‹ En garde! [microform]Chapitre 30 sur 33 · IV. — LE MUSICIEN · texte numérisé non relu

IV. — LE MUSICIEN

Bande (band), fanfare.

Double-basse, contre-basse.

Drum, caisse ; basse —, grosse —, kettle—timbale d’orchestre ; fambourine, tambour de basque; fifting-drum, accessoires pour cais-

se.

Fitchpipe, diapason.

LE

Mouth-peice, embouchure ; music desk, pupitre, lutrin; music-paper, porte-musique.

Grand-piano, piano à queue; piano-glass, socle, godet isolateur; tron-frame piano, — à cadre de fer; piano key, touche, etc.

Violin case, étui —; bow, archet; violin peg, cheville de violon; — bridge, chevalet de —; — mute, sourdine: bow-hair, mèche de crins; mandolin-pick, médiateur pour mandoline; — string, corde pour —; — chin-rest, mentonnière; end-pin, bouton; rack, pupitre, lutrin ; read, anche.

L'’anglicisme et les journaux

Voici quelques-uns des anglicismes que, chaque jour, nos grands quotidiens nous servent tout chauds:

Anticiper (anticipate), augurer, présager ; aussi longtemps que (as long as), tant que; en aucun temps (at any time), en tout temps; applicant, pétitionnaire ; at home, réception ; adresser (address), haranguer une assemblée.

Bureau de Santé (Board of Health). Conseil de Salubrité; boom-er, pousser, lancer une affaire ; un boom, une fièvre. :

Carrière légale (legal), d'avocat; élu comme (elected as), élu maire; comité des chemins (Road committee), commission de la voierie: charrue à neige (snow-plow), chasce-neice; circulation, tirage.

Delivrer une lecture (deliver a lecture), donner une conférence; être en difficultés

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(in difficulties), à la gêne; sans discrimialion, sans égard; dissatisfuction, dissentiment; draw-back, désavantage.

Editeur (éditor), rédacteur; article édilorial, article de fonds, ou premier-Montréal, premier-Québec, selon le cas; évaluateur (evaluator), estimateur; exposé financier, état budgétaire; extra, supplément. j

Filière (file), suite, collection d’un journal; dû au fait que (owing to the fact), dû à ce que.

Hall, salle publique; humbug, hâblerie.

Injures corporelles (corporal injuries), | blessures.

Lawn festival, fàäbe champêtre.

Motorman, garde-moteur; meter, Compteur.

Originer (originate), prendre naissance ; obtention d'argent sous de faux prétexles, escroquerie; dans l'opinion de (in the opinion of), d’après l’avis de, etc.

Patroniser (patronize), favoriser; police montée (mounted police), gendarmerie à cheval; provisions, disposition de la loi; police d’eau (water policæ), police de rade; être positif (positive), convaincu; un parti (party: groupe, escorte) joyeux survint.

Qué, façon anglaise d'écrire: Province de Québec, au lieu de P.Q.

Reporter, nouvelliste; rencontrer (meet), recevoir l'approbation; refracer (retrace), ' aller à la source; réaliser (realise), æ rendre

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compte.

Span, tablier (d’un pont).

Square ou Carré, place. On dit Place Viger, Place d'armes, Place Saint-Louis, et non pas Carré Saint-Louis, d'Armes, etc.

Self-made man, fils de ses oeuvres; strikr, grève; scab, non-gréviste; speech, haranguc : sur (on), dans le journal; scoop, primeur ; stocks consolidés (consolidated stocks), fonds publics ; assurance à stock, à fonds.

Townships (cantsns) de l’Est; thanksgiving, actions de grâces.

Venir de l'avant (go forcard) pour, etc., se présenter dans Bonaventure; vicinité (vicinity), voisinage ; vindication, vengeance.

Wrestl-er, du wrestlage, lutter, de la lutte.

XVTII Pot-pourr! d'’anglicisme

Sous ce titre, je fais défiler toute une kyrielle de mots qui ne peuvent se ranger dans les catégories précédentes.

Ami personnel (personal), intime; appointer, donner rendez-vous; appeler des noms (call names), donner, etc.

Bolt, boulon; prendre une —, ‘ (course) ; bolter, boulonner ; — abandonner son parti, se sauver, s’esquiver, décamper; — g’em-

baller ; bolteur, lâcheur ;botanist box, boîte à herboriger : Board of Trade, Chambre de Commerces: brandy-nose, trogne : bowi-er, bowling alley, jouer aux quilles, jen de quilles.

