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C’est ur plaisir de marcher sur une belle route, er tomupagnie d’anciens amis, par un beau soleil, une température du mois de mai, Le temps est d’un beau solide. Depuis quinze jours, ik n’a plu que deux fois, et encore pas longtemps. Cependant ce matin il y eut grand émoi dans la ville. Il y avait gelé pendant la nuit, et la glace pouvait avoir l'épaisseur d’une feuille de papier. Une personne à qui je parlais de notre glace de trois pieds d’épais, me rit au nez, et partit convaincue que je voulais Jui faire une histoire.
En revenant, du tramway nous saluâmes la petite chapelle, qui désigne l’endroit où St. Pierre et St. Paul, marchant au martyre, se séparèrent,
Le carnaval est commencé à Rome.
Les bureaux sont fermés en général ; les classes suspendues. Les affaires chôment. C’est congé général d'ici après le mercredi des cendres. Quand même je voudrais pousser mes affaires devant la congrégation, ce serait inutile, tout le monde se repose. Bousoir !
Demoiselle Annie M.-— Ma chère enfant, j'ai reçu ta petite lettre, toute pleine de nouvelles. C’est comme cela qu’il faut toujours écrire, Quand on est loin, on aime à savoir ce qui se passe chez ses amis, dJe te félicite d’avoir obtenu un ruban, et un vert encore, Il ne te manque plus qu’un shamrock. Si je passe par la gem of the sea, par l'Irlande, en m’en retournant, je t’en appoiterai un,
Je vous remercie toutes, vous qui chantez le cantique à Marie, vous voyez que vous êtes écontées, Le ciel écoute toujours les cœurs purs. L'étoile de la mer m'a obtenu bonne traversée, bon voyage, et bonne santé (C’est bien, continue d’intéresser Saint Patrice à l'aflaire, Saint Patrick is a great saint, Il aime toutes les filles de la Verte Erin, surtout celle qui tire un pen sur le rouge.
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Je t'envoie une image, le vrai portrait de la Saiute Vierge, peinte par Saint Luc, qui l'avait connue. En retour je te demande de me dire un Ave Maria, devant la statue de Notre Dame de Pitié, donnée par ta mère. J’ai rencontré ici, pas loin de ma pension, un glorieux souvenir irlandais, le cœur d’un grand homme, et ce qui est mieux, d’un grand chrétien, de Daniel O’Connell. Il est conservé dans, l'église de Ste. Agathe, desservie par les prêtres du séminaire irlandais, qui y est attenant. Le basrelief du monument représente le fier patriote, paraissant au parlement après sa première élection, et refusant de prêter le serment d’allégeance, qui fut aboli, grâce à ses efforts, en 1829, par l'acte d’émancipation des catholiques. Voici comme se lit l'inscription : “This monument contains the heart of O'Connell, who dying at Genou, on his way to the Eteral City, bequeated his soul to God, his body to Zreland, and his heart to Rome. He is represented at the bar of the British House of Commons 1829, when he refused to take the anti-catholic declaration in the remarquuble words : T at once reject the declaration : part of it I beleive to be untrue, and the rest I know to be false. ”
Voilà qui est noble. Je te souhaite de toujours conserver comme lui un cœur vraiment irlandais, ce qui veut dire un cœur catholique ; car l’un ne va pas sans l’autre. Je salue ton père et ta mère, et vous souhaite à tous une bonne santé.
Jeudi, 13 février. — Hier avant de partir pour St-Panl, voici le petit boniment de discours que je fis à la Sr Providence, pas la Providence du Bon Dieu, mais celle de cette maison, économe et ménagère de son métier. “ Ma sœur, je vous ai dit, dès le premier jour, que j'étais iei à l'essai. Voici quinze jours ce soir que je suis sous votre toit, j'ai fini mon tetups d’épremve, mon noviciat. Je viens mn’assurer si je serai reçu profès.—Je suis très bien ici, on ne peut être mieux. Le seul inconvénient est que je suis loin de la Propagande. Il est
si
vrai que nous avons des umnibus à la porte ; mais à la longue, des omnibus coûtent quelque chose ; et le soir, quand il est tard, pour m'en revenir, je ne les trouve pas toujours sous la main, Cependant à termes égaux, c’est un petit inconvénient que je supporterai facilement, à raison du calme, du silence que w’appoite votre maison.—Il n'est offert une pension, au centre de la ville, dans une communauté d'hommes, pour six francs par jour. A part l'effacement de la distance, je sais bien que je ne serai pas mieux qu'ici ; même je n’y rencontrerai pas les petits soins que vous me prodiguez, et ma chambre sera loin d’être aussi bien tenue. Car, voulez-vous être dévoré jusqu'aux os, mettez-vous avec les femmes (les mauvaises ) ? Voulez-vous être porté sur la main, mettez-vous avec les femmes ( les bonnes ). Elles sont comme la langue, dont il est parlé dans les fables d’Esope, elles sont ce qu’il y a de pire et ce qu’il y a de meiïlleur.—Je ne viens pas demander la charité. Si cela fait votre affaire, je vous donnerai six francs par jour. Si je dîne en ville, ce sera toujours six francs. Si je prends dîner et souper en dehors, ce ne sera plus que trois francs ; si je fais de petits voyages de quelques jours hors de Rome, je vous paierai un franc par jour pour le privilège de garder ma chambre, Là-dessus je dirai ma messe gratis tous les matins, je pourrai me faire servir le souper plus tôt, et j'aurai droit à une tasse de thé au lieu de vin. Quant à tout trouble et toute dépense extra, je les paierai. Les bons marchés font les bons amis. Parlez de ces conditions à votre supérieure, et demain matin, vous me donnerez une réponse.
