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rin, et Sir Louis-Hypolite Lafontaine qui disait devant la Chambre des Communes ces
paroles d’un vrai patriote : — “Je vais parle
en fränçais. ... pour deux raisons: d’abord, parce que ldhglais ne m’est pas familier, ensuite, pourrais-je parler mieux en anglais qu'en français, que je parlerais encore français parce que C’est la langue que Dieu er
ma mère ont mise sur mes lèvres.”
La France a laissé au Canada ce qu’elle avait de plus précieux: sa religion et sa langue.
” Cette langue, nous l’avons religieusement conservée. I1 y a un siècle et demi, elle était
. parlée à peine par soixante mille Canadiens,
aujourd’hui, elle est devenue la langue maternelle ae trois millions de sujets. Si elle a survécu aux sourdes et perverses machinations d’un groupe ennemi, ce n’est certes pas pour finir lamentablement, enlisée dans l’anglicisme.
“Depuis déjà plusieurs années, disait Mgr Roy, au Monument National de Sherbrooke, en a répandu, de façon à faire accréditer cette parole, que la langue française va mourir dans l'Amérique du Nord, que la langue française est bien malade et qu'elle sé prépare à se faire de joyeuses funérailles. Nous ne sentons pas assez Ce qu'il y a pour nous d'humiliant dans des prophéties semblables. Si nous avions plus de fierté nationale, nous ressentirions l'insüulte colportée jusque dans cette Province; nous saurions comment renvoyer ces oiseaux de mauvais augure, qui sont peut-être des oiseaux de proie, croasser dans un autre pays.
Maïs, si nous faisons un examen de con-
SE
science, nous voyons que Ces prophéties sont appuyées par nos propres lachetées, nos trahisons, nos propres abandons de la langue nationale. Je comprendrais peut être celte prophétie s'appliquant à la région des Grands Lacs où nos pères ont passé par tant d'épreuves, pour la Nouvelle-Angleterre, mais je comprends moins que nous laisserions faire cela sans protester. Et cepeñndant c'est nous qui donnons une apparence de bon sens à ces prétentions.
Laissez-moi, ajoute-t-il, dénoncer cette méprisable littérature du commerce et de l'industrie qui, chez nous, a tué le français. Si je pouvais arracher cette littérature mensongère qui rous montre Jächement asservis à un maitre, qui nous démontre faussement que nous ne pouvons pas faire d'affaire, sans que ce soit en anglais! Que voulez-vous que les étrangers disent de nous quand il viennent à Montréal, par exemple, et qu'ils lisent cette littérature du commerce? Je comprends qu'il faut savoir l'anglais, mais il faut d'abord savoir du français... C'est en cédant à de faiblesse comme celle-ci que nous accréditons l'impression que le français se meurt.”
Les assises de notre langue sont fermes et solides, pourvu que nous ne souffrions pas que les morts formant les pierres qui composent sa structure, soient remplacés par des mots étrangers.
Si, à l'instar des langues d’Esope, le français bien parlé est la meilleure des choses, on peut dire avec raison que le français mal parlé, le français bourré et farci d’anglicismes, c’ést la pire des choses. Peu à peu, sans s’en apercevoir, on accepte un mot étranger, puis une expression complète, puis une phrase entière. Le tournure française de l'esprit se perd graduellement pour être supplantée par
la tournure d’eaprit anglaise. De la tournure d'esprit, on passe aux usages, aux habitu.
des, à la mentalité, enfin, aux moeurs étrangères, de sorte qu’on peut dire en toute vérité que celui qui perd sa langue perd su nationalité. C’est pourquoi, de nos jours, les hommes se classent beaucoup plus d’après la langue qu’ils parlent que d’après la race dont ils sont issus.
L’anglicisme est sans contredit le plus redoutable de tous les dangers qui menacent la race et le génie français en Amérique.
A langlicisation par la violence ou pui voie parlementaire, grâce à Lafontaine et à ss dignes émules et imitateurs, nous avons victorieusecment rés'sté jusqu’à ce jour; à l’anglicisation sourde et pacifique, nous ne résisterons que très difficilement.
Nos aveugles concessions à l’anglicisme sont anticanadiennes et anticatholiques.
“C'est en français, dit l'abbé Roch Magnan, que les Gaulois, nos ancêtres, entonnaient leurs chants guerriers Guillaume le Conquérant l'imposa à l'Angleterre et, jusqu'à Edouard III, les statuts de la Grande Bretagne furent rédigés en français.
En français, Jacques Cartier écrivit sur la croix qu'il planta sur les rivages de la Gaspésie, en prenant possession du sol de la Nouvelle France: “Pour le Christ et pour le roi des Frances”. C'est encore en francais que les pionniers de notre continent ont baptisé nos lacs, nos fleuves, et nos montagnes.
C'est en français que furent signés n0S traités de paix, que nos eapitaines électrisaient nos soldats sur le champ de bataille, que nos orateurs ont soulevé les masses et provoqué leurs appiaudissements.
Ce serait un crime pour le Canadien-français d'abandonner sa langue. Elle est assez glor‘euse pour qu’un pareil héritage ne soût pas dédaigné et laissé, comme un objet de rebut, le long du chemin.
Les concessions faciles à l’anglicisme sont non seulement anticanadiennes ; elles sont aussi anticatholiques. Elles créent un péril pour la foi. “Qui perd sa langue perd sa foi”, est un proverbe basé sur l’expériencæ . Chacun sent, dit un auteur, que le jour où le doux parler de nos aïeux aura cessé de retenir sur les bords du Saint-Laurent, les “eJochers d’argent de nos églises auront fini de se mirer dans les eaux du grana fleuve”. Le conversation de sa langue est absolument nécessaire à la conservation: de la foi du peuple canadien.