Chéver (shave), prêter à usure, surfaire

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le prix; cash register, enregistreur mécanique; C. O. D. contre remboursement.

Cap, casquette; smoking-cap, bonnet grec, calotte; cap (d’un fusil) capsule, amorce; carriage, train d’une voiture; channel, gravure (cordonnerie) ; check, chèque; Christmas, cadeau de Noël; contempler (contemplate), avoir en projet une certaine chose; currant, raisin de Corinthe ; coltor (coaltar), goudron; clog-dance, gigue; cail (coil), bobine ; crosheur (crush), concasseur.

Check, (chèque) de cent piastres; — (bulletin) de bagages; — (étiquette) de marchandises ; — (fausse rêne ) de bride; checkage (enrégistrement) de bagages; —, étiquotage le marchandises; — (enrênement) d’un cheval; — (pointage) d’une facture; —, (vérification) d’un compte; déchecker (démarquer) des marchandises ; checker (pointer) des listes; checkeur (vérificateur).

Clairance, congé, quittance, chemin, défrichement. |

Clairer, congédier un commis; — un prisonnier, l’acquitter, l’élargir ; — un débiteur, lui donner sa quittance; —la place, faire place nette, —son assiette, faire plat net; — un terrain, le défricher; — une maison, la vider; — la foule, la disperser; — Ja neige, l’enlever: — dix pour cent, faire un profit, etc; se clairer, se libérer d’une dette; se clerer d’une maladie, échapper à, etc.; — d’une affaire, s’en tirer; — un chemin, se frayer, etc.; le temps se claire, s’éclaicit.

Re. — 109 —

Craque (crack), fissure, félure, fente, rupture, crevasse, détraqgrement de cerveau.

Vase craqué, fèlé; table craquée, fendue ; mur —, crevassé; craque (iêlure) au crâne; craqué, fou; poutre —, rompue ; l’homme, détrequé; la terre se craque, fendille, crevasse.

Dandy, élégant, précieux, fat; deadlock, impasse ; dépendre sur (upon), dépendre de, ete.; derrick, grue, chèvre; Dégo (dago, davue, poignard), sobriquet donné aux Italiens; demander (ask), poser des qur:itions ; direck (derrick), grue; draft, courant d'air; sur (on), dans la rue, etc.

Flat, plain-pied, maison de rapport.

Full-steam, à pleine vapeur; fuse, fusée; free, gratuit, libre, public; fiti-er, poser, ajuster; jouer first meilleur, avoir le premier droit.

Fair, juste, légitime, raisonnable; fatrplay, impartialité, franc-jeu, bon jeu ,de bonne guerre; donner fair-play, — les coudées franches.

Green-back, sou; grind-organ, hand-organ, orgue de Barbarie; Good shot}, Good eye! ; Bravo! Bien dit!; gadje (gauge), manomètre, indicateur de niveau; gradu-er (graduate), prendre ses grades.

Job, travail, tâche, besogne, emploi, tâche difficile.

Trouver une j0b, travail, emploi; job (besogne) de la journée; se débarrasser d’une job (tâche) ; grosse job, entreprise ; frapper une job, trouver une bonne affaire; tra-

vailler à la ob, à forfait ou sans précaution ou à l'entreprise; job, sulde de marchandise; vendre des jobs, soldes; jobs d'imprimerie, ouvrage de ville; jobber, entreprendre; jobbeur, spéculateur, revendeur, entrepreneur, bousilleur; Jobbing-express, voiture de factage, camion.

Hello!, Allo!.

Junior ou sr, cadet ou aîné; Coquelin-junior, Coquelin-senior, Coquelin-aîné, Coquelin-cadet ; joke, farce ; djoqueur, farceur ; djoquer, faire le drôle.

Joindre, (join): joindre l’église catholique , devenir membre de, atc.

Kindergarten, nursery, Jardin de l’Enfance.

Lacrosse, crosse ; ligne engagée, communication prise (au téléphone).

Mean, petit, vil; meeting, assemblée, réunion; mitaine (meeting), conventicule, tem.

ple protestant; misdale, maldonne: mistake, erreur; MOrning-coat, pyjamas; magasiner, (shopping), courir les magasins, faire des emplettes; moi pour un (I for one), quant à moi; mir-eur, malaxeur.

