RE VOOR D RU PPT RU QUI
ms 08: re
homme, en quelque sorte dépouillé des liens de la chair, vit par la volonté ; et la tête, l'intelligence en lui, toujours de plus en plus forte, toujours jeune, survit à des enveloppes corporelles qui s’en vont, ou plutôt les soutient et les ressuscite.
Le service fut chanté, fut enlevé par un chœur nombreux, Inutile de dire que c'était beau. Un jour le roi Henri LV, après avoir entendu raconter une action d’héroïsme, disait : “ Pendstoi, brave Urillon, tu es surpassé.” Et moi je dirai : “Pends-toi, mousieur Polycarpe, tu es vaincu.”
Le Saint Père chanta l’absoute. Il cireula par toute l'assemblée comme un courant de solennelle majesté. La voix du pape est forte et tremblante. Quand il étendit la main pour faire le signe de la croix sur le drap mortuaire, il y avait dans le mouvement quelque chose de vaste que n’ont pas les autres évêques : le successeur de Pierre, de son geste, embrasse le monde,
Je sortis à midi et quart, content de mon avant-dîner, Je pris un crmnibus à la Place de St.-Pierre qui me déposa à la Place de Venise ; de là je sautai dans un petit char urbain, qui me transporta à la Place des Thermes, à cinq minutes d'ici ; le tout pour six sous, j'avais traversé Rome dans toute sa largeur, ayant pris quarante minutes. J’aurais pu faire ce chemin à pied en une heure ; mais comme j'avais l’estomac vide, cela m'aurait fatigué, Et quoi qu’on en dise, je sais prendre soin de moi.
Samedi, 8 février, — Je n'ai pas oublié que ma première visite à Rome avait été pour celle qu’on honore à Ste-Marie Majeure, et que là, dans la simplicité de mon cœui, j'ai mis mes affaires sous sa protection, A la suite du succès de cette semaine, je lui devais une autre visite, celle-ci de remerciement. Après dîner, un peu fatigué, ayant été plongé tout l'avant-midi dans le dépouillement et les réponses de ma correspondance accumulée, je fis une marche du côté de cette basilique. J’en profitai pour la visiter dans tous ses détails, le livre d'explications à la main. Impossible de tout vous décrire, alors ne décrivons rien.
r, vit rs de 8 COTascite.
breux.
, après endsds-toi,
1886 Mix du | pour t dans autres isse le
ce vide, brendre
e visite ajeure, affaires e, je lui Ÿ dîner, S le déulée, je pour la
main,
A us
Je rentre de chez le cardinal Simeoni, pour la cinquième fois, Son Eminence m'avait dit de revenir ce soir, afin de me montrer la lettre qu’il envoie à Mgr Fabre. C’est superbe. £!le couvre toute l’étendie de mes ceux premières demandes. J'ai profité de cette visite pour donner de nouvelles explications que Son Eminence à paru goûter, 11 a des manières toutes paternelles. La bonté joue un grand rôle dans le règlement des choses humaines,
Vraiment la chance me poursuit. Demain ont lieu à St, Pierre du Vatican, ne dans le vaste vaisseau, mais dans une chapelle au-dessus du portique les cérémonies d’une béatitication, l’avant-rmidi à 10 heures, et l'après-midi à quatre heures. N’a pas des billets d'admission qui veut. J'ai été assez heureux pour cu recevoir deux. Le premier se lit comme suit : “ZL Signor Proulx, Vice-Rectore, dell Universita Laval in Montréal potra intervenire allu ceremonia della solenne Beatificazione, Dominica 9 febbraio, alle ore 10 ant. Il prisente biglietto e personale. L'ingresso sara dul portone di Brinzo e per la scala Regia—{(signée) Postululor generalis congregationis Oraltorii”’ Vous n'avez pas besoin de traduction, votre connaissance de l'italien et du latin est assez forte pour vous tirer d'affaire.
