‹ En France; romanChapitre 8 sur 18 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Il avaitneigéplusieursjoiirs de suite. Claude éprouvait le besoin de retrouver des gens, de mettre de la variété et de Tanimation dans sa vie de spectateur de Paris. C'est un des plaisirs de Paris de regarder des créatures se mouvoir devant soi, vous parler, vous faire connaître leurs existences dans ces conversations de grande ville où il semble que tout le monde se raconte avec franchise parce qu'on sait qu'on ne se reverra pas le lendemain. Illui restait, pour épuiser la liste d'adresses qu'on lui avait donnée au pays, M™** Dubois-Mahaud. Il hésitait car il ne devinait guère à quoi pourrait bien lui servir cette vieille cousine qui ne devait guère compter de relations utiles. Enfm il valait mieux n'avoir rien à se reprocher et après tout qu'avait-il à faire en ce dimanche? dimanche vide et lamentable de Paris.

Une panoplie à la cloison. Autour d'un bouclier de Madagascar à rais noirs et blancs, projetant dès l'entrée une impression de demi-deuil, douze sagaïes en bambou de la Nouvelle-Calédonie rayonnaient; plusieurs sabres ondulés du Sénégal encadraient un casse-tête de Polynésie, et des mâchoires de requins, des scies d'espadon étaient pendues à un petit tambour mozambique enveloppé de ficelle comme dans de la toile d'araignée. N'osant les épousseter, M™^ Dubois- Mahaud conservait sous la poussière cette collection d'objets que son mari, médecin de marine à cinq galons, avait recueillie dans les diverses colonies de séjour. Claude, entrant, retrouva dans le salon garni de bahuts, cette odeur de tartan, de cheveux anciens et de beurre de cacao propre aux chambres des tantines créoles d'autrefois. Et comme il s'attendait à découvrir sur le sofa une vieille dame d'aspect jaunâtre, il resta étonné, debout au milieu delà pièce, de lui voir d'épaisses joues rosées, un air cérémonieux de grande réception et toute l'attitude d'une veuve d'amiral. Elle le regardait en fixant des yeux bleus sous ses cheveux descendant en bigoudis sur le front, avec une curiosité mi-vivace mi-endormie. Il se tint très droit par la volonté de faire bonne figure.

D'une voix criarde^ comme si Claude, nouveau

> venu des colonies, était sourd à Paris, elle lui présentait une demoiselle parisienne, qui était assez gentille pour ne pas négliger les vieilles personnes, elle pouvait même dire pour préférer souvent sa compagnie à celle des jeunes filles de son âge. Et de suite, faisant asseoir Claude devant elle d'un geste familier et mielleux, elle lui reprochait aigrelettement de n'être pas venu encore la voir. Mettant dans sa loquacité européenne une langueur dédaigneuse et le fond de malice créole, elle le tutoyait même, quoiqu'elle fût à peine sa cousine, pour le réprimander plus librement :

« Matin! mais il y un an que tues à Paris! J'avais cru que tu étais mort de froid en débarquant dans la capitale ou que tu avais laissé tomber dans la mer Rouge ton carnet d'adresses... » et, reniflant, elle regardait du côté de la jeune fille.

Claude s'excusa par petites phrases inutiles : les courses dans les magasins, l'installation, l'ouverture des cours...

« Alors toi, tu comptes travailler? dit-elle avec scepticisme en pinçant la bouche. Espérons que ga va durer... tu sais, Paris est pavé avec les bonnes intentions des créoles qui viennent ici terminer leurs études ». A peine tournait-elle un peu la langue.

— Je sais, répliqua Claude, susceptible, mais moi, je ne suis venu à Paris que pour le quitter le plus tôt possible... » Et il ajouta, entraîné : « Il faut que dans trois ans je sois retourné à la Réunion ».

Elevant le visage, il considérait M'""" Dubois-Mahaud bien en face, tout en tenant serré son chapeau.

— Mais, mon pauvre enfant, tu ne sais donc pas que tous ceux qui sont venus me voir comme toi — six mois après leur arrivée et qui n'ont plus remis les pieds ici — me disaient toujours ça en arrivant ? Regarde voir maintenant ce qu'ils font à Paris. J'évite de t'interroger sur l'état actuel de mon petitneveu Boufflers, je préfère ignorer à quel degré il est tombé... Mais il y a tous les autres.

— Je ne veux pas m'occuper de ce que font les autres, dit Claude avec fermeté : ça les regarde. Moi je sais que j'ai des raisons spéciales...

— Ah! bon, fit-elle d'une voix moqueuse à force d'être traînante ; raconte-moi sans plus de fion que tu as laissé là-bas une amoureuse.

