dormait sur une pierre que l’on voit maintenant enchassée près de la porte de son église, avec cette inscription : “ Sopra questo marmo dormiva la santa Virgine Prassede. Sur ce marbre dormait la sainte vierge Praxède.”
Vendredi, 31 janvier.— A neuf heures je partis pour aller chez le cardinal Vicaire, à pied, sans guide, n'ayant d’autre ciceroue qu’une carte de la ville de Rome. J'ai pour me conduire à travers le dédale des rues et ruelles un instinct comme le sauvage à travers les fourrées de sa f-rêt, soit dit sans orgueil, c'est un dou bien matériel que le chien possède à un bien plus haut degré encore. C'était loin. Me trouvant embarrassé, j'arrêtai dans une église pour étudier de nouveau ma carte, C'était l’église Saint André della Valle,
Au milieu d’une foule de tableaux, je remarquai surtout ceux qui traitaient du saint patron du lieu. 1o Saint Jean Baptiste qui dit à Saint André, lui montrant Jésus : ecce Agnus Dei ; 20 la flagellation de Saint André ; 30 la vocation de St. André et de St. Pierre. . Il ne faut pas oublier que c’est André, qui décida la vocation de Pierre, en l’entraînant à sa suite, disant ; nous avony trouvé le Sauveur ; 40 St. André qui aperçoit et vénère lu croix de son supplice : “ O croix tant désirée, tant aimée, enfin je te possède.”
Je vis sur ma carte, tout près, le palais des Massimi et je me rappellai alors que dans cette maison il y avait une chapelle dédiée à St Philippe de Néri. J’eus envie d'y arrêter : “ Non, me dis je, les affaires avant le plaisir. Pendant que je m’amuserai à regarder, le cardinal peut partir, et je puis perdre ensuite un temps précieux ; mais au retour, si j'ai le loisir.”
Au retour, j’entre dans le haut vestibule de ce vaste palais, Personne. Je prends le large escalier en marbre. Personne. A chaque détour je me trouve en face d’un tableau, d’une statue, Les Massimi sont une des plus grandes, des plus considérables | et des pius anciennes familles de Rome. Ils prétendent des-
cendre en ligne directe de Fabius Maximus Cunctator ‘“ le
Temporisateur ”, 4ui sauva Rome antique des armes d’Annibal. Aussi ils ont écrit sur leur blason : cunctando restituit, — en temporisant il a tout rétabli.” Je monte deux étages. Personne. Une porte donnait sur une galerie longue, large, planant au-dessus d’un parterre ; un homme se présente. ‘ Excusez, monsieur ; mais lé portier n’était pas à sa loge, et je suis entré. — Le portier est absent, qu'y a-t-il à votre service ? ” et cela dit du meilleur français du monde.— “ On me dit quily a dans ce palais une chapelle dédiée à St Philippe ; étranger à Rome, j'aurais été heureux de la visiter — Ce désir me fait plaisir. Entrez, je vais vous y conduire, je suis un membre de la famille.” Ce monsieur pouvait avoir trente ans, joli tout-à fait, et paraissant heurenx de me montrer son trésor,
Nous traversons plusieurs salons, et nons arrivons à une chambre toute tapissée en marbre avec trois autels ; et au-dessus de l'autel principal se trouve un tableau réprésentant St. Philippe dans l'acte d’un miracle qu'il accomplit, Quel est ce miracle, en vérité je l’ignore.— Voici, reprit le jeune monsieur. Un des enfants de cette maison était à la dernière extréinité.
