‹ En Europe [microforme]Chapitre 24 sur 59 · UT PA · texte numérisé non relu

UT PA

JOUT- j Portail imposant, mère et tête de toutes les. églises, la ba- | silique de St.-Jean de Latran est la basilique du Pape; St.- Pierre n’est que sa chapelle privée. Je charge Bléser des dé-

MM. tails,

et de ' à :

nt j'ai Ce Bléser est un livre vraiment commode qui me sauve in est bien de l'écriture, et-dont les longueurs vous ennuient peutd'un être. Je comprends que ce qui m'intéresse ici sur les lieux,

n’a plus qu’un intérêt médiocre, alors qu'on le voit senlement de l’œil de l'imagination, à seize-cents lieux de distance, Dans

ardins, tous les cas, vous n'avez qu’à sauter à pieds joints, par-dessus Fabre les pages imprimées ci-annexées. Mais cela ne me coûte pas

en sus cher de découper et de coller ; et le faire pour vous m'est un

part du plaisir.

ile dire,

Ce qui m'a frappé surtout au milieu des richesses que ren-

projet. ferme ce temple, c’est cette mosaïque immense qui embrasse LA xd toute l'étendue de l’abside au-dessus du maître-autel, J'aurais n trlom- donné cher pour voir transporter à St.-Lin les douze apôtres, appuyée qui ornent de chaque côté les piliers de la nef principale. ire défi- Tout près de la basiliqne de St.-Jean de Latran est la scala d sancta, c.-à.-d. le saint escalier, l’escalier du palais de Pilate à D Jérusalem. “Notre-Seigneur, dit toujours Bléser, le monta et le ed descendit quatre fois dans la matinée du jour de sa passion : ndre mes , : . F 1 d’abord en arrivant chez le gouverneur romain ; ensuite en nn on allant chez Hérode et en revenant ; enfin après avoir été con- MARGE damné à mort, portant la couronne d’épines.” b vous ne , le vais-

Je gravis les vingt-huit marches à genoux, en disant mon chapelet, Je n'étais pas seul. Une dizaine de personnes étaient engagées dans le même exercice. Je dis mes petites

heures devant ce trésor si riche en reliques, dont parle de Bléser.

, italiens.

sé comme jaiter les 1220 Où

Continuant notre course, prenez avec moi la via de S. Jo-

vanmi, et nous arrivons au Colisée, construction gigantesque, 28 ‘

amphithéâätre monstrueux, pouvant contenir jusqu’à 87,000 spectateurs, où furent livrés aux bêtes tant de martyrs: lieu souillé par toutes les passions et toutes les cruautés, lieu sanctifié par tous les dévouements et tous les sacrifices. Cette masse énorme, à moitié détruite, à moitié conservée, l’image la plus vraie de cette puissance romaine solide et prodigieuse, mesure 335 pieds de longueur à l’intérieur ; 160 de largeur et 135 de hauteur. On voit encore les cages où étaient conservés les bêtes féroces nourries pour l’usage des jeux et des spectacles ‘publics. Le mal était à la base de ces réjouissances populaires, elles ont passé, le bien seul demeure.

De là je gagnai le Forum, Foro Romano, le centre de la vie de l'antique république ; on est aujourd’hui à le déblayer, et le pavé en certains endroits se trouve 39 pieds plus bas que le sol actuel, Le Forum vous apparaît comme une forêt de colonnes brisées ; quelques-unes intactes semblent vous regarder debout dans leur majesté. Ce lieu a vu passer bien des séditions, des révolutions, et si ses pierres pouvaient parler, elles pourraient nous dire comme les grandeurs humaines finissent toujours par le néant. Le Forum en ruine est comme le tombeau du plus fier et du plus orgueilleux pouvoir que les hommes aient jamais réussi à édifier. ;