— Pas tout à fait », dit Claude, les yeux à ses genoux. Il se constatait peu de sympathie pour M™° Dubois-Mahaud et cependant se laissait gagner par un mouvement fébrile, mettant une sorte de (léG, comme s'il était Prusselle, à afficher courageusement ses sentiments.

— Comment pas tout à fait?

— Oui, répondit-il, en levant la tête obliquement, j'ai laissé là-bas ma fiancée qui m'attend avec... impatience.

— Houn ! tant mieux donc : si ça peut te faire tra-vailler un peu plus que les autres, ça aura servi à quelque chose. Mais je me casse la tête... avec qui diable tu as pu te fiancer, si jeune, là-bas? A mon dernier voyage je n'en ai pas trouvé une qui m'aurait tentée. Tout ça était mal tourné et prétentieux ! A peine ça commençait-il à fredonner un petit air que

ça voulait chanter en public et se prenait pour une cantatrice Je l'Opéra. Ah mais non, mais non, c'est qu'à l'Opéra c'est autre chose; je sais ce que c'est. Et si tu savais, Namie, comme elles s'habillent mal avec des étoffes qui coûtent cher ! Ce qui ne les empêche pas de poser pour des princesses ou de rire à tout propos. Ça n'est bon qu'à danser et minauder : pour causer, suivre une conversation, s'intéresser à (les idées, une fillette de neuf ans à Paris leur damerait le pion. Dis, Claude : il y en a combien dans le tas qui parlent français? Allons, avoue : la plupart bégaient un mauvais créole de mulâtresses.

— Mais cela ne fait rien, intervint la jeune Parisienne avec une politesse caressante, si cela convient à leur type...

— Complètement, dit Claude. C'est tout à fait aimable à une jeune fille de Paris de dé fendre ses sœurs des colonies. Vous n'êtes pas juste, madame. Je puis vous assurer que ma fiancée est une jeune fille parfaite. C'est M^'*^ Eva Fanjane... sa mère est veuve. »

La vieille dame, cherchait, cherchait en l'air, d'un nez isolent. Claude ajouta vivement : « Elle habite à l'angle de la rue Sainte-Marie et de la rue Fénelon.

— Oui, dit avec plus de vivacité M"^*" Mahaud qui portait présent à la mémoire un plan de Saint-Denis où chaque emplacement figurait avec le nom de son propriétaire... je vois : c'est Timmeuble qui appartient à la succession SougeotLe.

— C'est ça, fit Claude les paupières baissées, revoyant le lourd manguier au coin de la rue.

— Ce n'est pas pour te dire du mal de ta fiancée

OU de la famille de ta fiancée, mais si M"'^ Fanjane paie ses loyers comme mes locataires à moi... le propriétaire ne doit guère s'enrichir... » Et elle se plaignit sur un ton de rhumatisante qu'elle ne reçût pas régulièrement son argent, que les sommes lui arrivassent toujours écornées sous prétexte que le coup de vent avait renversé un palmier sur le mur, enlevé la toiture du cabanon. Sa voix s'attristait gravement, chaque courrier lui apportait des nouvelles de maladies et d'accidents survenus à ses immeubles. Elle était très affectée de leur délabrement ; elle ne pouvait admettre que des maisons construites avec du bon nate eussent si vite vieilli, et elle eût voulu que Claude la renseignât exactement sur leur santé. Soudain des pleurs glissèrent de ses yeux, elle passa son mouchoir sur sa bouche, et comme Claude était interdit : « Il faut m'excuser, mon enfant, mais ça me fait trop de peine. Mon neveu que j'ai chargé de mes affaires est un coquin!.,. — je peux bien dire devant Namie — qui me vole comme dans un bois. » La jeune fille s'était approchée et lui caressait les tempes, sans parler. « Tu comprends la situation : je ne vis à Paris que de mes loyers de là-bas, et alors mon gueux de neveu me tient de loin par ce fil qui est attaché à ma patte.

— Vous n'avez pas envie d'aller faire un tour à l'île? proposa Claude par contenance; vous pourriez vous rendre compte par vous-même..,

— Ah! merci, cria-t-elle, les yeux séchés, je préférerais encore crever de misère ici et qu'on m'envoyât par charité à l'hôpital.

. — Vous craignez la traversée à cause du mal de mer? s'enquit la jeune fille sur un ton prévenant qui souriait mélancoliquement :

— Ce n'est pas la raison, mon enfant, mais je mourrais encore plus vite là-bas de nostalgie de Paris! Et je ne veux être enterrée qu'au Père-Lachaise ! » Se remettant, posément, elle vanta à Claude le parc Monceau où, en été, elle passait des aprèsmidi entières, sans s'ennuyer, à regarder les enfants bien élevés et riches jouer entre les plates-bandes, à voir défiler les voitures de maîtres ; en hiver, elle sortait moins, mais elle allait, quand elle voulait, en réception chez des veuves d'Académiciens : son mari avait bien connu l'Amiral Jurien de La Gravière. « Ah! non, pour les gens qui ne visent qu'à s'élever, il n'y a pas comme Paris... Puis, dit-elle avec une grimace, mon estomac n'est plus fait à la cuisine créole... Mais tu ne me dis rien, parle-moi donc un peu de toi, est-ce que tu es bien défendu contre l'hiver? La chemise de flanelle, naturellement... Tu ferais bien aussi de porter le chandail.... Je parie que là-dessous, dit-elle, en montrant son pantalon, tu n'as qu'un caleçon de toile?..,

