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CHAPITRE QUATRIÈME DU 21 FÉVRIER AU PREMIER MARS

Vendredi, 21 février, — Reprenons notre jouissance, La station du carême était à St Jean et Paul, Je me rendis au Colisée, Prenant la rue S. Gregorio j'arrivai à l’église du même nom. : ù

J'y priai pour «nos amis les Auglais qui doivent à ce saint Pape le bienfait de leur conversion au christianisine, Quand l'Angleterre reviendra à la vraie foi, un grand pas sera fait pour la conversion du monde entier, Je m'assis sur le siège de marbre, duquel ce saint docteur délivra de si belles homélies. [Il n’est pas dit qu'il laissait filer sa voix sur les est ni les quiti, En face se trouve inscrit sur le mur un beau distique latin.

Nocteque dieque vigit longo hic defessa labore Gregorius modic4 membra quiete levat.

Par la via di S. Giovanni et Paolo je me rends à l’église de la station, Elle est tendue de riches draperies rouges cramoisies ; une foule assez nombreuse la visite, entrant, sortant, priant, examinant,. chuchotant, L’orgue soupire. J'y récitai mon bréviaire. J'étais ému. Et en lisant le psaume Dominus regit me, il me semblait que le Seigneur m'en répétait les mots tout à l'oreille,

“ Le Seigneur me conduit, je ne manquerai de rien, il m'a placé dans ses pâturages. Il m’a donné de l’eau en abondance pour me rafraichir, et sa grâce a converti mon âme. Quand bien même je marcherais dans les ombres de.la mort, je ne craiudrais rien, Seigneur, parce que vous 6tes avec moi. Vous êtes mon bâton de voyage, mon appui, ma consolation. Vous m'avez préparé une table abondante et vous me défen* dez contre mes ennemis, Vous n'avez pas ménagé l’huile à ma tête, et vous m’enivrez du calice de vos consolations. Votre miséricorde me poursuit tous les jours de ma vie. Oui, j’habiterai dans la maison du Seigneur, toujours, toujours. ” Comme elle était douce cette prière ! comme elle était consolante, fortifiante !

Sous l’église se trouvent les appartements de la maison qu’habitaient saints Jean et Paul; une vingtaine de chambres ou corridors ont été déblayés. Je m'y promenai, saisi, rêveur, à la lueur insuffisante des chandelles ; et je m'’agenouillai à l'endroit où roula la tête des martyrs sous la hache des bourreaux,

Continuant la rue St-Jean et St-Paul, je passai à la petite église de St-Thomas-in-Formis. Fermée. Tant pis pour elle. Je ne reviendrai plus dans ce coïin-ci.

J’eus plus de chance en face, à St-Etienne-le-Rond, la plus grande rotonde de Rome, quelque chose qui n’est pas beau par son fini, mais tout-à-fait intéressant par son originalité : un vrai panorama de tous les genres de supplices imaginables par

. lesquels eurent à passer les martyrs. Il n’y a pas moins de cinquante fresques, à quatre sujets par fresque.

Je rentrai pour lire dans La Presse le procès... Quel déplorable scandale ! Et dire qu'il y a des gens qui approuvent cette conduite, de leurs sympathies et de leur argent ! et notre personnage en est. Mon Dieu, donnez-nous l'intelligence. Mais il paraît qu’il vaut mieux qu'ils ne l’aient pas, (Car ils pourront plaider cette excuse : “ Seigneur, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font, ” Vous, qui n'avez pas ce

faux-fuyant, filez droit ; et demandez à Dieu que je marche

I m'a abonâme.

mort,

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dans les sentiers de sa justice, de son humilité et de son obéissance. Bonsoir !

Samedi, 22 février. — Ce matin, je dus porter une lettre au cardinal Simeoni. Rendu à la place d’Espagne, comme je n'étais qu’à 6 minutes de St-Charles au Corso, je m'y rendis par la via del Carrozze.

Au milieu des pierres tumulaires qui ornent les murs et les colonnes de cette église, j'en remarquai une qui portait cette touchante inscription : Marianae Joannettae Romanae infantulae suaviter arridenti desidi:atissèmae quae ann. I. m. III. d. 1 nata a blanditiis nostris ad angelicos choros erecta brevissimam vitam explevit. Diem aeternae conjunctionis expectantes Parentes cum lacrymis posuimus. A Marianne Joannette Romaine, toute petite enfant que ses doux sourires nous rendaient très chère. Enlevée à nos caresses pour être transportée au sein des chœurs des anges, elle a ter-

miné sa trop courte existence à l’âge d’un an, trois mois et

un jour. Attendant le jour de l’éternelle réunion, nous, ses parents, pour soulager nos larmes, lui avons élevé ce monument !” Il n’y a que la religion pour inspirer ce doux mélange de sourires et de larmes, de douleur et d’espérances.

Après-midi travail, lecture, repos. Vraiment j'ai ici un peu de vie tranquille, ce que je ne connaissais plus depuis l'île Bizard, Il me fallait venir bien loin pour trouver le loisir, Ce n’est pas que tous mes instauts ne soient employés. Mais le travail se met bout à bout, et ne se surchevauche pas, J'avais besoin de ce repos, et Dieu me l’a ménagé. Et tout en me reposant, je m'instruis, je me récrée, je fais du bien à mon âme, et je rends, du moins je le crois, un grand service à mon pays. Dieu soit béni ! Bonsoir !

Dimanche, 23 février, — J'ai voulu voir tous les S, Laurent dont il est parlé dans les feuilles y annexées. Je me rendis vers deux heures P. M. à la via Lorenzo in panisperna, qui se trouve tout près de Ste Marie Majeure, à l’ouest ; portes fermées. Je passai à S. Laurent in fonte sur la vic Urbana, qui court dans le voisinage, portes fermées. Très

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