‹ En guettant les oursChapitre 8 sur 35 · LE PÈRE LA VICTOIRE · texte numérisé non relu

LE PÈRE LA VICTOIRE

(Ne pas confondre avec Georges Clemenceau)

La prière en famille

A mon curé, le révérend J. B. Bazinet.

Pan! Pan! Pan! Une main dure frappe à ma porte. Je m’empresse d’ouvrir.

Une grosse tête ébouriffée, agrémentée d’une figure urf peu niaise, avec un nez écrasé et des lèvres charnues, plantée sur une charpente solide et trapue, me crie d’une voix de taureau mugissant:

— C’est-y vous qui êtes le nouveau docteur?

— Oui, mon ami.

— Bon ! J’viens vous qu’ri pour Saül, le garçon de mon bourgeois, le père Baptiste Lavictoire; y est ben malade depuis huit jours, on cré quasiment qu’y va mourir. Y se lamente à tous les saints, y tousse, y râle, y étouffe, y crache le sang à pleine gueule, y dit qu’y a chaud et pis qu’y a fret. Le père Lavictoire m’a dit : “Attelle la grise, et va qu’ri le nouveau docteur qui vient d’arriver au village. J’ie con-

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