Sous prétexte d’être gracieux on dit à une personne absente depuis quelque temps:

“Nous vous avons manqué” (We have missed you). Si l’on considère que “manquer” queiqu'un, c’est ne pas réussir à lui faire du tort quand on le désirerait, l’expression ci-hant mentiinnée est loin d’être une galanterie.

Claire a marié (married) Louis. En voilà encore nm autre. Un prêtre marie deux fian-

cés ; un père peut marier sa fille; mais qua d il s’agit de sa fiancée, on se marie avec € le ou on l’épouse.

Overtime, travail supplémentaire

Pareil comme (such as), semblable à ; par tir (start), ouvrir un magasin; pledge, engagement de tempérance ; penégrit (pedigree), généalogie; prospecteur (prospector),

orpailleur; prospect-er, chercher e des fouilles; avoir une play, (dis a, chicane), avec quelqu'un; picopp-e: k up), ramasser; plug, bougie; pipe-wr cle® à tuyaux.

Railing. balustrade (à l'égli ram

(d’un escalier), garde-fou (d'u vont) Rug, paillasson, carpette, de nte @ li, couverture de voyage, etc.

Set, collection, réunion, as -timent, ser vice, garniture, ameublement,

Set (collection) de livres. — beok-leeping, série de comptabilité; — ne) d'amis; — (clique) de vau. ens; piéiade) d’hommes capables; — (assmrt nent}

de marchandises ; — (attelage) de = « — (assortiment) d’ustensiles-de eus:

(service) de vaisselle; — (service) à der, de couteaux, une coutellerie; — (=srvice) à découper; — (parure) de diamant, de fourrures, ebe.; — (garniture) de boutons.

de rubans; — (ameublement) de salon; — (accessoires) de bureau.

Steady, constant; spleen, morbidess, morosité; scrap-book, album à découpures; temps slack, mome; spin-ner, filer; spin-

il:

PAPER Léa a DR Éngnnmseran rte ven

ning-room, salle des tisserands; shocking!

horrible! ; show-case, vitrine; homme de

spare, supplémentaire, de réserve; faire des

steps, des gambades; strap-per, attache, fixer; être supposé (be supposed), être censé; sôquer (soak) quelqu'un, le “mettre à &.

place”; skipp-er, s'échapper ; spark, étincel-

le.

Toff-er supporter (une opération, le froia, . ete.).

T'im-er, (time), supputer le temps; tit for lat, un prêté pour un rendu; {wist, tour; trick, truc; pêche à la troll, à la cuiller, moi t{ou (too), aussi; {wist-er tight, attacher serré.

Usé (used), être bien usé, traité.

Vacuum cleaner, balayeuse mécanique, aspirateur par vide.

Weav-er, tisser ; weaver, tisserand ; être volontiers (willing), consentant.

Le remede au mal!

Les exemple: donnés dans les pages précédentes sont plus que suffisants pour démontrer que notre langue est gragrenée pa:

Panglicisme et qu’il est opportun de trouver le vaccin préventif de cette vérole qm défigure notre langue comme la petite vérole défigure et enlaidit les visagrs les plus

gracieux.

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Le mal est réel, évident ; il crève les yeux. Où trouver le remède ?

Surveillons d’abord notre langue. Chassons-en impitoyablement le mot anglais, 1 tournure anglaise, l’anglicieme.

Ne daissons pas dormir. nos dictionnaires dans la poussière ; consultons-les au besoin.

Corrigeons fraternellement ceux qui, sur ce point, sont trop iasouciants. Si nos gens de la campagn” “Ant excusables, que penser des personnes ” ïites qui baragouinent un algébriqu «ange d’anglo-françaisf Elles forment * classe dirigeante et doivent donner le ton; et, pourtant, elles parlent plus mal que les personnes qui n’ont pas eu l’avantage de s’instruire.

Il faut garder notre langue, et le meilleur moyen de la garder, c’est de la bien parler:

dans la vie sociale, au foyer, dans les couversations amicales, à la gare, à la poste, au magasin, partout.

Un jour, un Européen de passage en Chine, voulut sæ faire confectionner un habit. Il prit son vieux vêtement, le porta chez un tailleur chinois et lui demanda d’en faire un semblable. Le fils du Céieste Empire

. suivit à tel point l’ordre du voyageur euro-

péen, qu’il mit sur l’habit neuf trois taches

de graisse, comme sur le vieux, et qu’il fit des dé‘‘rures au même habit afin de pou-

voir r rei..- ‘es pièces, comme à l’ancien.