Tournant sur la gauche, je pris la rue S. Théodore que jc suivis jusqu’à Vela in Vilabro, et là je me trouvai en face de St.-George, votre patron, église assez humble, dont le portique est entouré d'un haut grillage en fer, Tout était fermé, Je me promenai assez longtemps, dans cette rue à demi-déserte, Cinq petits garçons jouaient aux billes. Aucun sacristain ne venait ouvrir. Je regardais dans mon guide. Il dit : “Cette église est rarement ouverte, on frappera à gauche derrière l'arc des

orfèvres. ” Je traversai l'arc des orfèvres, je frappai à la porte, le sacristain n’y était. pas. Un homme se présente, me fait attendre dix minutes pendant qu'il court ça et là ; enfin il vient me dire qu’il ne trouve pas la clef, Au balai St.-George, pour aujourd'hui, Mais je reviendrai. Peut-être aurai-je plus de chance le matin. Donc, au revoir !

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J’allai dire mes vêpres à l’église de S. Maria della Consolazione, un peu au nord. On était à y dire le chapelet, puis on y chanta le salut. Seulement une vingtaine de personnes assistaient à l'office ; mais elles priaient tout haut, elles chantaient toutes ensemble, faisant autant de bruit que si elles

eussent été un cent. Mon guide ne parle pas de cette église,

il a tort, car elle est bien jolie.

De là je montai au Capitole, Je suis un gaulois, mais les oies ne m'ont pas arrêté comme ils ont fait pour un de mes ancétres il y & 2400 ans. Sur la droite se trouve l’église de S. Marie in ara cæli, riche et intéressante, Ecoutez ce qu’en dit de Bléser encore,

Je voulus voir la niche où l’on renferme le. Bambino. Un vieux religieux ouvrit une porte, tira sur la ficelle, ouvrit une seconde porte, enfin sortit la niche. Je lui donnai un franc ; il me remit une image après l'avoir fait toucher la statue du petit Jésus ; je vous l'envoie.

Sur la grille d’une chapelle, on lit ces mots en lettres d'or : Si quæris miracula. Si vous cherchez des miracles. Sousentendu, c’est ici que vous en trouverez. Je vais bien voir. J’en ai demandé quatre. O0 clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria !

La brunante descendait sur la ville, Par de petites rues tortueuses, je me rendis sur la Piazza Venezia, où les. petits chars de la rue nationale me transportèrent à la rue Solferino. Mon pèlerinage était fini.

Bonsoir ! Dès aujourd’hui je dois vous prévenir qu’il pourrait bien se faire que je ne serais pas prêt à retourner pour Pâques. Mgr Jacobini met du temps à se rétablir, Après tout, Dieu a été si bon de régler si vite les deux premières questions qui pressaient, que nous pouvons bien attendre avec patience et résignation, ses moments pour régler les autres. Je continuerai à vous écrire peut-être jusqu’au rassasiement, Par la pensée, je vis avec vous ; je vous parle tous les jours, cela m’empêche de m'ennuyer. Mais toute conversation demande deux interlocuteurs ; c’est pourquoi j'espère que vous conti-

nuerez à m'écrire, Les moindres bagatelles, venant de vous,

” tr

m'intéressent, Prenez courage, bonne mère ; quelques semaines de moins ou de plus sur une absence de plusieurs mois, la différence n’est pas grande,

Lundi, 17 février, — Reprenons la plume, la conversation, et le plaisir. Matinée, travail. Ah! ah! voici deux jours d’ont le règlement est intact, Les sœurs d'ici, bien entendu, me trouvent régulier comme un papier de musique. La supérieure me dit avoir découvert à cela que j'avais été chapelain. Vous allez être surpris que j'aie trouvé, par delà l'océan, le secret et l'habitude d’une telle régularité.

Or, j'avais besoin d’un papier parchemin transparent pour copier, sans peine, une carte qui doit entier dans mes documents, On me dit que j'en aurais à la place d’Espagne, tout près de la Propagande. Je pris pour m’y rendre un chemin nouveau, afin de passer sur le Corso, qui est très animé en ces jours de Carnaval. Les petits chars me transportèrent à da place Venezia, je suivis le Corso jusqu’à l’église de S, Carlo del Corso ; la rue était remplie d’une foule oiseuse et grouillante, qui s’'amusait des gestes de groupes masqués qui allaient et venaient, faisant mille drôleries que je ne trouvais pas Crôles. La via delle Corrozze me conduit au magasin indiqué où je trouvai ce que je cherchais, Je revins à l’église St-Charles ; la porte en Ctait fermée, à cause des allées et venues du Carnaval sans doute, Je remontai à l’église S. Lorenzo, porte fermée, Allons, est-ce que parmi ces centaines de sanctuaires je n’en trouverai pas un pour y dire mon bréviaire, Je pris des petites rues à droite, et j’arrivai à une église, dont j'ignorais le nom. Sortant Bléser de ma poche, il m’apprit que c'était l’église de sainte Marie Madeleine, et je le charge de vous la décrire.

La Providence avait conduit mes pas. J’éprouvai une vraie consolation à invoquer la Madone du salut, après mes demandes d'hier à l’ara coeli, et à vénérer les reliques de $. Camille, à qui je demandai de sa compassion pour les misères humaines. Je n’oubliai pas qu’une jeunesse orageuse ne l’empêcha point de parvenir à un haut degré de sainteté,

En passant devant l’église de Ste-Marie de :a Rotonde ( Panthéon }), la porte était ouverte, j'entrai. Coinme c'est vaste, on est surpassé quand on pense que ce sont là les dimensions de la coupole de St-Pierre,

Je m'agenouillai devant un tombeau, non pas celui d’un saint, mais’ celui d’un homme de génie, mort bien jéune, qui pourtant a inondé Rome de ses chefs-d'œuvre, je veux dire Raphaël. ÆRequiescat in pace.

Un autre tombeau s'élève en face gardé par un soldat, orné de fleurs, celui de Victor-Emmanuel. Voici la réflexion que sa présence suggère à mon de Bléser : “ Que sa cendre repose en paix près de celle des martyrs, et à l'ombre de cette croix dont il n’a été le disciple ni comme homme, ni comme roi.”

Deux pas me conduisent à Sainte Marie de la Minerve. Voilà un vaisseau dont l'aspect en entrant vous empoigne, comme à St-Pierre, à St-Jean de Latran, à Sainte Marie des Anges, à l’Ara Cœli. Je m'agenouil'ai devant l'autel de St- Thomas, lui demandant la science théologique, pas la sienne en son entier, je n’en ai pas besoin ; mais une science suffisante pour être sage, comme dit St-Poul, secundum scientiam. Ne manquez pas de lire ce qui est dit de la Confrérie des dots, c'est touchant.

Dites-moi, n'est-ce pas vrai que c’est un plaisir de faire le tour d’une belle église, remplie de richesses artistiques, de reliques saintes, de souvenirs intéressants, ayant à la main ces pages que je vous envoie. Alors il n’y a plus de vague, de mystère dans ce qui vous entoure. Chaque image, chaqus sta-

tue a une voix ; le cœur est élargi, l’âme rafraîchie. A la mai-

son j'ai de l'ouvrage, dans mes entrevues j'ai des soucis ; mais dans ces visites aux sanctuaires de toutes sortes, je rencontre des compensations qui me font bénir mon sort présent. Dieu m'est trop hon. Et je n’ai pas le courage de lui dire de m'être plus sévère. Il connaît mieux ce qui convient à ma faiblesse,

Je rentrai à 6 heures, et je trouvai sur ma table une carte de M. A. Captier, procureur-général de la compagnie de St-

| Sulpice, avec cette note : “ Je regrette de n'avoir pas trouvé

M. le Vice-Recteur, et le prie de vouloir bien venir déjeûner demain mardi à la Procure, à midi et demi.” Noûs irons.

A M. Ubald Ethier. = Mon cher ami. Voudriez-vous m'’envoyer une copie de l’arrangement passé entre... Prenez votre plus belle main, non jas celle qui a copié les derniers documents que vous m'avez envoyés par la poste. J'ai eu autant de misère à les déchiffrer que s'ils eussent été écrits par moi.