Ce matin Sr Providence me dit : “ Nous acceptons vos conditions. Nous ne pouvons nous décider à vous laisser partir, vous laisseriez un vide trop grand dans notre maison. Vous êtes un trésor, ” Et cinquante autres bêtises du même genre.
Je compris qu'avec mon offre, elles faisaient leur affaire, Le franc en Europe vaut à peu près vingt centins et cinq francs font une piastre, D’un autre côté, ce n’est pas cher, à Rome, pour le genre de pension que l’on donne ici. Sans compter les avantages que me procure cet isolement pour lire, étudier,
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Comme de coutume, travail jusqu’au dîner, puis la promenade, Je portai mes pas vers Ste-Julitte. En passant devant St Vital sur la rue Nationale, j’y descendis ; car cette église est bâtie sur le sol antique de Rome qui est douze et quinze pieds plus bas que le sol actuel. Les fresques et les tableaux étalent sous nos yeux les supplices d’un grand nombre de martyrs, entr'autres de saint Vital étendu sur le chevalet et de St.- Vital succombant sous les pierres de ceux qui le lapident. D'un côté, on voit la decupitation de St Gervais, et de l’autre côté Saint-Protais qui attend son tour pour présenter sa tête au bowreau. Tous deux étaient fils de Saint-Vital.
En revenant j'arrêtai à Sainte-Marie des Monts, l’église qu'affectionnait Saint-Benoît Joseph Labre. Dans le voisinave se trouve sa chambre que jé visitai il y a ciuq ans. Dans cette église, un autel lui est dédié, au-dessous duquel on voit eu cire un fac-simile de son corps. Vraiment je n’ai pu m’empêcher de remarquer qu’il ressemble au père Mathieu. Là aussi on conserve ses reliques,
Ste.-Marie des Monts renferme de bien belles peintures. Sur le maître-autel, sous la coupole, est exposée à la vénération des fidèles une image de la Sainte- Vierge devant laquelle il s’est obtenu bien des miracles. Ainsi le disent les nombreux ex-voto qui tapissent les murs. Je demandai pour moi et mes amis l’esprit de détachement dont Marie d’abord avait donné l'exemple, et qu'a si bien pratiqué le Sant-Mendiant, qui fait aujourd’hui la principale gloire de ce temple, Benoît Labre.
Dix heures vont sonner, mon règlement me dit de finir ma journée, car j'ai un règlement que les circonstances m'ont formé. Lever à 5 heures ; à 6 heures la messe ; 6% heures le déjeuner qui consiste en un morceau de pain et une tasse de café. De 7 heures à midi, travail. En même temps que moi, à 7 heures, alors que j’entre dans ma chambre par la porte, le soleil y entre par la fenêtre. Il en sortira à midi, avec moi. J’écarte les rideaux pour lui laisser coudées franches. C’est le
seul poële de la maison. Je place ma table et ma chaise sur le chemin de ses rayons et pendant cinq heures nous faisons notre devoir, de compagnie ; lui, me réchauffant le dos et les pieds; moi pensant et écrivant. A midi, dîner. En quittant la table, je prends mon chapeau, et je sors pour visiter les personnes ou les choses, et je ne rentre qu'entre cinq ou six heures. Bréviaire et lecture des journaux, à 7 heures souper. A 8 heures, travail, jusqu’à dix heures. C’est le moment habituel de ma conversation écrite avec vous, et ce n’est pas le moins agréable. Mes journées se ressemblent, excepté las trois jours de corvée que m’a imposés mon mémoire; excepté certains soirs quand je vais à la Propagande ; alors je soupe à 54 heures, et je ne rentre que vers 84 heures. Du reste ces visites ne changent rien aux autres divisions de la journée.
Je parle et vous.ne lirez ces paroles qu’à la fin du mois. Nous sommes donc bien loin. Au revoir.
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