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immonde; sur les bouquets de feuillage que, apiès les avoir salis de sa bave, elle achevait de ronger; dans les anfractuosités des troncs et dans les bifurcations des branches où grouillait, serré dans un refuge de toile grossièrement filée, un paquet amorphe de feuilles rongées et de chenilles gluantes, on p'omena le feu ardent et la flamme pétiljante.
Ce fut la fin. L’être rongeur, tout-à-coup, arrêta son silencieux travail. Le sol fut bientôt parsemé de larves qui, stupéfaites, asphyxiées, rôties, demi-mortes, se tordaient agonisantes sur la terre humide.
Quelques semaines plus tard, la forêt reverdie, parée de son feuillage rejeuni, avait repris sa splendeur printanière.
Ure chenl'e d’un nouveau genre s’est attaquée à notre langue, la salit de sa bave, la ronge de ses mandibules visqueuses.
Cette chenille: C’EST L’'ANGLICIS- ME!
démies et écoles des C'erca Saint-Viateur, des Frèr 8 des Ecoles Chrétie nee, des Frères du Sacré-Cœur ; les couvents des Sur: Jécn- rt Marie. de la Corgrégation, de Sainte-Anne. 4e Sauinte-Cra:x, du Fon-Pasteur. etc, .etc.: 1re conmmiasinne sro'nires de Montréal, Sherbrooke, Snint-Cvrille de Wendover: \MM.les curés de nlusieurs paroîsces en nnt nreheté des centaines pour les distribuer gr uitement aux instituteurs, aux institntrices et aux élèves.
On “emaranera aue la présente édition contient un chanitre snécialanx maisons d'éducation et que, dans chaque chapitre, afin de faciliter les recherches, les anglicismes ont été mis par ordre alphabétique.
C’est contre l’envahissement des armées qui sont sous ses ordres qu’il faut aujourd'hui se mettre “EN GARDE !”
Que les bons soldats de Ja cause nationale se dèvent, qu’ils saisissent la torche allumée au foyer du patriotisme! Qu'ils promènent sa flamme ardente dans notre langage journalier! Qu'ils la fasse passer dans toutes nos phrases obscures! Que.
guidée par leur main diligente, elle pénètre dans les anfractuosités de ces longres pèriodes où se cache la chenille anglicissante !
Cette oeuvre d'épuration accomrl'e, Ja plaie envahissante se rétrécira et disparaîtra finalement. Peu après ce patriotisme échel'organe ‘de la vérité, des sciences, de la persuasion, de l’éloquence et de la prière.
C'est la pire des choses en ce sens qu’elle est la mère des procès, la source des guerres, l’organe de l’erreur, de la jalousie, de la haine, des divisions, des querelles et du blasphème.
La langue parlée a les mêmes prérovatives que l’organe de la parole. Une langue bien parlée est la plus belle des choses: une langue mal parlée, bariolée d’anvlicismes, c’est comme le deuxième mets d'Esope: Ja pire des choses.
Estimons-la
Certes, nous n’avons pas à rougir de notre langue! “Elle est si limpide, disait un consul de France au Canada, M. Kiezkowski, qu’elle est un filtre pour la pensée, nillage, la langue française parlée en Amérique retrouvera sa grâce primitive et ses anciens charmes.
Esope, parlant de la langue hamaire, digait que c’est la meilleure et la pire des
choses.
C’est la meilleure des choses, car elle est si riche qu’elle peut tout dire, si souple qu’elle sait faire entendre tout ce qu’elle ne dit pas, si ferme et en même temps si douce qu’elle est une caresse pour l'esprit autant qu’une joie pour l’oreille. Elle sait rire; elle sait pleurer; elle sait interprêter la grande voie de la douleur humaine. Elle est reine parmi ses auteure soeurs, Sa Majesté la langue française.”
A l’éloge de la race qui la parle, la langue française est reconnue aujourd’hui pour la langue des arts, de lérudition et des belleslettres. Les littérateurs et les savants de langue étrangère à la nôtre qui se sont illustrés depuis dix siècles, savaient le français. Depuis les sièoles nombreux que le
France exerce son influence dans les conseils internaticnaux, on peut dire que c’est en français que j’humanité rédige son histoire. C’est cette langue que parlaient Corneille, Racine, Molière, Fénélon, Bossuet, tous écrivains illustres dont le soleil de gloire illumine encore notre firmament littéraire. On l’enseigne dans tous les pays. À Londres et à New-York, classe choisie l’apprécie hautement. Il y a dans ces deux villes des théâtres où se jouent exclusivement les dernières productions littéraires du génie français, et ces théâtres sont fréquentés par l'aristocratie anglaise et américaine. Les millionnaires considèrent comme un raffinement d’éducation le fuit que leurs enfants sont initiés aux magiques beautés de la langue de Fénelon.
