‹ En garde! [microform]Chapitre 7 sur 33 · PR TA · texte numérisé non relu

PR TA

À ptet sarah vo 22

wagon de luxe; char-à-diner (dining-car), wagon-restaurant; check, bulletin, jeton de bagages; chéquer, poser les bulletins ; chéqueur, facteur de gare; chambre de toilette (toilet room), cabinets; ©. O. D., payable sur livraison, remise contre remboursement ; connexion, correspondance, raccordement :

connecter, correspondre, raccorder; Cowcatcher, chasse-pierres; crossing, passage à niveau; culvert, ponceau.

Delivery-order, bon de livraison; dipot.

(dapot), gare ou station; derrick, grue, mât de charge; dump, remblai; demurrage, stationnement.

Emergence (emergency), nécessité ; engin (engine), locomotive ; ingénieur, mécanicien ; express, messageries; ship-per des marchandises par express, expédier par grande vitesse.

Freight, marchandise; freight dul, connaissement ; fr ight-car, wagon de marchandises ; par freight, par petite vitesse; freight advice notice, receipt freight bill, bon de livraison.

Fare, prix de la place; half-fare ticket.

billet demi-place; flag, pavillon; flag-station, station-signal.

Grede (grade), pente; signe grèdée, voie inclinée.

Hand-car, wagonnet; homme d sect'on (section-man), garäcdligne.

Jonction, raccordement; faire jonction, raccorder.

Leakage, shortage, creux de route;

loading, arrimage; lost freight or baggage, épaves ;luzury-train, train de luxe et non pas: train de luxure comme on peut le lire parfois dans des annonces mal traduites; le train laisse (leave), part, etc.

Maiïl-car, wagon-poste ; milage (mileage), série, livret, carnet milliaire.

News-ag nt, vendeur ; news-stand, bazar, notice, lettre d’avis.

O. K., correct, exact; opérateur, télégraphiste.

Parcel-office, consigne; passe, (pass), laissez-passer, billet de remise, billet gratuit, permis, carte de circulation, billet d’abonnement, série (10, 100, 1000 billets) ; holder of a pass, permissionnaire ; perdr. ((lose), manquer son tra'n; plateforme (platform), quai de la gare; pullman, wagon de luxe, wagonsalon, wagon-lit, selon le cas; punch, pinces ; ticket-punch, pinæs de conducteur ; punch-er, iparcer, marquer; prepaid, port payé.

Rate, taux; graduated-rate, barême à paler; refreshment-room, buffet, restaurant ; char réfrigérateur (refrigerator), frigorifique; railway, chemin de fer; r'nverser (reverse) la machine, faire machine en arrière; road-master, voyer: round trip tick t, billet circulaire.

Shunt-er. aiguiller; shipp-er, expédier ; siding, voi d’évitement, de garage; satchel, encoche: sleeping-car, wagon-lit; steam-shovel, excavateur; steam-car, char à vapeur; full-steam, à toute vapeur; shop, atelier;

ee

switch, voie d’évitement, de garage; switchman, aiguilleur ; switch-locks, boulons de calige, stop-over, arrêt; seat, banquette; shipping-bill, lettre de voiture, récépissé; sidetrack, garage; ls roues slipp-ent. patinent ; schedule, cahier de charges; station tlerminale, tête de ligne, gare de triage.

Ticket,- billet; ficket-office, guichet ; traverse, dormant ; tariff-rates, barème ; Fe table, horaire, indicateur ; half-fare ticket, billet demi-place ; track, voie ; tar-paulin, bâche ; train pour (train for), de Sherbrooke ; turntable, plaque tournante, fruck, camion, diable; trunk, malle. Ce mot me rappelle le fait dun journal français qui traduisait:

Grand Trunk Railway par “Chemin de fer de la Grande Valise.”

Way-bill, enrégistrement, feuille de route ; weighing machine, bascule.

Yard-siding, voie de triage.

Une gare, c’est l’endroit où les chars sont mis en garage, ou encore, le point de départ et d’arrivée des trains. On dit: la gare Viger, la gare Bonaventure, mais on doit dir: la station St-Hilaire, car les stations sont les points intermédiaires où arrêtent les trains. -

L’anglicisme et le commerce

Je vous ai donné quelques échantillons de la proxe de nos employés de chemin de fer et de nos touristes; passons maintenant

à celle non moins alourdie d’anglicisme de nos hommes d’affaires.