Le père, veuf, désolé, courut chercher le saint qui ne demeu- dans rait pas très loin d'ici. Il était à dire sa messe, et quelquefois at son eéxtase durait longtemps. Il arriva trop tard, l'enfant était Cett mort. Il le prit par la main, et le ressuscita, “ Aimez-vous mieux, bijo: lui dit-il, rester sur Ja terre, ou retourner au ciel d’où veus VUS venez, avec votre mère. — Retourner au ciel, dit l’enfant.— mar Eh bien, dit le saint, repartez,” l'enfant mourut de nouveau. FT Ce miracle, ajouta le jeune monsieur, au procès de sa cano- are nisation, lui fut compté pour denx, ” a Puis mon noble cicerone me conduisit à la sacristie, où il me fit voir les ornements et les vases sacrés, qui sont d’une grande richesse, les bouquets qui surpassent.les nôtes, un buste de J St. Philippe, et la porte par laquelle entra lé saint quand il se dans ren . dans la chambre du miracle, Je partis enchanté, lais- telle sant ma carte à ce gentilhomme pour lui rappeler que son ora- vais
toire avait été visité par un sauvage de l'Amérique.
\nnibal.
l, — en Personplanant xCuSez, is entré.
et cela qu'il y à ranger à me fait membre ans, joli ‘ésor.
ns à une ; au-desitant St.
el est ce 1onsieur, trémité.
» demeuelquefois ant était s mieux, 'où veus nfant.— ouveau.
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pù il me ne granbuste de nd il se té, lais-
son ora-
Sortant de chez M. Captier, procureur de St Sulpice à Rome, et revenant à Villa della Presentazione, j'aperçus écrit au-dessus d’une porte : Indulgence plénière à gagner. ‘“ Entrons, me dis-je, ét récitons ici notre bréviatre, et nous gignerons cette indulgence.” Une image était exposée au-dessus du maître-autel, dans une niche, au milieu de lumière, A la voûte le rond-point est occupé par une fresque, où la perspective-s’étend à plusieurs milles dans la campagne, tableau d'une bataille. Plusieurs femmes priaient. Je demandai à une d’entre elles :
« Quelle est cette église”. Elle ne put me répondre, ne parlant que l'italien, “ Venez ici, reprit sa troisième voisine, je vais vous le dire, ”. Celle-la parlait … comme vous, français. “ C’est l’église de Notre Dame de la Victoire. Cette image est miraculeuse, Portée À le tête de l’armée, elle fit gagner aux Iinpériaux la bataille de Prague,en 1620, C'est en mémoire de cette victoire qu'a été peint ce tableau dans la voûte au-dessus du maître-autel. Priez pour moi, monsieur, et je prierai pour vous. — Merci, madame. ” Cette chapelle de Santa Maria della Vittoriæ est un vrai bijou du plus beau marbre, propre, elai, luisant, brillant. Dans une des chapelles, un ange en marbre réveille St Joseph en marbre, pour lui dire de partir pour l’Egypte, c'est d’un fini à croquer, : En face se trauve le fameux groupe de Ste Thérèse par Le Bernin, représentant un ange un dard à la main, qui inflige au cœur de Ja Sainte, renversée par l’extase, une bles. sure d'amour dont elle souffrit toute sa vie.
Je m'étais assis pour dire mon bréviaire. Je sentais au-dedaus de moi-même un tel contentement, une telle douceur, une telle joie dont je ne connaissais guère la cause, que je ne pouvais tenir mon esprit au sens de la prière. Etait-ce un pres-
sentiment ?.. dans tous les cas, je remerciai Dieu de ses bontés, et rentrai chez moi,
ma cor cro dr + to
