A PROPOS DE BLASPHÈME
Un homme vient d’être condamné à un emprisonnement de huit jours pour blasphème — à Ventimiglia, province de Gênes.
Huit jours — ça ne vaut réellement plus la peine ! — Parlez-moi du bon vieux temps;
Sous Louis XII (édit du 9 mars 1520) :
« Ceux qui feront de vilains serments contre Dieu, la Vierge et les saints, payeront une amende qui sera toujours doublée à chaque récidive, jusqu’à la cinquième fois ; alors, ils seront, en outre, mis au carcan; à la sixième, ils auront là lèvre supérieure coupée d’un fer chaud ; à la septième, on leur coupera la lèvre inférieure, et, à la huitième fois, la langue. »
SG
En 1542, le parlement de Toulouse a condamné pour blasphème plusieurs particuliers, les uns à recevoir le fouet et à avoir la langue percée, deux à avoir la langue coupée.
En 1545, arrêt de mort au parlement de Paris pour blasphème.
En 1578, arrêt qui condamne deux particuliers à être pendus, puis brûlés avec leur procès, pour blasphèmes exécrables.
En 1607, arrêt qui condamne un savetier de Paris à être pendu pour blasphème.
Ordonnance du 20 mai 1681, qui défend à tout soldat de jurer et blasphémer — sous peine d’avoir la langue percée d’un fer chaud. — Cette disposition est renouvelée en 1727.
En 1720, deux particuliers condamnés à avoir la langue coupée, et à être brûlés vifs pour blasphèmes exécrables.
En 1725, Joseph Pinard , convaincu de jurements et blasphèmes; a été condamé à avoir la langue percée d'un fer chaud, puis mené aux galères pour cinq ans.
En 1748. à Orléans, un autre blasphémateur a été
condamné à avoir la langue coupée, et, ensuite, à être pendu.
En 17o7 (il y a cent ans ! ), loi qui déclare que ceux qui auront composé, fait composer ou imprimer des écrits tendant à attaquer la religion seront punis de mort.
A la bonne heure !
Cependant il reste un argument contre ces rigueurs.
Comment se fait -il qu’elles n’aient pas été plus efficaces et qu’elles n'aient pas empéché d’arriver le temps où nous sommes et où certain parti les regrette? Elles ont donc été inutiles? Cela vaut la peine qu’on y réfléchisse un peu avant de demander leur retour.