De toutes les classes de la société, celle qui est la plus gangrenée par l’anglicisme, c'est la classe commerciale . Les hommes watfaires sont les plus dangereux anglicisateurs qui existent, car eux, ce n’est pas par oubli, par inconscience, par laisser-aller qu’ils bariolent bizarrement leur consersation journalière de mots anglais, mais par une profonde et indéracinable conviction.

L’anglais, c’est la langue du commerce, bon!

personne ne leur fera sortir ça de la tête!

Ils sont convaincus qu'un marchand qui tiendrait au français dans son commerce, serait immédiatement voué, sa vie durante, à demeurer vendeur de bonbons et de pain d'épice, et que jamais il ne monterait aux sommets où se pavanent les marchands de gros. Par un sot et imprudent snobisme, ils vendent aussi facilement leur langue qu’ils brocantent leur poivre, leur sel, ou une verge d’indienne. Nous ne saurions trop gémir sur nos malheureux compatriotes qui sacrifient aussi brutalement leur langue su l’autel du dieu Dollar.

Entrez dans cette épicerie dont vous avez vu da veille, dans le journal local, la barnumesque annonce. La clientèle est exclusivement française; pas un seul des clients qui ne comprenne le français. Pourquoi donc s'étale au-dessus de la porte, en lettres bizarres, cette étrange enseigne: “J. Grosjean, Grocer” ? Sur les en-têtes de lettres et

SR

de factures, sur le coin des enveloppes, toujours le même nom qui tire l’oeil et fait frémir la chair comme le grincement d’une lime sur une mauwäse scie. Bcoutez-lq vous offrir sa marchandise: “Il a du bon ‘“cannage”’ (conserves) à vous vendre, du lard ‘“eanné”, des beans cannées” (eu conserves), des “{omaloes en can”, du “corned beaf en can” (en boîte) ; puisque toutes ces marchandises sont boît...euses er ont b soin ds cannes, pourquoi ne pas dire aussi: du porc frais en béquilles. Tout cela vous est offert “cheap” (bon marché) pou du “cash” (comptant) et M. le Grossier— pardon, le Grocer — s'engage à vous faire “délivrer” cela à domicile at any time.

Il a aussi du ‘bon catsup, (sauce aux tomates), de la ball-au-nez (Bologna, saucisse de Bologne ou mortadelle) du hkam, (jambon), ete. Achetez, aceiez, bon marché, cheap, ne vous gênez pas. Pas besoin d’autre chose? Here is the bill! (note, mémoire, facture).

Le Parisien qui entendrait un tel langage se demanderait avec raison s’il a affaire à un Patagon ou à un Sioux, et se rappellerait forcément la Tour de Babel ou confusion des langues.

Il ne vous laissera pas partir sans vous inviter à lui “payer” une visite. Si vous ne pouvez pas venir, il pourra “call-er” chez vous.

“Any how”, vous pouvez toujours l’appeler par le “phone”. Son nombre (num-

= pe

ber, numero), lui, c’est “seven-two”. uooa bye! |

Rés'stez à la tentation qui vous torture de répondre: “Go to... avec ton langage de Papou”’! et passez chez son voisin, le marchand de nouveautés.

N’allez pas l’appeler un marchand de nouveautés, celui-là, car il n’y comprendra rien. Voyez son annonce: Marchandises sèches (dry goods), comme si celles de son voisin étaient humides ou mouillées. Que désirezvous? Un su't (complet) ? En voici un fine (superbe)! Le coat ‘(veston) est de première classe (class, qualité). Pour un ten, apportez-le.

Désirez-vous des boots (chaussures) avec des rubbcr-heels? En voici de tellesen cuir patent (verni), toujours claires, pas besoin de les shiner (cirer). Désirez-vous un suit-case (porte-manteau) ou un satchel (une sacoche) ? En voici un beau en alligator.