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A peine étais-je monté à ma chambre, qu’une sœur me remit un paquet de journaux... Ce n’est pas le plus beau... une carte de M. Desjardins, qui vient d'arriver à Rome, pas encore le plus beau. et une nouvelle Tettre de vous. Ah! nous y voilà. Une lettre bonne, longue, qui dit beaucoup de nouvelles, qui dit des riens charmants, qui parle de ma mère, qui parle ue St. Lin, de mes paroissiens que j'aime, de mes amis, de toutes sortes de choses. Continuez à m'écrire, dans le gnême genre et dans le même style. Mettez bien au haut de la page ou de la lettre le quantième ; cependant si vous perdez un jour, je vous le pardonnerai…
rie said
n0 mu tou
Que le bon Dieu vous bénisse, vous protège ; qu’il soit votre tait tout et votre récompense ! mir
Ve dan Samedi, 1 février. — Ce-matin à 8 heures je partis pour À} rer rencontrer le Dr. Desjardins,-délégué de l’Ecole de médecine. inst Il convient d’arranger nos cartes, Je me rendis donc au No. pos 36, via del Tritone, où il loge. Il-était sorti avec sa femme part ( car madame Desjardins à accompagné son mari en Europe, prit ! surtout pour venir voir deux de leursenfants qui étudient à ® dl Beauvais, France ), T1 devait rent:er seulement à onze heu- sibi res et demie. ‘“ C’est bien, me dis-je, en attendant je vais aller sait réciter mon bréviaire à St, André-del-Fratte”, petite église que fun j'affectionne, et où j’allai trois fois, lors de mon premier voyage | vie, à Rome, Jugez de ma surprise, en entrant, d’apercevoir M. pla Desjardins, en compagnie de sa femme, assistant pieusement à une messe qui se disait à l’antel de la Vierge miraculeuse. Il À vint me serrer la main, et retiré dans un coin, je récitai mon gTai office, Nous nous donnâmes rendez-vous pour 104 heures à du la'rue Tritone, ou plutôt il:fut convenu que M. Desjardins ruel
bon-
remit e carencore ous y Ju vele, qui amis, e gmêde la »erdez
votre
viendrait me prendre à l’église vers cette heure-là, pour nous rendre ensemble à sa pension.
Resté seul, j’examinai l’église. Elle n’est pas extraordinaire, mais elle est pieuse. Les trois tableaux du chœur nous racontent la fin de St. André, sa mise en croix, sa mort sur la croix, et sa sépulture. Surtout j'aime la deuxième chapelle de droite, où se trouve le tableau de Marie Iminaculée, les mains tournées vers nous, avec des rayons de grâce qui descendent jusqu’à terre. C'est devant cette image qu’eut lieu Ja célèbre conversion du juif Ratishonne. Lisez cette histoire touchante, racontée par Louis Veuillot, dans le Quart d'heure pour Marie, qui est dans ma bibliothèque. Tous les détails en passaient devant ma mémoire avec un charme indicible.. Bon nombre de tombeaux ou de pierres sépulcrales tapissent les murs de cette église, laissant lire de jolies inscriptions, si bien tournées. Une entre autres m’intéressait, parceyw’elle racontait, dans un langage brief, les mérites d’un homme que j’admire, Les premiers mots se lisent comme suit : ‘“ Ludovicus Veuillot cujus nomen posteritas admiratur, improbi reformidant, Non sibi se natum duxit, sed rei christianae et publicae mentem acrem celeriter multa arripientem eloquentiae armis instruxit. A Louis Veuillot dont le nom est admiré par la postérité, et craint des méchants. Il ne crut pas qu’il s'appartenait, mais, pour le bien de la religion et de l'Etat ; son esprit vif acquit beaucoup en peu de temps, et s’arma des armes de la parole, etc, etc,. ” J’aime surtout ces expressions : non sibit se natum duxit, ce qui veut dire mot à mot, “ il ne pensait pas qu’il était né pour lui.” C’est une pensée qui est funeste au repos, et qui ne permet pas les jouissances de la vie, à moins qu’on n’en jouisse comme en courant, et qu'on ne place plns haut son bonheur et sa jouissance.