Cxt Vescinple de nos faux patriotes, trou ft a grcierx vêtement de notre langue 21" ie ra if er d’une étoffe étrangère,

mettant de côté le drap précieux dont elle se compose et le remplaçant par des pièces bigarrées et burlesques.

“Que ceux des nôtres, dit Tardivel, qui ont réellement besoin d'apprendre l'anglais, l'apprennent; qu'ils l'apprennent bien. Cependant qu'ils apprennent d’abord le français et que le français reste toujours leur langue maternelle, leur vraie langue. : Soyons convaineus que Mgr Laflèche, ce grand Canadien-français, avait raison de dire qu'il n'aimait pas à entendre ses compatriotes parler l'anglais sans au moins un petit accent français. Le mot est profond et renferme, un grave avertissement.”

Ce n’est pas à dire qu’il faille négliger l'anglais. Loin de moi une telle prétention.

Le Canadien-français doit savoir les deux langues, surtout s’il se destine au commerce ou aux carrières libérales.

Avec l'usage des deux langues, nous parviendrons à des sommets, qu’en ce pays, l'Anglais unilingue ne pourra jamais atteindre.

“Un homme qui ne sait qu'une langue n’en vaut qu'un: un homme qui sait quatre langue en vaut quatre.” disait Fréderic-le-Grand.

“Un homme qui sait plusieurs langues, dit Suite, a es manières de penser, des nuances d'idées, des tournures d'expressions, une justesse de perception qu'il n'aurait pas, s'il n'avait qu'une langue. Son fond d'idées est augmenté de tous les mots qui ne peuvent être traduits et il y en a beaucoup.”

A égalité d'avantages financiers, les bons

patriotes devraient toujours choisir les marchandises françaises et faire leurs achats dans les magasins où le français est en honneur. |

Dans une ville canadienne-française des Etats-Unis, un magasin dont presque toute la clientèle était de lengue français, n’avait pas ua seul commis parlant cette langue. Des patriotes, un jour, jouèrent un bon tour au patron. Plusieurs se réunirent et décidèrent d'aller, les uns après les autres, demander en français seulement ce dont ils avaient besoin. Comme on ne leur répondait qu'en anglais, ils tiraient la révérence au commis et allaiet acheter ailleurs. Le pro priétaire du magasin, en homme d’affaires.

s'aperçut de la diminution rapide de sa clientèle et, au bout d’une semaine, il avait deux commis de langue française. C’était une position assurée à deux de nos compatriotes et le plaisir, pour les acheteurs, d’être bien compris et d’être servis à leur goût.

Nos gens ont tort encore d’employer l’anglais au téléphone. En n’employant que le français, ils obligeraient ces compagnies à avoir des opératrices bilingues et, comme le» Anglais ont le tort de ne pas savoir le fran- - Gais, ce serait autant de positions assurées à nos concitoyennes.

Dans les grands magasins de nos villes, les commis ont des salaires proportionnés aux ventes qu’ils font. Quand nous employons l’anglais au lieu du français, nous arrachons le pain de la bouche de nos frères pour le don-

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ner aux autres et nous diminuons d'autant le prestige de notre race.

Que les Canadiens-français du Canada et des Etats-Unis exigent, dans les magasins, de n'être servis que par des commis parlani français, et, du coup, ils auront doublé leur importance.

L’anglomanie ou imitation des coutumes,

usage:, moeurs des fils d’Albion contribue

. aussi à l’anglicisation de notre langue.

Les relations sociales, les conversations, nous fournissent tout un cortège hétéroclite d’habitudes et de mots anglais.

Ecoutez converser les personnes même très-instruites et vous constaterez que leur langage foisonne de mots comme ceux-ci :

Smart, gentil; cute, spirituel ; game, enjoué; fine young man, gentil garçon ; swell, bien mis; sport, galant; des époux bi: matchés, assortis, accouplés; je vous introduis (introduce, présente) M. X.; câll-er, diriger une danse ; danse vive (quick dance), danse à deux ou danse tournante; payer (to pay), rendre visite; flush, généreux, libéral : bachelier (bachelor), célibataire; sweet.

heart, amie; friend, ami: lover, cavalier.

fiancé; comment êtes-vous (how are you).

comment vous portez-vous ?

