‹ En guérit-on?Chapitre 2 sur 21 · CONDITIONS DE GUÉRISON, — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

CONDITIONS DE GUÉRISON, — TRAITEMENT

Je n'insiste pas davantage. J'aurai d'ailleurs à revenir sur ce point dans un instant.

II. — Conditions d'hygiène. — Pas plus qu'ailleurs, Vhygiène ne perd ici ses droits. L'expérience a des millions de fois démontré que toutes les conditions défectueuses d'hygiène (misère, alimentation insuffisante, fatigues, excès, surmenages de tout genre et aussi bien surmenage de plaisir que surmenage de travail, alcoolisme, tabagisme, causes morales débilitantes, etc.), constituent pour la syphilis autant de causes nocives, exacerbantes, qu'on ajustement qualifiées du nom de facteurs de gravité, voire de malignité. Au hasard, et comme exemples, j'en citerai trois :

1° Le tabagisme, qui appelle la syphilis sur la bouche. Il y excite des pullulations et des repuUulations multiples d'accidents. Il y constitue des glossites graves, des scléroses linguales vouées à l'incurabilité. Il y implante la leucoplasie, graine de cancer, et c'est tout dire,

2® Désastreuse également est l'influence

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de V alcoolisme. De Taveu unanime, Talcool fait le plus grand mal à la syphilis. Ainsi : 1** il exagère, il intensifie les manifestations cutanées de la maladie; — 2° il dirige, il aiguille Faction de la syphilis sur les centres nerveux, au point de figurer souvent dans Tétiologie des encéphalopathies spécifiques et de la paralysie générale; — S** il réalise très communément les mauvaises formes de syphilis, les syphilis à tertiarisme précoce, les syphilis à poussées multiples et incessamment récidivantes, les syphilis qui s'en prennent à la santé générale et qu'on a qualifiées pour cela du nom de syphilis asthéniques, dépressives, dénutritives, consomptives, etc., toutes formes essentiellement rebelles et dangereuses.

3** Non moins nocive encore est Finfluence du surmenage ou, disons mieux, des divers ordres de surmenage qui, sous des formes diverses et parfois même opposées, aboutissent à un résultat identique, consistant en la diminution des forces et Tamoindrissement de résistance de l'organisme; à savoir : surmenage physique (excès de travail, fatigues); — surmenage intellectuel o\x cérébral y

CONDITIONS DK GLÉRISON. — HYGIÈNE H

non moins susceptible d'épuiser l'économie; — surmenage vénérien, qui a sa réputation faite; — surmenage de plaisirs; — plus spécialement encore et pour certains milieux, surmenage mondaiii, consistant en irrégularités chroniques d'habitudes, agitation constante, turbulence continue de la vie, fêtes, repas fastueux, soupers, abus de Champagne, veilles, théâtres, bals, nuits passées au cercle dans une atmosphère de tabac, dissipations et excès de tout genre, émotions de jeu, etc., etc. Tout cela se paye. A preuve, le piteux aspect du viveur an grand monde, pâle, terreux, grisonnant dès la trentaine, fourbu, vanné, vidé, décrépit avant Tâge.

Combien ai-je vu, sur de tels surmenés du high life parisien, de mauvaises syphilis de tout ordre, et tout spécialement de mauvaises syphilis du système nerveux! Car leur lot usuel, à ces éreintés du grand monde, c'est le tertiarisme nerveux, au point qu'on peut poser ceci en axiome :

Le surmené de la vie mondaine, le viveur, le noceur, le fêtard (suivant le mot à la mode), est un prédestiné par excellence au tertiarisme 7ierveux, De par la syphilis et de

par son genre dé vie, c'est un candidat à trois catastrophes nerveuses qui s'appellent la syphilis cérébrale, la paralysie générale et le tabès.

Et ainsi de suite pour tant et tant d'autres exemples qui déposeraient dans le même sens, relativement à Tinfluence aggravante,. voire parfois pernicieuse, exercée sur la syphilis par toutes les conditions défectueuses d'hygiène. — Rien de tout cela, d'ailleurs, n'est ni contestable ni contesté. Passons donc sur ce point, et entrons dans l'analyse intime de notre sujet.

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