Pas besoin d’un capot de raccoon (chat sauvage) bon stuff (fourrure) ? C’est une clairance \(vente complète). Profitez-en pour faire de bons bargains (marchés).

Aussi des rugs (paillasson, carpette, couverture de voyage, selon le cas) : des dusters, garde-poussière; des raincoats, des waterproofs (imperméables).

Te voisin, c’est un agent d'immeubles, Il ne connaît pas le mot, maïs il fait parfaitement la chose. Pour ni, c’est un “Real Estate agent”. Vous êtes. pauvre

ss ÉÉ —

comme Job, vous n’avez pas d'argent à “in veslir” (lo invest). Passez tout droit.

“Next door”.

Cest un quincaillier : “hardware”, dira le propriétaire. Si vous désirez un wrench (clef anglaise), des bolts (boulons), des screws (vis), un pen-knife (canif), des Pipes (tuyaux, conduits). Profitez-en.

Madame veut arrêter chez la modiste.

C’est ici. Voyez: Millinery (salon de mo:

des). Arrêtez avec Madame. Elle désire un “merry-widow”. C’est un peu démodé! Comme il y a parfois à la maison gui‘ offensive et défensive, elle sera peutêure .aieux de s’acheter un “dreadnought”!

Quand au volume et au prix, il n’y a presque pas de différence. Encore des mots anglaïs: hat, chapeau ; sash, ceinture ; Stocking, bas; wrapper, peignoir; braid, miret, brandebourg; ace, dentelle: shape, chépe, (shaped), forme formé, ete.

La mode est pourtant parisienne. Voyez les revues de mode anglaise ou américaines: les mots français y foisonnent. La modiste, mais elle serait malade, si, là où les Anglais on adopté le mot français, elle ne leur damait le pion en inventant des mots que les Anglais eux-mêmes n’ont pu trouver.

Voulez-vous d’autres anglicismes des plus carabinés que le commerce est coupable d'avoir inoculés à notre langue ?

Un magasin à “département” pour “ma-

dé hs . DRM LI

ie — E — gasin à ayons”. Département, en français est un terme géographique.

Cette crème “goûte (tastes) bon, pour “y bon goût”. Une personne peut goûter, mais non une chose.

Cela “montre” bien (show well), pour “paraît bien”.

Avez-vous du “change”? Encore un anvlicisme. Il faut dire de la “monnaie”.

“Entrer dans les livres” (enter in the bcoks), pour “inscrire aux livres”.

Pourquoi dites-vous “des argents” (moneys), pour dts sommes quelconques ?

Pour être logique, vous devriez dire: des ors, des nickels, des cuivres, des papiers !

On dit: “faire une demande’ et non “une application”. On fait une application de fer rouge, d’emplâtre, de sangsues, mais non d’emploi.

Dites: la différence, . l’appoint d’une somme; le complément d’un envoi de marchandises et non la balance (balance) d’une somme, d’un envoi. Balance, en français est un instrument à peser.

“Clairer son stock”, pour sc débarrasser de ses marchandises.

“Un stock d’indienne”, “Un assortiment, etc.”

Combien “chargez-vous”’? (to charge), esv affreux. Dites: Quel est le prix, ete.

Un voyageur de commerce a tort de dire qu'il ‘marche dans Îles märchandises eèches” Sa branche de commerce, et non pas “ligne” de commerce, est la rourenté.

ER

N’est-il pas absurde de dire qu’une manufacture, une mine, sont “en opération” (in operation). Si vous voulez être compris d’un Français, dites: “en fonctionnement”.

Un financier n”“‘anticipe” (anticipate) pas de bonnes affaires, mais il les augure, les prévoit.

On ne dit pas qu’un homme est “qualifié” (qualified) pour faire une chose, mais “compétent” à fair: cette chose.

Les expressions: “File”, ‘filer” des lettres doivent être remplacées par: “classeur , classer des lettres”.

Et ceux-i: contract-ur pour: entrepreneur; “prémisses”, (premises), ce qui en français signifie les deux premières proposition d’un syllogisme, pour: maison, dependances; lettre “enregistrée” (registered), pour “recommandée”; prendre un “ordre” (order), pour une commande; “’ord-er”, pour Commander de la marchandise,

Fleur (flour) se confond à tort avec farine,

Vous savez sans doute que des “simples” et des échantillons sont» la même chose Vous seriez “simples” de ne pas le croire.