Dès que les Bretons, dit l’histoire d’Angleterre, mêlèrent leur langue à celle de leurs vainqueurs, les Anglo-Saxons, ils devinrent schiematiques.
les peuples étrangers qui viennent se r fugier aux Etats-Unis et qui se laissent américaniser perdent vite le caractère distinctif de leur race. L'esprit de la race qui les enzlobe les domine et ils deviennent américains avant que d’être catholiques.
Le sort de notre foi est intimement lié à celui de notre idiome ct la conservation de notre foi dépend de la conservation de notre langue et de nos tradÿ ns nationales.
Les chiffres publics sont 14 pour démontrer que l’anglicisation a fait perdre à l’E-
lise des Eiats-Unis la moitié de ses enfants.
“L'usage de IL zue anglaise, dit un journaliste, en jetant les «catholiques dans les milieux anglo-protestants, est la cause première et principale de cette effroyable trouée dans les rangs de l'Eglise. N'est-il pas vrai que les cas d'apostasie sont extrêmement rares chez les Canadiens-français qui ont conservé leur langue et leur traditions nationales?
L'Eglise est sévère contre les mariages mixtes. Elle multiplie les entraves contre ce qu'elle regarde comme la cause principale de la perte de la foi en Amérique. Or, dans quis milieux se produisent ces mariages? N'est-ce pas dans ceux où la langue anglaise réunit protestants et catholiques dans l'intimité du foyer et des réunions mondaines ?"
Il y a moins de mariages mixtes entre Canadiens-français et anglo-protestants qu’entre ceux-ci et les catholiqnes de langue anglaise. Seule la similitude e langue amène ces alliances regrettables qui ont un désastreux effet sur le maïntien de la foi catholique.
Il n’est pas étonnant que celui qui abandonne la langue française abandonne auss:
ca foi.
Ce qui nourrit notre foi, ce sont les relations sociales, les conversations, les journaux, les lectures où il est constamment question de Dieu, de la Providence, de la religion et du culte catholiques.
Les conversations, les lectures, les journaux anglais sont neutres ou même anticatholiques.
En vivant dais une telle atmosphère, estil sur,renant que le transfuge à une autre
langue respire et g'assimilie des idées neutres, pour ne pas dire anti-catholiques ?
gi nos ennemis en veulent tant à notre langue, c’est qu’ils comprennent qu’elle est le soutien de notre religion. Impossible pou: eux de détruire la foi catholique au Canada tant que nous parlerons la langue de nos mères, de n08 missionnaires, de nos héros et de nos martyrs.
Dieu possède éminemment le sens des proportions et des harmonies. Considérant la langue française comle l’w.r des plus belles qui existent ei voyant notre pays si beau, il a voulu qu’il fût découvert par des exploratours de lague française afin que des noms appropriés soient donnés à toutes ces merveilleuses beautés. Il fallait les noms français pour désigner le fleuve Saint-Laurent, la rivière Richelieu, les lacs Saint-Louis, Saint-Pierre; il fallait des noms français pour nommer le lac et la rivière Saint- François qui ajoutent à nos Cantons de l’Es un cachet idéal de beauté pittoresque.
Conservons bien cette langue dont la Providence nous a Si généreusement gratifiés, faveur dont nous devons chaque jour la remercier. C’est à elle que nous devons notre foi religieuse. Au dix-septième siècle, trois peuples différents sont venus en Amérique.
Les Espagnols se sont arrêtés aux mines
or du Mexique; les Anglais se sont contentés d'établir des comptoirs de commerce
dans la Nouvelle-Angleterre et de faire la traite des fourrures à la Baie d'Hudson.
Anglais et hardis aventuriers Ont suivi missionnaires français, pergant les profondeurs des déserts et des forêts pour y répandre le christianisme et la civilisation, et une main avide, ils ont recueilli les richesses si noblement dédaignées par ces re” ligiux, civilisateurs avant que d’être conquérants.
Des pessimistes prétendent que notre langue est destinée à disparaître et que la race . canadienne-française sera infailliblement noyé dans les races étrangères qui nous iondent.
gi, comm le croassent ces corbeaux de malheur, la barque de notre nationalité se heurte contre la banquise de l’anglicisation, nos conctoyens seront aussi héroïques que les
soldats du devoir, n08 compatriotes sauraient maintenir leur position jusqu’au bout et faire résonner jusqu’à engloutissement complet dans les flots glacés, les harmonies mélodieuses de leur langue maternelle. 5 Mais, faisons fi de ces faux prophètes !
Laissons les à leurs sinistres prédictions.
Vivons d'espérance! Ils en seront quittes pour l’inanité de leurs hululements dans ln nuit de notre avenir, quelque peu agitée, il et vrai, mais sans tempête.
Gardons jalousement cet idiome dont la fait cadeau. Lorsque Car-
ta une croix sur en be langue française : “Pour Dieu et le Roi de France”.
Cette croix, elle est encore debout, ferme et solide. parce qu’elle a notre langue pou:
appui. Chacun sait cependant que le jour où le doux parler de nos aïeux aura fini de retentir dans -notre Province. “les clochers d'argent de nos églises échelonnées sur le bord du Saint-Taurent auront fini de se mirer dans les eaux du grand fleuve”.
11 ne tient qu’à nous de la conserver pure de tont alliage, cette Janbue bénie. flambeau de la civilisation sur le sol d’'Amérique. Elle vivra! Durant des siècles encore.
le doipt des flèches de nos églises indiquera à nos arrière neveux, Île Ciel veillant sur les destinées de notre race, afin qu’elle continue sur cet hémisphère, absorbé dans le matérialisme, la soif de l'or et des jouissances les Gestes de Dieu par les Francs: