‹ En GéorgieChapitre 35 sur 43 · ÉGLISE · texte numérisé non relu

ÉGLISE

RUINES DE L'ANCIENNIE

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GEORGIE La série des toasts commence de bonne heure. Le touloumbach lève d’abord son verre. plus as que celui des autres, en l’honneur du maître de la maison en f. js précéder ses noms, titres et qualités de cette exclamation consacrée : Allaverdi ! celui auquel elle s'adresse de répondre : Akchiol !

Chaque toast fut suivi d’un chœur chanté par les assistants pour souhaiter longue vie et mille choses heureuses. Cette coutume de chanter à table est purement iméréthienne, elle n’existe pas dans les autres parties de la Géorgie

Lorsque les santés de toutes les personnes présentes eurent été successivement po tées, le touloumbach prit l’hazarpèche en argent pleine de vin, et la vida d’un trait à la santé du prince Tzérételli ; celui-ci fit de même pour m’honorer et l’hazarpèche passa de main en main, toutes les lèvres y puisérent, les Allaverdi se succédérent et tous burent fraternellement dans ce récipient en argent richement ciselé ressemblant à une cuillère à soupe à fond plat. Lorsque l'hazarpèche, après avoir circulé, revint au touloumbach, il présenta une corne que chacun à tour de rôle remplit et vida en l'honneur d’un convive. Après celte cérémonie le repas était terminé et, pour le faire savoir, la maîtresse de la maison boit à la santé du touloumbach, c’est la manière de remercier et de clore la série des toasts.

À la suite du repas sont arrivés des musiciens persans, derniers restes de cette influence de l'Iran. Leur oroupe forme un orche 'stre nomme sazandari. [Il se compose d’un chanteur quise cache le visage derrière sa daëra ou tambour de basque, d’un joueur de tchianourri, sorte de violon, d’un joueur de thare, sorte de mandoline, d’un Joueur de doudouk, rappelant un peu le hautbois, et enfin d’un Joueur de dimplipito, double tambour très petit fait de deux vases en terre cuite recouverts de peau.

Les assistants se mirent aussitôt à battre des mains en m: arquant la mesure et en: répétant : «Tachi » pour inviter àla danse. Un princ et une princ esse nous firent ap pré Cie r combier n est orac 1e use la les-

œhinka inte [pre ‘tée avec cette souplesse, ces poses, ces gestes, cel ont cette maëstria dont les Gé org riens ont le privilège ( ft le secret ; en effet nous en fûmes enthousiasmés. E ntre chaque danse les sazandari exécutaient des airs persans tres goütés en Transcaucasie. Gette musique, bien spéciale, diffère de celle que nos oreilles occidentales sont accoutumées à entendre. Je dois avouer qu'elle

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Y L + é ? { 3 ; ie à 1- + CA np - EX: va La EN GÉORGIE 55 rend d’une façon tout à faitorientale mais très saisissante, très émouvante, les élans de l’âme, lessoupirs de l'amour, les cris dé de tresse, es = #- È à le ssensations religieuses, les tableaux contempiauls, toujours quél- 1 que chose de l'infini, de l’au-delà, de poignant parfois. Le tout

s'émanant.en phrases langoureuses, en accents mourants, en transports mystiques, en épopées mélancoliques ourayonnantesd’espoir. Entre chaque danse, entre chaque audition musicale, les princes, des cornes pleines de vin à la main, échangeaient des toasts et s’adressaient surtout aux hôtes étrangers. La soirée terminée, ceux-ci furent reconduits à leurs équipages au son de l’orchestre accompagné par des hurras. Ils emportèrent le meilleur souvenir de cette réception.

Aux environs de Koutaïs se trouve le monastère de Ghélath, un des plus beaux et des plus célèbres parmi les monuments historiques de la Géorgie. Ce monastère est consacré à la nativité comme l’indique son nom qui est une forme altérée du mot grec yeveDlte.

Nous nous y sommes rendus en équipage par une route merveilleusement belle. Les montagnes étaient parées d’une seconde floraison d’azalées jaunes, de rhododendrons violets et d’aubépines dont les fleurs neigeuses se mariaient à leurs fruits corallins : les thyms blanchissaient les rochers roses, répandant une odeur enivrante. Pour animer ce paysage, on voit parfois une paysanne géorgienne descendant la montagne que nous gravissions, pour remplir sa cruche au torrent à la Krasnaïa ritchka, c’est-à-dire à la rivière rouge. Comme je vous l'ai déjà dit, la grâce est innce chez les Géorgiens, aussi bien chez les femmes que chez les hommes.

Je résiste à mon désir de vous arrêter en chemin. Montons et arrivons vite au but de notre excursion.

Comment en quelques instants vous donnerai-je une idée des monuments de ce monastère formant un groupe imposant et des merveilles d'art qu’ils renferment! Au milieu de ces vieux murs qui ont tant vu d'épisodes de l’histoire géorgienne, tant de pompes et d'animation, règnent le silence, le calme, l'abandon de la vie. I n'y a plus que sept moines au couvent. L'endroit, le milieu est si riant, Si Joli par sa situation exceptionnelle que l’on est plus recueilli qu’attristé par cette solitude un peu sévère.

Nous admirons l’église Saint-Georges, construite par le roi Bagrat mort en 1014, ensuite le clocher isolé surmontant un puits et datant du xi1° siècle, puis la grande église, véritable cathédrale élevée par le roi David le Réparateur à la fin du x1° ou au commencement du xr° siècle, Enfin nous pénétrons dans la chapelle qui contient le tombeau de ce monarque qui fut une des gloires de la Géorgie. On y lit cette inscription :

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