Des lins traduisent: “House for sale” par “Mason fort sale”, au lieu de “à ven.

dre.” Voyez l’équivoque!

On n’envoie pas des effets “eur approbation” (on approbation), mais “à condition”, “au choix”, “à l'essai”, etc.

On ne “sauve” pas de l’argent (to save).

PS a

mais on épargne, ménage de l'argent, du temps, €

Auditer (audit) des comptes, auditeur, (auditor), c’est de l'anglais tout pur. Il faut dire: Vérifier des comptes, expert comptable.

Acceplance, acceptation (d’une lettre de change) : acknowledgment of reception, récépissé ; assets, actif ; accoun tant, comptable, average, moyenne.

Balance, différence, resle, complément ;— sheet, bilan; bank-:1., cours d’escompie ; baquer (back), appuy-', endosser ; bill, addition, note, compte, facture mémoire ; book-keeping, tenue des livres —by doube entry,—en partie double; bounded goods, marchandises en entrepôt, boomer, pousser, lancer une affaire.

Canceller, contremander, annuler, radier, biffer.

Cash, monnaie, espèces, numéraire, Ar= gent comptant; faire le—,—la caisse; cashbook, livre de caisse; cash-er une traite, un billet, le négocier, en toucher la valeur ; cash balance, encaisse; cash register, enrégistreur mécanique de recettes.

Charbon mou (soft coal), houille grasse; charbon dur (hard coal), anthracite, houille maigre; charger cash (charge cash), faire payer comptant.

Chèquer (check), vérifier un compte; check (chèque) de banque; cash accouné, compte de caisse; charger (charger), mettre sur le compte; extra charge, majoration de

ne

prix; shipping charge, frais de charge ment; C. I. F. (cost, insurance and freight) prix, assurance et fret; pièce contrefaile (counterfeited), pièce fausse; customer, client; crédileur, (creditor), créancier, avoir du crédit, être solvable; custom, douane; connection, ligne, communication (au téléphone) ; cost price, prix de revient; cent, centin (pas français), sou.

Discount, escompte; draft, traite; duty, droits, douane; duty-fr.e franc de droits, délivrer (deliver), livrer, delivered free, livré à domicile; Ziable to duty, soumis à des droits; drawee, le tiré; dépôt (deposit), versement, arrhes; dock and harbour due, droits

de mouillage; detailled statement,. compte

détaillé; day-book, journal, brouillard; dé-

Exchange, le Bourse; être engagé (engaged), retenu.

Failer faire faillite; factrie (factory), manufacture: laine flicée (fleeced) molletonnée.

Installment, versement, acompte; incorcharger, retirer la charge, congédier.

porated company, société anonyme.

Job de marchandises sèches, solde de nouveautés.

Label, étiquette ; lease, baïl ; ledger, grand livre ; lessor, baïlleur; lettre d'introduction, de recommandation.

Moulin de coton (cotton-mill, filature) employant cent mains (hands) ouvriers; marchandise de seconde main (second hand) d’occasion. à

CR

Mat, natte, paillasson; manager, gérant; ménédjer (to manage), gérer, diriger; money-order, mandat d’express ou de poste, selon le cas; mortgage, contrat, hypothèque; propriété mortgagée, hypothéquée.

Opposition, concurrence, rivalité; ordonner, ord-er des marchandises, commander ; un ordre, une commande.

Partir quelqu'un (start), le commanditer, l’appuyer; passer ((pass), signer un billet; des papiers (papers), des “qe paymastèr, payeur; postage affranchi, franc de port; post-carte sr Eee carte postale; pôster (post), déposer une lettre, parts préférentiolles (preferential), privilégiées; lettre privée (private), personnelle ; prepaid, affranchie, price list, prix courant ; prometteur (promittor), souscripteur d'un billet; billet promissoire ag 2 pléonasme; dites tout simplement: billet; purser, comptable.

(quotations), cotes de Ja

Réduction (reduction), rabais; remittance, remise; rencontrer (meet), effectuer un paiement ; refailer, débitant; marchand responsable (responsible), solvable.

Scarf, cravate; settl-er, régler un compte; sell-off cheap, vendre au rabais; shév-er (shave), surfaire le prix, prêter à usure:

shareholäer, actionnaire; le commerce est slack, mort, ‘tranquille ; stock-taking, i inven-

taire; en stock, en magasin; stuff, drap, étoife, matière.

Treder (trade), faire le conimerce ; trust, monopole, industrie monopolisée; trust. e, fidéi-commissaire; trust-er quelqu’un, avoir confiance en lui.

Gross-weight, poids brut.

Les manufacturiers qui dirigent leui commerce sous un nom exclusivement an-

glais, alors que leur clientèle est absolu-

ment esnadienne-française, sont aussi anticanadiens qu’ils soni injustes envers leurs compatriotes. Leurs annonces, catalogues, correspondances devraient au moins être en deux séries: série anglaise et série française. Serait-il raisonnable de faire souffrir toute une clientèle française pour une couple de clients anglais ? |

Ils ont tort d’étiqueter en anglais eeulement le nom des marchandises et leur prix.

Les manufacturiers de toutes sortes d’articles semblent ignorer le français dans le nom qu’ils donnent à ces articles. Pierre Homier dit avec raison qu’il est triste de voir les enfants épeler péniblement des mots anglais sur les meubles, le poêle, les

outils, les parures, le papier à lettre, les

cahiers de classe et jusque sur les biscuits et les bonbons qu’ils vont manger. Ces faits peuvent paraître de peu d'importance, mais leur influence sur une âme d’enfant eat profonde. Ils Vhabituent à considérer

la langue française comme un objet vieilli, démodé, inutile, et l’impression reçue n’est pas lente à porter ses fruits.

A égalité d'avantages financiers, les bons patriotes devraient toujours choisir les marchandiées françaises et faire leurs achats dans les magasins où le français est en honneur.

On dit que les Canadiens-françaié ne sont pas des hommes d’affaires. Pourquoi? C’est la faute des marchands et des manufacturiers tcanadiens-français ; affiches, annoinces, réclames, comptabilité, correspondance, tout est à l’anglaise. Ces gens se font passer pour des fils d’Albion.

Leur talent commercial tourne au profit de la race anglaise. J’ajouterai même qu’il est au détriment de la nôtre; car, en nous en'evant un bien qui nous appartient pour le donmer à ‘une autre race, il nous met dans un faux semblant d’infériorité, d’autant plus trompeur qu’il est plus apparent aux yeux de œux qui ne voient que la surface des choses.

L'angiloisme ot l'annonce

Dans son bizarre volume intitulé “Sourires littéraires”, Léo Claretie consacre un intéressant passage à l’annonce, En France, le calembour est toujours apprécié, même

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dans les circonstances de la vie qui ne l’exigent pas fatalement ct où l’on pourtait facilement se passer de la plaisanterie. Le trafic et le commerce ‘n usent et mêlent l’équivoque aux affiires Ces enseignes amphigouriques suspendues aux mpotences dé fer, rient et grincent par les rues étroites, au-dessus des pasants amusés. Un cabaretier, tenant boutique en face du cimetière du Père-Lachaise, ct assommant ses clients à coup d’abkinthe, a flanqué au-deseus de sa porte cette enseigne lugubrement facétieuse : “Jei, on est mieux qu’en face.”

L’érudit libraire fait peindre une vieille femme qui sie une anse et intitule ce placard: “A la vieille science (scie-anse)

Quand il se promène dans les rues de nos vil'es canadiennes, le. passant amusé trouve e1 matière d'affiches des .clowneries pour le mins aussi cocasses que les annonces françris s et nos marchands nous fournissent c2tte littérature pétrie, de quipropos, non pas par plaisanterie, mais avec un sérieux tout à fait philosophique. Rien d’amusant comme la façon dont ils traduisent sur leurs étiquettes d’annonce la réclame de marchandise de-provenance anglaise.

