‹ En guettant les oursChapitre 4 sur 35 · DARWIN CHEZ LES COLONS · texte numérisé non relu

DARWIN CHEZ LES COLONS

A m-es amis les docteurs Eugène Grenier et Eugène Dufresne.

Quand je vis pour la première fois le vieux Raphaël (pas le grand peintre italien, mais le colon du Nord) assis dans mort bureau, les cheveux longs, emmêlés, la figure couverte de poils courts et drus, avec deux petits yeux rouges et clignotants, je sursautai: “Qu’est-ce que c’est que ça? me demandai-je. Serait-ce un singe, un babouin?”

Je m’approchai à pas lents, et le saluai:

— Bonjour, mon ami.

—Eh? fit-il, en penchant son oreille de mon côté.

— Bonjour! bonjour! me repris-je.

i — Pétez ?...

Décidément, pensai-je, j’ai affaire à un sourd. Et emmagasinant dans mes poumons tout l’air qu’ils pouvaient contenir, je lançai un si formidable “bonjour” que toutes les vitres de la maison tremblèrent et que ma femme accourut, très alarmée.

—Ah ! dit le vieux, j’créyais que vous me parlais, les babines à vous allaient.

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