Vous "1e manquez ici : je trouve le métier dur que d’avoir à faire, seul, tant d’écritures, c’est dans des circonstances comme celles-ci que l’on comprend la valeur d’un homme comme vous !

Je vous envoie St-Jean de Latran, omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput. C’est une vrâie jouissance pour moi, dans mes temps libres, de visiter ces sanctuaires si pieux, si riches en œuvres d’art, en trésors de reliques saintes, et en souvenirs touchants, J'ai acheté de bons livres qui expliquent tout, et qui ressuscitent pour moi un passé souvent inconnu.

J'ai été aussi surpris que peiné d'apprendre la mort subite qui a frappé au milieu de votre famille. La: dernière fois que je suis allé voir M. A......, qui aurait cru que votre tante si alerte, si vivante, partirait avant lui. Veuillez passer mes condoléances à votre grand’père, et l’assurer que mes prières sont acquises pour le soulagement de l’âme de celle qui lui était si chère.

Mes affaires ne vont pas mal, mais il pourrait bien se faire

qu'il me serait impossible d'aller faire mes Pâques à St-Lin. Mes saluts à votre nou .au bourgeois ; n’est:ce pas qu'il a la ï La main douce ? Saluez pour moi votre père, et votre mère si Avèrs pieuse, lui demandant de faire une petite prière à mon inten- HUE

tion. Pour vous, croyez que je demeure avec etc. pour £ Mardi, 18 février, — Fidèle au règlement, je travaille Re don

comme un brave tout l’avant-midi, A midi, je sortais pour aller piété « dîner chez M. Captier, Il a à sa table une vingtaine de jeunes Ren gens, qui étudient à Rome. Il prend aussi des pensionnaires. À &,: 1

4 De ce temps-ci il n’en a qu’un, le Père Rabot, de Normandie, Rome, Ayez peu de conseillers, le trop grand nombre gâte les af- Mer

faires ; mais si vous en rencontrez un sage, prudent, discret, et | je réso

jeûner .

y m'enz votre a docuautant yr moi.

‘avoir à comme e vous !

et orbis ice pour si pieux, es, et en pliquent inconnu.

rt subite fois que tante si mes conères sont Li était si

a se faire à St-Lin.

qu'il a la

mère Si on inten-

travaille pour aller

onnaires.

ormandie.

te les afdiscret, et

de jeunes !

je 95 —

surtout désintéressé, profitez-en ; c'est un trésor. À force de méditer sur un sujet, on finit par ne pas voir les obstacles, ou par en voir trop. Un œil étranger, quand il est sain, donne des visées qu’on n’apercevait pas tout d’abord,

Au sortir de la Procure, je voulus faire une longue marche, La vie de bureau que je mène, demande de l'exercice. Il faut se donner de la fatigue, pour aider la digestion et l’acclimatation. Je descendis le Quattro Fontane jusqu’à Ste-Marie Majeure, je pris tout droit la via Carlo Alberto, je longeai le

carré Victor Emmanuel, beau jardin bien entretenu, qui ren-

ferme des restes considérables de lAqua Julia, je pris sur la

. gauche la via Cairoli, par la via S. Bibiana, je passai sous le

chemin de fer, et je sortis dans la campagne par la porte S. Lorenzo ; et après dix minutes de marche j’arrivais à St-Laurenthors-les-murs. Je laisse la parole à mon guide, qui vous dira des choses touchantes sur le martyr de ce jeune diacre. Ce qu'il ne vous dira pas, c'est que le tombeau de Pie IX est ici, dans la basilique souterraine, fort simple, conformément à la volonté expresse du saint pape, se composant d’un sarcophage de marbre, dans une niche peinte, et entouré d’une grille de fer. Nombre de couronnes sont appendues aux murs ; j'y dépose la couronne de mon chapelet, récité aussi pieusement que je pus.