Regardez dans les vitrines. et voyez les traductions funambulesques qu’ils nous fournissent: “Magic (Corn Salve”, “Onguent Magique pour blé-d’Inde”. Autrefois. on se contentait de cultiver les. “oignons” eur ses extrémité pédestres; voilà maintenant qu'on y récolte le blé-d’Inde. Bientôt je

suppose, œ sera le reboisement des forêts et les lots ouverts à la colonisation!

Voici une autre de ces traductions acrobatiques : “Ladies furs”, “fourrures laides”’, Vraîment, en fait de réclame on pourrait trouver mieux.

Où conduit l’anglomanie !

Et encore celle-ci, à l’entrée d’un parce public: “Trespassing forbidden”. “Il est défendu de trépasser”. Défendu de mourir!

C’est trop fort. Le poète, parlant de l'invincible Camarde, dit que le gardien de la Porte du Louvre, n’en défend pas nos rois, et poici que de brutaux anglomanes veulent interdire la mort à la mortelle humanité !

Cela surpasse les sectaires francissons ot les petits Voltaires affichant à un lieu de

pèlerinage:

De: par le Roi, défense à Dieu De faire miracle en ce lieu.

Je suis sûr qu'avant longtemps, avec l’an-

glomanie qui les caractérise, nos annonceurs

nous serviront des traductions comme cellesci:

Real Estate, “Etat Réel”; . Salted Peanuts, “Peanuts solides”; “Business firm”, “Affaires fermes” : “Side-board”, “Pension à côté”, etc.

D’où vient donc cette manie d’employe,

l'anglais et Panglais sul dans annonce ?

Les Chinois et les. Juifs, en pays étranger,

R'ont pas honte d’étaler leur propre langue

ne

sur la devanture de leurs maisons; pourquoi les Canadiens français auraient-ils honte de la leur dans leur propre pays? Pourquoi, sur la même affiche, cctte étrange accolade de noms français et de titres anglais? L.

Hamel, tinsmith; H. Chagnon, lumber; J.

Rouleau, baker; A. Gosselin, grocr; V.

Landry, tabaconist; F.-X. Fontaine, carpenter?

(Dans un village de campagne, où il n’y a pas un seul anglais. on voit parfois des annonces complètement anglaises. Ces maniaques de l’anglais, puisqu'ils manifestent tant de mépris pour leur langue. mériteraient que la clientèle française s’abstienne de les encsurager. Ils crieraïent bientôt famine et le eri du ventre, sinon le cri du coeur, leur ferait francicer leurs réclames.

Au temps de Noel et du Jour de l’An, il est d’usage chez les marchands de faire de la réclame au moyen de calendriers distri- Luis aux clients. Outre le titre et la qualité du vendeur. vous y voyez toujours, c’est fmmanquable, cette bourde monumentale.

“Compliments de la saison”. Une saïson ne peut offrir de compliments, puisque c’cst un être abstrait. Le Bonhomme Hive nous offrir des compliments ! C’est de l'ironie de sa part, lui qui nous fouatt toute la saison de sa bise glaciale.

Ontre qu’ils sont antipatriotiques et ron sencés, ces calendriers sont souvent anti:

chrétiens. Quel décolletage sur ces papiers bariolés! Quel dévergondage d’allures dans

les scènes qui y sont représentées! Le malheur, c’est que dans nos bonnes familles chrétiennes, le calendrier de mauvais got” a détrôné le Crucifix et l’image sainte qui faisaient l’ornement des murs de l’humble demcure de nos pères.

Qn rencontre encore sur les annonces de journaux et les affiches, des expression:

qui ne sont ni plus ni moins que de l'anglais fardé de français. Une Anglaise aura beau s’habiller à la parisienne, se coiffer, se poudrer, se farder, se vêtir à la dernière mode de Paris, ce sera toujours une Anglaise. Il en est de même d’un mot anglais ou américain habillé à la française.

Affiches francisées

Auctioneer, commissaire-priseur, encanteur; pas d'admission (no admission) entrée interdite; auto-driver, chauffeur; attorney, avoué; appartement (appartment), logement à louer.