— Mais je n'ai pas eu encore froid » dit Claude, gêné à la pensée que la jeune fille parisienne pouvait se moquer de le voir ainsi déshabillé des pieds à la tête. Mais, marchant sans bruit au fond de la pièce, elle était maintenant arrêtée devant le piano, jouant des doigts avec sa collerette de dentelle. Elle n'entendait rien, semblait un peu bouder ou songeait à partir. Ce qu'il y a d'agréable avec ces jeunes filles

(le Paris, c'est qu'elles ne s'occupent pas de vous. « Attends un peu, reprit M'"^ Dubois-Mahaud : tu m'en donneras des nouvelles. Les jeunes gens sont trop présomptueux, et puis tout ça part de la phtisie galopante.

— Rassurez- vous, dit Claude, je tiens... »

Il entra en ce moment de vieilles dames à manteaux de peluche qui prirent les mains de M""^ Dubois- Mahaud, les gardèrent longtemps en agitant leurs chapeaux devant sa figure sans l'embrasser. Et M""® Dubois-Mahaud le présentait encore :

«M. Claude Mavel un jeune homme de Bourbon qui vient prendre des titres à Paris... il est fiancé au pays... »

Les bonnes femmes lui souriaient obliquement, M'"" Dubois-Mahaud l'épiait as'ec des yeux pétillants, sans parler. Claude, se sentant gauche, flairait le ridicule et le soutenait avec courage. Puis tout le monde s'assit dans les crapauds.

«... Comme les créoles doivent être jolies!... »

Claude se retourna et vit que la jeune fille parisienne s'était approchée^ pour lui tenir poliment conversation pendant que les dames parlaient entre elles.

— C'est devenu très rare, reprit-elle gênée avec une palpitation indécise des sourcils, que des jeunes gens se fiancent à votre âge. Tous ceux que j'ai interrogés ou qui ont exposé devant moi leurs théories, sont en général hostiles au mariage. La majorité prétendent que c'est engager sa liberté au moment oii l'on a le plus besoin de se sentir libre pour dégager soi-même le sens de sa destinée... »

Claude l'écouta avec surprise. Le timbre de sa voix moyenne était persuasif; mais, loin de s'écouter parler, la jeune fille observait le visage du jeune homme avec une attention scrupuleuse. Elle lui donna l'impression d'une intelligence qu'il n'avait pas su pressentir tout à l'iieure et égale à celle d'un homme. Son ton était affîrmatif mais la grâce du débit prêtait de la modestie aux interrogations.

— Oh! dit Claude avec complaisance, la majorité des jeunes gens est égoïste : alors...

— Croyez-vous que nous ne sommes pas tous des égoïstes? » reprit-elle. Et comme Claude se redressait, elle poursuivit sans y avoir pris garde : « Quand j'étais petite, j'étais persuadée quej'étais très bonne, et quand j'ai lu A la recherche du bonheur de Tolstoï — vous connaissez, n'est-ce pas? — j'ai cru que je l'étais foncièrement et pour toute ma vie. Or depuis que je me suis mise un peu au courant de Nietzche...

-— Vous lisez beaucoup? dit Claude, hésitant.

— Pas extraordinairement, répondit-elle avec un imperceptible mécontentement; je lis maintenant beaucoup moins que jadis. 11 y a une époque de ma vie oii j'achetais toutes les brochures à deux sous. C'est la période oii j'étais devenue anarchiste, fit-elle en riant légèrement : j'avais coupé toute ma chevelure, je me promenais seule sans causer à personne, une Heur rouge à mon col, et je n'étais habillée que de noir. A table je ne mangeais que le strict nécessaire. Puis, après avoir entendu des conférences anarchistes, je lésai trouvées trop bétes. Et j'ai compris qu'il était plus rationnel d'être socialiste. Mais je

voudrais que quelqu'un me formulât nettement la doctrine socialiste.

— Je vous avoue, dit Claude, que je ne suis guère renseigné non plus... dans mon pays la question socialiste ne s'est pas encore posée... » Il était gêné de son ignorance des grands problèmes modernes qui s'agitent en Europe et sur les données desquels une jeune fille, parce qu'elle est née à Paris, était mieux informée que lui, bachelier ès-sciences. Cette demoiselle parlait avec aisance sans s'arrêter et lui donnait par sa simplicité l'assurance qu'il y en avait beaucoup d'aussi instruites qu'elle en France.