Le second billet est conçu dans les mêmes termes et griffs de la même signature, excepté ce qui suit: ‘“Z signori in fruck e cravuta bianca. Le signore in abito nero et velo in testa. Quinta tribuna « sinistra entrando.” Ce qui veut dire : les messieurs en habit à queue et avec cravate blanche ; les dames en habit noir et le voile sur la tête, Ciuquième tribune à gauche eu entrant.
J'ai recu votre lettre du 16 janvier, dans laquelle vous m'annoncez que tout le monde est bien. “Caroline est malade, Alphonsine tousse, Moïse pleure disant qu’il à la grippe.’
1] hi |
fl Î| juil | !
Lo
J'ai bien ri en lisant cette preuve des prémisses. Pour un
professeur de logique oratoire, c'est fort. Il est vrai que vous veniez d'écrire que vous cogniez des clous.
Voici une bonne journée de passée où j'ai abattu bien de la correspondance. Ce n’est pas la vôtre qui me coûte le plus cher, car sur ces pages la plume parle de l’abondance du cœur. Vous griffonner ces lignes m'est un délassement, c’est pour me refaire la main ;avec les cardinaux je prends une plus belle écriture, Dites-moi ee que vous préférez, : des pattes de mouche étendues sur un grand nombre de pages, ou une belle calligraphie resserrée en quelques lignes : je ferai ce qui vous sera
agréable, Et, long ou court, je vous consacrerai ma demi-heure
mes trois quarts d'heure, et même mon heure, quand les cir- k constances le permettront. Pour vous, vous ne sauriez m'’é- sec crire trop long. Il ne faut pas dire : Je ne veux pas vous dé- * avd ranger dans vos affaires, comme si cela prenait un temps bien ent considérable pour lire une lettre. Cependant il ne faudrait mai pas vous fatigier, ni nuire à aucun: de vos devoirs. Mais, les
n'est-ce pas presqu’un devoir de faire luire par la fenêtre J de mon exil lointain, un rayon de soleil du pays. Notre vrai et € pays, c’est le ciel, et voilà pourquoi Dieu nous envoie de temps grif en temps, toujours, des rayons de grâce pour nous réchauffer,
nous réjouir, nous consoler, nous soutenir ; nous ne pouvons jet peiner du matin jusqu’au soir, s’il ne vient pas des moments d'A de répit. Les quarts d’heure de répit que je passe dans mes vir
conversations d’outremer avec des personnes qui me compren- mot nent, me rafraîchissent l’âme et me fortifient l'esprit pour don: le jour suivant. Est-ce un temps perdu ? l'ennui, le dégoût, et À ne.
l'indifférence vague m’en feraient perdre bien davantage, Ce que n’est pas pour rien que Dieu sème les roses au milieu une des épines du chemin. Il est dix heures, je m'arrête, vous | laet allez dire que je commence à rêver. Mais les patriaches et les et le prophètes ont souvent trouvé la vérité en rêve. Toujours est-il Pan que j'abonde de paix et de contentement intérieur. Que priez le même Dieu qui m’enveloppe ici de ses miséricordes, vous la ci
inonde là-bas de ses délices, de ses croix qu’il fait bon de por- faire
ir un > vONS
de la > plus cœur.
ur me | belle > MOUle calns sera -heure les cirz m'éas dé- 8 bien audrait Mais, fenêtre e vrai tenips hauffer, puvons bments s mes nprent pour oût, et e, Ce milieu , Vous et les N est-il Que vous le por-
ter, de ses patiences longues et de 5es souffrances résignées plus douces au cœur que les joies fugitives d’un monde
qui n’est autres chose qu’une ombre et un simulacre de réalité. Donc, bonsoir !
Plusieurs paroissiens de St.-Lin écrivirent à leur curé pendant son séjour à Rome. Il se fit une habitude et un plaisir de répondre à tous. dJ’insère ici, et plus loin, quelques-unes de ces réponses, que j'ai
sous la main, Elles ne pourront que complèter ce journal, et lui donner de la variété.