A côté de l’église, au milieu des arbres verts { Campo Verano ) s'étend nn vaste cimetière, L'entrée en est gardée par quatre statues symboliques : le Silence, la Charité, l’Espérance et la Méditation. Je m'y enfonçai, regardant les monuments divers, allant d’admiration en admiration. Je devins jaloux : si seulement j'avais la millième partie de ces richesses funèbres pour mon dortoir des morts. Hélas ! me disais-je, par manière de consolation, j'ai mieux, j'ai la bonne volonté, j'ai la foi et la piété de mes paroissiens.

Rentré à six heures, je termine ma jouée en vous souhai-

. tant le bon soir! Pour la première fois depuis que je suis à

Rome, je me couche avant dix heures.

Mercredi, 19 février. — Ce matin, premier jour du carême, je résolus d'aller recevoir les cendres à Sainte Sabine, première

station, là où s'ouvre à Rome la sainte quarantaine. Mais Sainte Sabine reste loin de la via Milazzo. Je me suis mis en route à neuf heures, Le tramway me déposa à la place Wagnanapoli, sur la rue nationnale, Par la via del Grillo ; la via Tor de Conti, la viu dellu Consoluzione, et une petite rue qui n’a pas de nom, je tombai dans la via in Velabro, chez St. Georges.

La porte était encore fermée, J'’allai chercher un homme, il alla cherche1 une femme. Elle ne voulait pas ouvrir, J'insistai. lle faisait des difficultés. J'offris de l'argent, c’est ce qu’elle voulait. Elle ouvrit. Ce n'est pas St. Pierre de Rome, pas même St. Lin. Voici ce qu’en dit Bedecker.

“Eglise fondée au IVe siècle,reconstruite par Léon IT et consacrée à S. Georges et à S. Sébastien, Elle a subi ensuite de nombreuses réparations, et son portail date de l’une d'elles, Selon une inscription en vers, (le nom de Velubruin a été transformé au moyen-âge de “ velum aureum”). L'intérieur a la forme d’une basilique à trois nefs, avec 16 colonnes antiques et un vieux tabernacle. Les fresques de Giotto, qui en décoraient jadis l’abside, ont été complètement repeintes. (Cette église est rarement ouverte ; on frappera à la porte No 9, derrière l'arc des orfèvres. Fête patronale le 20 janvier et le 23 avril.”

De son côté de Bleser dit : “ Cette église est une des plus anciennes de Rome ; on en rapporte. la fondation au IXe siècle. Elle fut rebâtie au VIle siècle sous Léon II, et restaurée au XIITe par le cardinal Stéfaneschi, qui confia à Giotto le soin de peindre la tribune. On ne voit presque plus rien des peintures, qui ont été retouchées plus tard d’une manière affreuse, L'intérieur est à trois nefs divisées par seize colonnes dont deux le marbre violet. L’autel est recouvert d’un ciborium du XIIIe siècle. Sous la confession on remarque la tête de S. Georges, rnartyr, déposé ici par le pape Zacharie. Le 23 avril on expo- +e la lance et l’étendard du saint, qui fut tribun militaire et ou ffrit le martyre sous Dioclétien. ”

Mais mis en ce Malo ; la tite rue ro, chez

homme, r, J'inc'est ce ierre de Tr.

et consade noms, Selon transfor a la for-

iques et

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litaire et

Je n'ai pas vu la tête du saint, mais j'ai prié pour vous devant la confession. De la lance et de l’étendard, je n'ai vu que l'espèce de caricature qu'on a peinte sur la toile, On y voit quelques tombeaux modestes, entr'autres celui d’un cardinal de Médicis, qui prit son titre cardinalice de cette église. Ce qui m'a le plus intéressé, c’est une lettre du pape St Grégoire, qui est gravé sur un marbre faisant partie de la façade de l'église. J'en ai copié la première partie pour vous.