— Votre pays est un pays dont j'ai beaucoup entendu parler ici mais sur lequel je n'ai jamais rien trouvé de bien évocateur... »

Alors Claude, sentant qu'elle voulait par bienveillance changer de conversation, lui cita des poètes : Leconte de Lisle, Léon Dierx.

(( Il faut m'excuser, déclara-t-elle, et vous allez peut-être vous moquer de moi, mais je ne comprends pas beaucoup les vers. Au contraire, ce qui est science, études sociales, m'intéresse inflniment. En ce moment, je compare les brochures qu'on répand dans le peuple pour combattre l'alcoolisme : ne trouvez-vous pas qu'on procède d'une façon très gauche? On commence par invectiver les alcooliques qui alors jettent la brochure à la première page. Il n'y a que des phrases : les faits précis et instructifs, les statistiques manquent. Mais j'ai sans doute tort, dit-elle, en souriant, de combattre l'alcool : votre pays, je crois, produit beaucoup de rhum?

— C'est vrai, dit Claude riant.

— Et je m'imagine que votre fiancée doit posséder des usines à sucre ? ajouta-t-elle avec un sourire d'espièglerie amicale.

— Oh! non, pas du tout » dit Claude et il ajouta, riant encore : « Je ne fais pas un mariage d'argent...

— Vous avez alors en main le maximum de chances... » reprit-elle gravement sur un ton de jolie généralisation. Puis elle se tut, se retirant dans un silence discret où s'efïaçait le souvenir des phrases qu'elle avait prononcées. Sans devenir ni plus froide^, ni plus lointaine, elle se recueillait naturellement, avec un charme d'écoliôre, dans une mystérieuse modestie. Et Claude se sentait presque content de lui d'avoir échangé des idées avec une jeune fille parisienne qui n'était ni poseuse, ni très bien mise, ni frivole, ni jolie, qui était très intelligente sans pédanterie, avec qui bien qu'on fût un jeune homme on pouvait causer agréablement sur le ton de la cordialité comme avec un camarade. C'était vraiment quelque chose de différent des demoiselles créoles à qui il faut faire la cour sous peine de rester muet. C'était une amie comme celle-là qu'il eût fallu à Eva.

(c Est-ce que vous êtes de Paris, mademoiselle?

— Oui, monsieur... Mais je n'aime point Paris. J'ai beaucoup voyagé.

— Vous avez traversé la mer?

— Ohl non, les médecins ont dit que la mer ne me valait rien, tandis que j'adore voyager dans le train : j'ai parcouru ainsi l'Espagne, le sud de la France, la Belgique. » Elle était un peu triste :

« Mais je voudrais qu'on put voyager sans avoir à s'arrêter, car là oii l'on s'arrête, je trouve qu'on s'y attache beaucoup trop vite et alors, à chaque départ, c'est un nouveau petit frisson froid très désagréable au cœur. Et je n'aime pas la souffrance.

— Alors qu'appréciez-vous dans le voyage? demanda Claude.

— Voir des étrangers... « Et plus vive : « J'aime extraordinairement surprendre ce qui se passe ailleurs, me sentir étrangère.

— Cela ne vous suffît pas d'être Française? » Elle hésita : « Pas plus qu'il ne vous a suffi d'être

créole. »

Elle détourna la tête, regardant gentiment en l'air: « Puis j'aime l'espace pour la sensation qu'on éprouve d'être libre et de fuir. Ni mes frères, ni mes sœurs ne peuvent me rattraper à la course. A cause de cela on m'appelait à l'école f hirondelle. Le fait est que j'aime beaucoup les hirondelles parce qu'elles ont un petit visage d'insecte, laid et pointu, tout criblé de peur et de sauvagerie

— Les jeunes filles créoles sont plutôt casanières, » dit Claude.

M'"^ Dubois-Mahaud l'avait entendu :

(( Pas toutes I cria-t-elle avec un soupir où se souleva péniblement son gros corps. Yoilà-t-il pas ma petite nièce Chouchoute qui m'écrit qu'elle tient de moi, qu'elle ne peut plus supporter la vie delà-bas, qu'elle accourt à Paris et qu'elle descendra chez moi? Ces filles-là ne doutent de rien... Je vous demande un peu. Je la recevrai une semaine^ et puis elle ira se

loger où elle voudra... Je ne vais tout de même pas tenir à Paris un asile de nuit. »

Les vieilles dames riaient. Claude qui n'avait pas quitté son pardessus se leva pour partir, salua les dames qui ne répondirent point, et tendit respectueusement la main à la demoiselle qui lui dit négligemment bonjour, comme si maintenant qu'on avait fini de causer ils étaient redevenus étrangers.

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