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CHOSES GAIES

Pour me faire pardonner ccttc longue disserlation, je vais la terminer par deux ou trois choses gaies, que

j'ai ramassées dans l’enquête sommaire et préalable que je viens de soumettre à mes lecteurs.

Voici une annonce qui a élé publiée :

« NOËL YMONNET, magnétiseur, a l’honneur de faire savoir au public qu’il vient de s’adjoindre des somnambules très-lucides, qui ont trouvé un moyen efficace pour garantir les cheveux de tomber et de blanchir avant l’âge de quarante ans. »

M. Gentil est accusé par M. Mabru de se servir du magnétisme pour retrouver les chiens perdus, et s’accuse lui-mème de faire apparaître la sainte Vierge et l’Enfant Jésus.

Lorsque le magnétiseur Lafontaine était à Naples, il reçut du préfet de cette ville l’ordre de partir dans les six jours. Voici ce que cet habile magnétiseur a

écrit en racontant cetle affaire :

« Furieux, je courus à la préfecture de police, et je menaçai M. le préfet de l’endormir et de ne plus le réveiller, ainsi que toute sa police, s’il ne révoquait cet ordre à l’instant. »

Il faut croire que le préfet s’est rendu aux injonctions de M. Lafontaine, car rien n’a prouvé, de-

puis, que ni lui ni sa police se soient endormis.

Un magnétiseur recommande de magnétiser l’eau destinée à éteindre les incendies:

Un autre, de magnétiser les gilets de flanelle et les bas de laine destinés à tenir chauds la poitrine et les pieds d’un malade.

Ils ne s’arrêtent pas à cette objection que, si c’est le fluide qui éteint, il n’y a pas besoin du concours de l’eau qui passe pour éteindre ainsi et qu’il serait plus brillant de magnétiser le feu.

Que si c’est le magnétisme qui tient chaud aux pieds et à la poitrine, il serait plus convaincant qu’il se passât de l’assistance de la laine, qui a la même prétention, et que le beau serait de remplacer la flanelle et les bas de laine par l'habit de papier gris de cadet Roussel — qu’il ne met que quand il gèle — et

qui probablement était magnétisé.

Terminons définitivement en ramassant deux des projectiles trouvés sur le champ de bataille.

M. le baron Dupotet aux savants :

« Nos académiciens occupent un nid commun, et,

lorsqu'un de ces rares oiseaux meurt, la place qu'il quitte est aussitôt prise, et gare les coups de bec aux oiseaux en retard ! Ce nid est sale et vieux, il es* construit avec des branches mortes et des détritus de vieux chiffons; qu'importe! ils y font leur ponte et leur couvée, et, comme les oies du Capitole, ils sont tous nourris aux dépens de la République; cependant ils n’ont jamais rien sauvé, et ils sifflent toujours le même air, ce qui est très-ennuyeux. »

Touché !

Un académicien aux magnétiseurs :

a J’admire certains magnétiseurs qui ont l'audace de vouloir prédire l y avenir, quand ils ne savent pas eux-mêmes s'ils pourront dîner. »

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