Au sortir de chez M. Desjardins, comme j'avais toute la grande après midi devant moi, je résolus de pousser une pointe du côté de Saint Pierre du Vatican. Je m'engage dans des ruelles étroites, sinueuses, grouillantes d’Itaiiens et d’Italiennes
babillardes, via del Colona, del Capelle, del Caronari, et j'arrive Ë au pont Saint-Ange, Le Tibre roule ses flots, dorés, disent les prie les poètes, et les prosateurs comme moi ses eaux sales et boueuses. Il peut être larce comme la Rivière du Nord au guet printemps ; et dire que ca été chanté dans des poëmes épiques, pied c’est à rendre jaloux tous nos ruisseaux à l’eau claire et lim- énor pide: Cependant il faut avouer que du temps d'Horace et de ferm
Virgile, le fleuve était plus considérable ; les vaisseaux ie re- Cou montaient jusqu’à Rome, tandis qu'aujourd'hui ils doivent L cript s'arrêter à son embouchure, à Ostie. Le déboisement des sida
montagnes a diminué la fécondité de ses sources. pole
cette
Donc je me trouvais en face du Château St. Ange, colossal aux f mausolée,que l’empereur Adrien fit ériger pour lui et ses suc- tel, a cesseurs. Là furent enterrés les empereurs depuis Adrien jus- cette qu’à Septime Sévère. Il servit plus tard de forteresse. C’est dans à son sommet que, pendant une procession pour demander la deux cessation d’une peste, apparut un ange, mettant l'épée au four- expre reau, en disant ces paroles : Regina coeli lœtare, alleluia. 89 la Au même endroit j'aperçois dans les airs un ange en bronze, qui trade est dans l’acte de mettre dans son fourreau de bronze son épée niche de bronze. Vous ne pouvez faire un pas à Rome sans soule- laque ver le souvenir de quelque fait historique intéressant. porte: litani
Je n’entreprendrai pas aujourd’hui de vous décrire la place autre de St Pierre, la basilique incomparable, et les sentiments qu’el- ! Dè Je fait naître, même chez ceux qui, comme moi, la voient pour cardit la quatrième fois. C’est vaste, grandiose, éclairé d’en haut, d'hui, gai, luisant, propre, brillant, riche, simple, imposant ; O quam costul - metuendus est locus îste ; vere non est hic aliud, misi domus ! six he Dei, et porta cœli. O que vénérable esi ce lieu, ce ne peut |! mon être que la maison de Dieu et la porte du ciel. É Props | améri
J’y reviendrai, quand mes loisirs seront plus longs, et je a ride vous en reparlerai. D piset
rrive t les es et d au
ques, limet de e revent des
lossal | SUC= à jus- C’est ler la fourluict.
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épée soule=
place w’elpour haut, um oOMm'US peut
et je
| mn dc Aujourd’hui je voulus voir le tombeau de St, Pierre et y prier.
La coupole à 130 pieds de diamètre, presque la longueur de l’église de St, Lin, le rondpoint à l’intérieur est à 370 pieds du sol. (Cette coupole est supportée par quatre piliers énormes, qui ont 220 pieds de tour, et dont les niches renferment des statues de 16 pieds de haut. La voûte de la coupole à 16 côtés en stuc doré, et sur la frise, on lit l’inscription : Tu es Petrus et super hanc petram aedificabo ecclesiam meam, et tibi dabo claves regni cœlorum. Sous la coupole est un baldaquin (celui de Ste. Thérése donne une idée de cette disposition si on peut comparer les petites choses aux grandes) ; sous ce baldaquin se trouve placé le maître-an tel, ou le pape seul dit la messe, les jours de grande fête, Sous cette autel se trouve le tombeau de St. Pierre. On descend dans le caveau par un double escalier en marbre, entre les deux branches duquel prie à genoux la statue de Pie VI, d’une expression de piété indéfinissable. Le tombeau est entouré de 89 lanrpes allumées. Pour un franc je me fis ouvrir la balustrade en fer, et je passai un quart d'heure agenouillé devant la niche qui contient le sarcophage du saint, qui est la pierre sur laquelle Jésus a bâti son église, tête-à-tête avec le tombeau, les portes en bronze doré ayant été ouvertes. Comme dans une litanie, je nommai là tous mes amis, les uns après les autres.
Dès le premier jour, j'avais envoyé mes lettres et ma carte au cardinal Simeoni, lui demandant une audience pour aujourd’hui, je n’en aurais pas voulu avant, parceque je n'avais pas de costume. Je reçus une réponse favorable. Et ce soir à six heures, avec ma soutane romaine, mon manteau romain et mon chapeau romain, en grand style enfin, je partais pour la Propagande, Je fis anti-chambre une demi-heure, un prêtre américain passa avant moi. J’attendais dans un salon qui a rideaux rouges, fauteuils rouges, chaises rouges, sofa rouge, ta-
pis et tapisseries presque entièrement rouges, et de plus sur la