‹ En guérit-on?Chapitre 7 sur 21 · MAUVAISES SYPHILIS · texte numérisé non relu

MAUVAISES SYPHILIS

mauvaises syphilis, les syphilis malignes, et de cet état ultime d'étisie, de consomption infectieuse connue sous le nom de cachexie syphilitique. — Deux mots à leur sujet.

Bien positivement, il est certaines syphilis qui d'emblée, ab ovo, offrent un degré tel de gravité, voire de malignité morbide, qu'elles s'élèvent au-dessus des ressourcés de l'art ; cela à la façon des varioles malignes, ,des scarlatines malignes, des grandes infections « pernicieuses » qui aboutissent quasi fatalement aux pires catastrophes. Comme exemple, je citerai le cas d'une belle jeune fille de dix-neuf ans qui, séduite et infectée par un misérable, n'osa pas avouer son double malheur à sa famille, ne se traita pas, et, quatre mois plus tard, nous fut amenée à l'hôpital Saint -Louis dans le plus effroyable éiaX qui se puisse imaginer, à savoir : d'une part, prostration physique et morale, véritable adynamie, pâleur toxique, inappétence absolue, état fébrile, vomituritions ; et, d'autre part, syphilide tertiaire extraordinairement confluente , composée d'ulcérations d'aspect hideux, creuses, profondes, déchiquetées, rapidement extensi ves,

suppurant surabondamment, à fond pultacé, putrilagineux ou gangreneux, etc. En dépit de tous les soins qui lui furent prodigués, en dépit de l'admirable dévouement d'une religieuse Augustine qui se consacra à panser ces plaies qu'on eût dénombrées par centaines, cette malheureuse s'éteignit en quelques semaines dans le dernier degré du marasme.

Autre exemple :

Un jeune explorateur contracte en Afrique des fièvres intermittentes d'abord, puis la syphilis. Cette syphilis devient immédiatement très grave, si bien qu'après divers essais infructueux de traitement ou prescrit, comme ressource indispensable, le rapatriement. Le malade nous arrive dans un état presque désespéré : d'une part, comme chez la malade précédente, affaiblissement considérable, pâleur, émaciation, accès fébriles, extinction complète de l'appétit; et, d'autre part, syphilides ulcéreuses profuses, quelques-unes presque phagédéniques ; gommes multiples, et gommes vraiment extraordinaires d'évolution, se produisant, pour ainsi dire, d'un jour à l'autre et se ramollissant presque aussitôt; douleurs osseuses et articulaires; bientôt, enfin, consomption, étisie et mort. Inutile de dire que tout a été fait pour sauver ce jeune homme, tout, à part toutefois la transfusion du sang que j'avais proposée, mais qui ne fut pas acceptée. Nul remède n'a jamais produit le moindre effet sur l'évolution morbide.

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