A Demoiselle A. L. … Ma chère enfant, Ta petite lettre m'a fait grand plaisir. Elle est bien dite, elle a du style ; ainsi en ont tous ceux qui écrivent ce qu'ils pensent, naturellement, sans recherche ni enflure,
Je n’ai eu que du beau temps, pendant que le vent vous secouait à St.-Lin ; et j'ai passé entre deux tempêtes, une en avant, l’autre en arrière. Cela m'arrive quelquefois de passer entre le zist et le zest. La traversée a bien été un peu houleuse,
mais pour la saison la mer nous a été bonne, Du reste toutes les mères sont bonnes.
J'ai été plus sage que toi ; aussi je suis plus avancé en âge et en expérience, et je me suis bien donné garde de me laisser gripper.
Merci pour les nouvelles que tu me donnes. En échange je t'envoie le Château St.-Ange. Il s'appelait autrefois le môle d'Adrien, parceque cet empereur l’avait fait bâtir pour lui servir de tombeau, Voici ce qu'on lit dans les livres presque mot à mot. L’an 590 la peste ravagea Rome. Le pape ordonna une procession, lui-même portait la statue de la Madonne. Le cortège traversait pieusement les rues désertes, lorsque en face du mausolée d’Adrien, on entendit dans les airs une voix angélique qui prononçait ces paroles : Regina cœli lactare, alleluia, et les deux versets qui suivent, Ie Pontife et le peuple s’agenouillèrent pénétrées d’un saint respect, et le Pape Grégoire inspiré s’écria : Ora pro nobis Deum, alleluia, priez pour nous, alleluia, en ce moment un ange, se posant sur la cime du mausolée, remit une épée dans son fourreau, pour faire comprendre que l'Eternel mettait un terme aux maux qui
E ie énmtiséisnantéinenmmiintinimitititintntnnintt
Pa 72 —
désolaïent la ville. En effet, au moment même, la peste cessa.
et ceux qui en étaient atteints furent guéris instantanément.
Pour perpétuer le souvenir de cette apparition miraculeuse, Bo-
niface IV érigea au hant du mauscolée une chapelle qu'il dédia
# à St-Michel et qu’on orna plus tard de la statue de cet archange. Et puis voilà !
\J Maintenant pour ce petit bout de narration, tu vas te trouver obligée, mais non pas sous peine de faute grave, de réciter à mon intention le Sulve Regina, combien de fois, je laisse cela à ta discrétion,
Ici je pensionne dans un couvent, Ainsi me voilà devenu, non-seulement comme toi, demi-pensionnaire, mais pensionnaire tout-à-fait. Console-toi, samedi dernier, je n’ai pas eu le ruban, moi nor plus. Tu salueras pour moi M. et Madame L... et crois-moi, etc.
Dimanche, 9 février. — Me voici revenu au crayon de mine.
Je vous écris de la Quinta Tribuna, dans la chapelle Er au-dessus du portique de St.- Pierre ; et je n'ai pas apporté mon avec encrier jusqu'ici. dans Ce matin, à 9 heures, je prenais le tramway pour la Béatifi- quart cation du bienheureux Ancini. Je montais le long escalier je n'e royal, suivant les flots d’une nombreuse population qui s’écou- c'étai laient enmontant. J'arrive dans une vaste église, car c'en est ce qu une, sans chaises ni bancs bondée d’une foule lebout. J'étais très À cent pieds de la balustrade. J’entrepris de m'y rendre ; m'en aussitôt qu’il se faisait la moindre fissure dans cette masse hu- malal maine, je m'y introduisaiss Mes compagnons regardaient côté : à aroite à gauche, je ne regardais qu’en avant. Lorsque } dubi je devenais un coin de fer qui serrait trop les deux murs laté- secon raux composés de chair humaine, je m’arrêtais un moment, rière pour reprendre un peu plus tard. La persévérance vient à Juvé bout de tout, Quand l'office commença, j'étais au premier ladie rang appuyé sur la balustrade en marbre. Et venez me délo- vissir ger, maintenant, ris du nem,
nent.
, Bodédia chan-
trouéciter laisse
venu, nsion- | eu le adame
mine, rapelle 6 Mon
Béatifiscalier 8'écou- ’en est J'étais endre ; se hudaient orsque s latéoment, ient à remier
délo-