“S, Gregori Paps: I, cognomento Magni, epistola ad Maximum abbatem, quâ ecclesiæ S. Georgii curam Mariano ejusque successoribus committit. — Quia ecclesiam S. Georgiüi, positam in loco, qui ad sedem dicitur minorem, quam oportet diligentiam habere cognovimus, utile esse prospeximus, quoniam monasterium tuum eidem Ecclesiæ noscitur esse conjunctum, ejus tibi curam committere, hortantes et ut sollicitudinem iliic congruam studeas habere, et psalmodiæ officium solemniter exhibere facias, etc.”

Le Velabrum est situé au pied de l’Aventin et du Palatin, où Romulus fut élevé et commença sa ville ; c’est dans cette vallée qu’eut lieu l'enlèvement des Sabines.

De là passant sur la Piazza della Bocca della Verita, ce qui est tout près, j'arrêtai à Sle Marie-in-Cosmediu, qui est aussi une des. stations de ce jour. Le pavé, en marbre de diverses couleurs diversement agencées, est aussi riche de nuances qu’un beau tapis de Turquie. J’ai vu l'énorme figure, ans la bouche de laquelle les Romains mettaient la main, dit-on, lorsqu'ils prêtaient serment. J'ai descendu dans la crypte de Saint Cyrille, où nombre de lampes brûlaient devant nombre de reliquaires exposés dans des niches sur les murs latéraux : on n’y a pas ménagé les reliques, on y voit jusqu’à un crâne tout entier. J’y pus méditer à mon aise les belles paroles, qui sont gravées au-dessus de l'escalier, qui couduisent dans ce souterrain mystérieux : “ Quanta passi sunt tormenta ut ad palmam' martyrii pervenirent, — Quels tourments n'ont-ils pas

soufferts pour acquérir la palme du martyre.” Je saluai par la «

cab Do tit lie Qe dr us Lib à ST LS D élites tune 5-5 à dé < Var RS RS PO ET VX TS

pensée la mémoire de St-Augustin, que l’on dit avoir enseigné | la rhétorique dans les environs, | b

Au sortir de Ste-Marie, en suivant la via Salaca, on prend * la deuxième rue à gauche pour monter à Ste-Sabine, qui s'élève je sur le sommet du mont Aventin. Dans la chapelle où se trouve te ce si beau tableau de la Sainte Vierge et de Saint Dominique, d je lus, sur un tombeau, une inscription, qui dit dans sa conci- l sion : “ Ut moriens viveret, vixit ut moriturus. — Afin qu’en et mourant, il vécut, il vécut comme devant mourir.” Le français de n’a pas l'élégance de la phrase latine. On y chantait la messe, avec, diacre et sous-diacre, Belles cérémonies, et très peu de tu monde, peut-être une quinzaine de personnes. Un père domi- la nicain, qui pensionne ici, était au chœur. Je me dis, sans faire di plus d’attention : “ voici un père qui ressemble au nôtre.” De qu retour je découvris que c'était lui. “ Je vous ai bien vu, dit-il, dans le bas de la nef, et si vous n’aviez pas été aussi loin, j’aurais fait mieux que vous, je vous aurais bien reconnu. — Mais, rel mon père, je n'étais pas plus loin de vous que vous n’étiez loin et de moi. ” la

Une minute de marche me conduisit à St-Alexis, qui est tout du près, sur la même hauteur. Quand on a passé comme vous, tes: deux grands mois à exercer la Perle cachée, on ne peut être in- Sis différent à ce qui regarde St Alexis. Pi

Je vous envoie, sur cette église les pages de de Bleser, qui Ti vous donnera des explications charmantes. Conservez-les moi. 4 J'ai fait mes prières devant l’escalier sous lequel repose une : statue de St Alexis, près du puits où il puisa de l’eau, au pied les de la Madone qui lui parla à Edesse, et au haut de l'escalier com qui conduit à l’église souterraine, où sont déposés les corps de J

St Alexis, de St Boniface et de Ste Aglaé. Jé ne pus y descendre, n'ayant pas trouvé le sacristain pour m'ouvrir la porte. Je me propose d'y retourner ; le pourrai-je ? Il y a tant de choses intéressantes à voir encore.