Bar-room,. buvette, débit; bar-keeper, buvetier, cabaretier; bargain-day, vente d'occasion; bar l-maker, tonnelier ‘boarding house, pension; boarding-stable, écurie de peusion; boiler-maker, chaudronnier; bookmaker, libraire, bouquiniste; book-binder, relieur ; ‘boss, gérant, conducteur, directeur des travaux; brewer, brasseur ; driqueleur, (bric-layer), briquetier; briquade, bri rie; brush-mak:r, brossier ; butcher, boucher, charcutier ; bureau-chef (chief office), siège principal, bureau central.

Cab, fiacre, voiture de place; cabinetmaker, ébéniste; carriage-maker, charron; carter, charretier ; chemist, pharmacien; votre choix (your choice), à choisir; coachmaker, carrossier ;coffee-house keeper, cafetier ; collecteur (collector), percepteur, agent de recouvrements, garçon de recettes: compagnie Ltée (Ltd Co.), société anonyme,

Debentures, obligations: dealer in books, bonquiniste; dress-maker, couturière.

Dogs not. allowed, Chiens exclus.

Express, camion; . jobbing-express, voiture de factage.

Fournitures (furniture) meubles ; Chambre fournie, meublée; fruiterer, fruitier ; fish-monyer, poissonnier ; free-library, bibliothèque publique. : -

Gas-fitier, gazier; glazier, vitrier; gold-

smith, orfèvre; grocer, épicier; gun-maker, armurier, . Haïr-dressing parlor, salon de coiffure :

hardware-dealer, quincailler; hat manufacturer, chapelier; hosier, bonnetier ; hosiery, bonneterie.

Jeweller, bijoutier. :

Keep off the grass! Ne foulez pas le gazON.

Land surveyor, arpenteur; lawyer, avocat ; landry, buanderie.

Lumber-yard, chantier de bois de constructfon; rough-lumber, bois brut ou en grume; dressed lumber, bois préparé.

Licencié (licenced), autorisé.

ee —

Magasin général (general store) est un pléonasme ; “magasin” est suffisant.

Mail-man, facteur; milk-man, laitier; milliner, modiste; musical-instrument dealer, luthier.

‘Office equipment, accessoires de bureau.

Parcel delivery, livraison de colis; pastrycook, pâtissier; pawn-shop, magasin d’occasion; pawn-broker, prêteur sur gages; peddler, colporteur; plombeur plumber), plombier; provision-dealer, marchand en comestibles.

Saloon, buvette, débit; slot-machine, gobe-sous, distributeur automatique, bascule automatique (si c’est un instrument à peser); No smoking allowed, ne fumez pas; soupeur (super), surintendant; stationer, papetier ; séationery, papeterie; steam-fitter, plombier : stock-broker, agent de change; station de feu (fire station), poste des pompiers.

Tobacco-shop, débit de tabac; tobacconist, débitant de —; no thoroughfare, Tue barrée ; compagnie de transfert, (transfer), — de transport; —de transportation (transportation), — de transport; trimmer, décora-

+ teur.

Upholsterer, tapissier.

Valve-maïer, robinetier.

Wig-maker, perruquier, coiffeur; woodenware, tabletterie.

Lu dernièrement, à la porte d’une im-

primerie: On demande des bunch-euses (emballeuses) !

L'angiticisme et les nems de famile

Les enseignes ainsi conçues: Fontaine, shoe-maker; Véronneau, plumber; Dupré, carpenter, ont l’air baroque: elles tirent l’oeil. Après avoir mis en anglais le nom de leur métier, nos bons anglomanes ont fin, par angliciser leurs noms de famille. C’est ainsi que l’on en est venu à faire les tours de force suivants: Labonté est devenu Goodness; Landry, Laundry; Legris, Grey: V’Enfer, Hell; Trudeau, Waterhole; L’Ecuyer, (La cuiller), Spoon;: Bourdon, Buzz; Pavillon, Flag; Gratton, Scratch ; Dubuc, Buck ; Boucher, Butcher; Brunelle, Browney; Villeneuve, Newtown; Rouleau, Roll: Décarie, Carey; Lebrun, Brown; Bleau, Blow; Dubois, Wood; Legault, Galt: Laroc.

que, Rock: Desjardins, Garden; Dussault, Salt: Coderre, Kiddear: Ponton, Bridge; Bernard, Barnard: Iebeau, Lebow; Teblanc, White; Boileau, Drintkwater; Boivin, Drinkwine; Bélanger, Baker ; Latraverse, Crossing; Dumoulin, Mill: Petit, Small; Picard, Pea-body; Tamontagne, Hill; Lecours. Short; Bienvenu, Welcome :

Mondor, Goldenhill; Vadehoncoeur. Goodheart ; Boisv'rt, Greenwood ; Vachon, C'owan ; Santerre, Noland: Chênevert Greenoat :

Chèvrefils, Goafson; Ganthier, Gokey; Pelletier, Pelkey.