C’est une canadienne-française, Mlle Drolet, de,Québec, qui fut la gouvernante des enfants de Théodore Roosevelt, ex-président des Etats-Unis. C’est elle qui a enseigné aux fils et à la fille de “Teddy” à parler notre langue,
Tous les chefs-d’oeuvre français sont traduits en anglais et font les délices des fils de John Bvll comme ceux d'Uncle Sam.
On enseigne le français dans tous les paye, on le parle à toutes les cours royales et on se fait une gloire de le parler à la perfettion. C’est en français que Napc'éon dictait ses lois aux autres souverains d’::urope devenus ses tributaires. ‘C’est la langue de la diplomatie et des milieux aristo-
ÉD
cratiqu=s. Dans toutes les cours d'Europe, à Londres, à Madrid, à Rome, à Bruxelles, à St-Pétersbourg, à Venise, et même à Berlin, le frança's est en honneur. Le Kaiser Guillaume, l'éternel et juré ennemi de la Répui lique, daigne même laisser tomber de se: lèvres le doux parler de France. Le fils d> ncte Graciux Souverain Georges V, le Piince de Galles, est actuellement à Paris où il se “amil'arise avec notre langue qu’il jiont à parler sussi bien que le Roi, son père.
On rezennaît à la langue française tant de précision et de vetteté que c’est dans cette langue que les nations signent leurs conventions et qu’elle est ainsi devenue la langue diplomatique par excellence.
Le traité qui a mis fin à la guerre Tus$Ojaponaise, l'une des plus sanglantes dans l'histo re ce l'humanité, celle qti a teinté de sang l'auro'e du vingtième siècle, a été passé aux Ltats-Unis, devant le président Roosvelt et deux des plus distingués diplomates de la Russie et du Japon, et c’est en français qu'a été rédigée cette importanie pièce diplomatique.
Il y a quelques mois à peine, le gouvernement de la récente République Chinoise reconnaissait des droits officiels à la langue française et la mettait eur le même pied que ja langue chinoise dans la rédaction des documents publics.
C’est l’opi: ‘on de M. Errol Bouchette que
ESS es
la plupart des Anglo-Canadiens et des Américains éciairés aiment notre langue.
“Nous ne pouvons en douter, quant au Canada, dit-il, car nous trouvons à l'Université Mc- Gill un véritable foyer de culture française. Un des plus fervents amis du français au Canada fut le regretté professeur Greg.
“A l'Université de Toronto, ;: culture françcaise est aussi en honneur: elle a des chaires de français, elle envoie même plusieurs de ses finissants à la Sorbonue, e! ou: avons nousmême eu le plaisir &e lire des thèses écrites en français par des gradués de Toronto et publiées par les autorités de l’Université de Paris. Depuis l'Atlantique jusqu'au Pacifique, nous comptons au moins une viastaine d'universités canadiennes où l'on enseigne le français. Toutes ces universités, sans parier du cas exceptionnel de McGill, sont à des dégrés divers, des apôtres de la culture française.
‘“‘Aux Etats-Unis, on compte par centaines les universités où l'on cultive le français. L'Université de Harvard est un centre de propagande française. Les professeurs pour la plupart font des stages en France, les professeurs français les plus connus viennent régulièrement donner des cours èt nous-mêmes bénéficions de ces avantages. Un grand nombre de Francais d'tingués qne nous entendons ici sont attirés par Harvard.”
Ecoutons la voix J’un barde -+nadien chanter, dans une prose lyrique, 1 ocautés de l’idiome que nous devons être glorieux
ce parler:
“O belle, Ô parure, à noble, à délectable langue française!
“Dieu qui aime les Français et par lesquels ses desseins s’accomplissent, leur a mis dans la bouche, en témoignage de leur mission sublimr,
le parler le plus suave, le plus doux, le plus fin, le plus fort, le plus touchapt qui ait jamais chanté sur des lèvres humaines! Eclatant comme le cor de Roland à Roncevaux, il a vibré, de mort en vallée, aux quatre coins du monde!
Et les voix divines qui ont commandé à Jeanne d'Arc de bouter l'Anglais hors du Royaume de France n'étaient-clles pas des voix fr:nçaises? Donc, les anges et les saints ont parlé la langue de nos pères!
“O belle, à pure, Ô noble, Ô délectable langue françaie!
“Langue riche, magnifique, somptueuse, comme un velours écarlate frangé d'or; langue simple, et naïve, et sincère, et fervente comme une vierge approchant pour la première fois la table sainte! Langue possédant toutes les vertus, ornée de toutes les grâces, douée de toutes les qualités! Langue pieuse: “Notre Père qui êtes aux cieux...” cela ne se dit bien qu'en français, et avec un air de vérité plus évidente. Les mots sont tellement limpides qu’à travers leur transparence il nous semble voir jusqu'au
fond du ciel!