Une autre minute de marche me conduisit à un beau jardin ; pour deux sous, je m’en fis ouvrir lu porte. Par des allées couvertes d’une’voûte de verdure je me rendis sur le bord de la

eigné

prend élève rouve nique, conciqu’en ançais messe, eu de domis faire .” De dit-il, n, j'au- - Mais,

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côte abrupte, et du haut d'une plate-forme, ja considérai L: ta. bleau de Rome se déroulant à mes pieds, du Tibre prowenant ses méandres à travers les palais et les églises. . Au fond du jardin, je visitai une petite église, Ste-Marie A ventine, appartenant aux chevaliers de Malte, qui ont joué un si grand rôle dans la lutte du christianisme contre l'islamisme. Je croyais l'ordre éteint. Mon ignorance fut dissipée au service de Pie IX, en voyant le grand-maître en costume superbe, venir se placer devant moi, et me cacher une partie des cérémonies.

Il passait midi. En m'en revenant, par une petite rue tortueuse, j'entrai dans un restaurant de troisième ordre; une lampe brûlait devant l’image de la Madone. Je fis un bon diner pour vingt-deux sous, C’est le premier honnête homme, qui ne m’ait pas fait payer mon titre d’étranger.

Jeudi, 20 février. — Avant-midi de labeur, après-midi de repos. Je me rendis au Collège canadien, où j: pris M. C..… et son inséparable M. St-G......… D'abord j'allai, place de la Minerve, acheter un bréviaire ( j'ai oublié à St-Lin la partie du printemps ) un petit missel, un horæ diurnæ ei ur novum testamentum. Puis nous traversâmes le Tibre par le Ponte Sisco, et montâmes sur les hauteurs, où s'élève l’église de S. Pietro in Montorio. De la place devant l’église, dominant le Tibre de 185 pieds, on découvre une admirable vue de Rome et de ses environs.

Passant par le nuovo passeggio publico del Gamiculo, entre les arbres et les verdures d’un beau et grand parc public, qui comprend tout le flanc du Janicule, nous arrivons à S. Onuphre.

Je priai devant les tombes du Tasse et de Mezzofanti, l’un grand poète, l’autre savant éminent. Sous le chêne du Tasse, il y a dans la poésie des environs, de quoi exciter et nourrir l'inspiration et l'enthousiasme lyrique. Vous trouverez dans ma bibliothèque l'ouvrage du Tasse, la Jérusalem délivrée.

Nous descendîmes dens la via Lungara, pour revenir prendre le pont Sisio, arrêtant sur la route à deux petites églises, consacrées l’une à S. Jean Baptiste, l’autre à Ste Doro-

…— 100 — thée. Mes guides n’en parlent pas ; au milien des richesses de Rome, elles sont mises de côté. Au Canada nous en ferions bien nos beaux dimanches.

En passant au collège canadien, j'avais pris deux lettres. J’eus la force ou la faiblesss de ne pas les lire, et de les porter cachetées dans ma poche toute l'après-midi, Je ne voulais pas pendant cette lecture bénie, entendre des paroles étrangères, ni voir fixés sur moi des regards indiscrets. Je voulais le silence

de me chambre pour respirer dans la solitude calme, plus à :

mon aise, le parfum de ces nouvelles du pays.

Merci de votre persévérance à m'écrire, bien que le journal de ma traversée ait retardé à vous parvenir. Je me sens bien et gai. Bon appétit, bon sommeil. Journées bien équilibrées entre le travail et les visites, - Bon succès, bonnes espérances, fondées sur quelque chose. Il faudrait vraiment être exigeant pour n'être pas content, Et là-bas, des amis qui s'obstinent à penser à nous, quand ils se croient oubliés ; ah ! pour moi je n'oublierai pas cela, Merci, bonsoir et au revoir! Continuez toujours de m'écrire à Rome, jusqu'à ce que je donne un contreordre.

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