Anglomanie, l’habitude de prononcer à l'anglaise les mots les plus français, tels que : “‘tell-phôône”, tell’graph”; “aut-mobeele”, “gaz leene”, etc.

Anglomanie, l’habitude de prononcer à l'anglaise la lettre “t” : “Ttés ttombé”, “tas ttort”. Imaginez le baragouin de ces particuliers lorsqu'ils disent des phrases comme celle-ci : “Ton thé t’a-t-il oté ta toux ?”

Anglomanie encore, la mode de donne:

aux enfants que l’on présente au baptême des noms comme ceuxci: Henry, Willie, William, Walter, Johnny, Mary, Annie, Gertie, etc. - —

Anglomanie encore, la mode d’écrire la première lettre des jours du mois, et de la semaine, avec des majuscules.

Anglomanie, l’usage d’écrire la première lettre de tous les mots d’une affiche, des en-têtes de lettres, des articles de journaux avec une majuscule: Nous Avons Du Bon Thé A Vendre, etc.

Anglomanie, l’habitude de faire précéder du mot “Révérend”, le nom des prêtres catholiques appartenant au clerger séculier.

Anglomanie, la façon de s’aborder en anglais, de se souhaiter le bonjour ou le bon.

soir par un “Good day!” ou “Good night!

de remercier à l’anglaise par “Thank you!” ou de répondre au remerciement par le mot “Bienvenu !” (Welcome).

Anglomanie, l’habitude de parler en anglais à des fils d’Albion qui peuvent parler notre langue.

Anglomanie inexplieable, que celle des Canadiens-français donnant un nom anglais à la compagnie dont ils sont les actionnaires.

Anglomanie, l’habitude de parler anglais entre Canadiens pur sang.

Anglomanie, la façon d’écrire en anglais les affiches, annonces, réclames, en-têtes de lettre, de factures.

Anglomanie, la mode de faire précéder son nom de famille de deux ou trois initiales: J.-A.-R. Lariflette, au lieu de Jean Lariflette. Les Français signent tout simplement: Raymond Poincarré Henri Brisson, Emile Souvestre, et non pas: J.-E. Lamy, N.-R. Bazin, E.-S. Prud’homme,

Il en est qui, par une bizarre conception des choses, un engouement inexplicable, un snobisme ridicule, ne prétendent trouver de goût que dans la lecture anglaise. Dans la rue, vous les verrez un journal anglais à la main. Dans leur bibliothèque, quelques volumes français seront perdus parmi les ouvrages anglais. On prétendra trouver plus de plaisir intellectuel à lire les chefs-d’oeuvre français dans une langue étrangère. Peu étonnant alors si ces particuliers ont un pauvre répertoire de mots français et si, dans la conversation journalière, le mot anglais ne vient supplanter le mot français.

En lisant le français, ils formeraient leur goût, garderaient la mentalité caractéristique de notre race, se formeraient un vocabu:. laire de mots choisis, meubleraient leur intelligence de choses infiniment utiles et fe. 4 raient croître dans leur coenr un patriotisme dont il est déplorable de constater l’absence

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En conservant notre langue, conservons notre fe!

Le danger de l’heure actuelle, s’il n’est pas imminent, n’en est pas moins à craindre.

Ce ne sont pas les dangers les plus apparents qui sont toujours les plus redoutables. Notre peuple ne perdra pas sa langue tout à coup; c’est lentement, graduellement, à force de lâches concessions que ce malhem arrivera. “C’est, dit Lionel Montal, pour n'avoir pas attentivement veillé sur les mille et un détails souvent insignifiants pris séparément, mais qui forment un tout formidable, qu’un jour la dernière génération des Canadiens-français en Amérique soudera le dernier anneau de la tradition nationale et écrira la dernière page d’une histoire que sa postérité lira dans une langue étrangère.”

Notre langue n’e pas de pires ennemis que nous-mêmes, et, si le français doit disparaître du Canada, c’est pour nous qu’il aura été mis à la porte. Nos ennemis comprennent bien l'exactitude du proverbe: “Plus fait douceur que violence” et c’est en lappliquant contre nous que depuis cinquante ans ils ont réussi à obtenir des concessions qu’ils n’auraient jamais obtenues à coups d'ukases ou à le pointe de l’épée. Attaquée au Parlement, notre langue a toujours. eu de vaillants défenseurs. Qu’il guffise de mentionner les Papineau, les Bédard, les Mo-

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