On en viendra bientôt à fair: de: Phaneuf (fait neuf), Makenine: de Pierre

Noël, Stone-Christmas; de Ouimet, Yesput ; de Rioux, Laughwhere! N'’a-t-on pas d jà:

Flazback, (Daudelin) ?

Allez faire une promenade dans un cimetière des Etats-Unis. Sur les pierres tombales vous trouvrez la plupart des ces noms.

“Grattez un Russe et vous trouverez un Cosaque”, dit le proverbe. Grattez ces noms e: vous découvrirez que ceux qui les portaient étaient des Canadiens francais qui ne méritaient pas de le demeurer.

N'est-ce pas une gaucherie aussi absurde que méprisable, que d'abandonner un nom de famille que plusieurs générations ont été fères d° porter, pour en accepter un nouveau sans histoire, sans poésie et sans gloire? Traduit dans une autre langue, il a tout perdu son charme.

Ce qui est pis encore, c’est que ces transfuges à une autre race s’exposent à faire annuler des héritages et à causer de grands désagréments, peut-être même des pertes matérielles considérables à leur postérité.

uer son nom pour un nom de langue étrangè-e semble être une manie propre aux Canadieus français. Il n’est pas de Russe ou d’Allemand, quelque cacophonique, guttural ou bizarrement épelé que soit son nom.

qui se rende coupable de cette bévue. Les Chinoïs affichent leur nom tel qu’il est, eppartiendraient-ils à la famille des “Lee — ung — Cheny”! Ies Juifs mêmes gardent leurs noms. C’est ainsi qu’on voit sur leurs affiches, dans nos villes canadiennes, des

noms Comme ceux-ci: Jacobberg, Roboaniberg, Mosesherg, et... Iceberg.

Cette suffixe en “berz” éveille dans mon

souven'r la (rôlatique conversation suivante

entendue dar:ièrement,

Cest durant la campagne politique pré- Paraioire aux élections provincial + qu'est arrivé le moorable naufrage dr ‘Litenic” allant s'éventrer contre un iccherg. Le lendemain des élections, un qu'idam, ayant confusément dans l'esprit des bribes de lecture de journaux parcourus durant la période de temps où ces deux grands événements sont arrivés, disait à son ami:

—Sais-tu qu’un Juif vient d’être élu d puté au Parlement de Québec

—Tu me dis pas ça! Comiment s’appellet-il ?

—M. Iceberg.

—Contre qui s’est-il présenté ?

. —Contre un Anglais, M. Titanic, et PAnglais a été battu à plate couture, à tel po qu’il a perdu son dépôt ! !

Un nommé “Poulin”, des Etats-Ui avait changé son nom en “Colt”. Comm:

avait les oreilles un peu longues, des malins l’appelaient : “Jackass”! (âne).

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L'anglicisms st les Métiers

= IKR-BOUCHER

FE ain, näge -e cochon; black-: ‘dding, bouc :n.

Chop et hic! a, poulet; cuffs de boucher ; mages, conserves ; une ‘nr de “…s, une oîte de fèves au lard.

Hum, jambon.

uckle, jarret de veau.

eg of mutton, gigot de mouton !1» of

muiion, Carré de mouton; Zardes l, fri- Ca eau. :

at, viande; minced-pie, pâté cé ;

ced- ‘al, hachis de veau.

‘bs, -ntre-côtes : roast-beef, rosbif : und

beef, culotte de boeuf; run, ronde, tourrée du boucher.

Surloin, surlonge, aloyau ; sweelbread, ris d' veau; shop, étal (d’un boucher), épicerie ; sa’isage-filler, seringi> à saucisse.

Trotters, pieds de mouton.

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